09-06-2021 18:45 - De quelle unité nationale parle l'oligarchie politique et administrative dans le cercle des pouvoirs ?

De quelle unité nationale parle l'oligarchie politique et administrative dans le cercle des pouvoirs ?

Abdoulaye Diaw - L'upr, parti état, tient , les 12 et 13 juin 2021, des journées de réflexion, sur des thèmes importants et ce à travers tout le pays.

Le thème de l'unité nationale figure en bonne place, ce qui indique l'importance de cette question au sein de la hiérarchie du parti.

Les cadres politiques, membres de ce parti, notamment des hautes instances, doivent saisir cette opportunité pour s'exprimer, éclairer les approches et les points de vue, poser les vraies questions et proposer des perspectives et des solutions, à travers les thèmes soumis à discussion.

Ceci correspond d'abord à la mission d'un parti qui est d'accompagner le gouvernement qu'il soutient et d'animer la vie politique du pays. Ceci correspond ensuite à leurs rôles de cadres politiques et à leurs missions d'avant-garde capable d'accompagner le Président Ghazouani dans sa volonté de promouvoir le vivre ensemble mauritanien.

Le débat sur l'Unite nationale en question ne peut pas éluder la discrimination raciale en cours dans les pratiques politiques et administratives du pays et ce dans tous les sections d'activités.

Si ce débat n'aborde pas les situations nées des évènements de 1989 a 1990, ce qui s'appelle communément le passif humanitaire, les difficultés d'enrôlement pour les noirs de Mauritanie, la question du foncier, notamment à l'égard des périmètres du sud, la perspective de renforcement de cette unité nationale en sera reléguée au rang de palabre de "jakka".

Il est de notoriété publique que des citoyens mauritaniens, militaires de surcroît, ont été assassinés, traités de manière inhumaine et écartés des rangs de l'armée, sur le fondement du seul fait qu'ils sont noirs.

Les populations de villages entiers dans le sud du pays ont été déportés. Ces faits sont indéniables.

L'Etat doit procéder aux vérifications requises pour se convaincre et convaincre tous ceux, même dans les hautes sphères du parti et de l'administration de l'État, qui doutent encore de l'effectivité et de la véracité de ces drames.

Des massacres d'une telle ampleur, d'une telle horreur semblent être hors de la capacité humaine et donc il est difficile d'y croire. Mais puisque de tels faits sont allégués, il devient obligatoire pour l'État de procéder à toutes les vérifications requises pour rétablir éventuellement la Vérité. Si ces allégations ne relèvent que de l'imagination d'esprits maléfiques dans le but de semer la discorde, alors force restera à la loi et à la justice. Si après vérification, ces allégations se révèlent fondées, alors force restera à la loi, à la justice et aux droits.

En parallèle en définitive, on peut explorer des voies d'apaisement en accord avec les victimes et leurs ayants droits.

Ces vérifications et ses voies d'apaisement sont de la seule compétence de l'Etat qui doit en prendre l'initiative et s'en donner les moyens. Les organisations de la société civile ont à y prendre leur part.

Ce n'est qu'à l'issue de ce processus que la Nation retrouvera son unité, l'Etat, sa crédible et le citoyen sa confiance en l'Etat.

Hors de ce procédé, il n'y a point de solution définitive et l'histoire nous rattrapera, peut-être dans les circonstances plus douloureuses.

La politique du foncier doit être recentrée sur une approche qui prend mieux en compte les droits et les intérêts des populations autochtones. Il est de l'intérêt général d'inscrire le développement et la modernisation de notre agriculture dans l'agenda des années à venir, si ce n'est déjà une urgence du moment. Un dialogue constructif entre l'État et les propriétaires fonciers doit permettre d'impliquer toutes les parties. Cela ne pourra se faire que dans un esprit de consensus, dans les respect des droits des populations du sud, droits conjugués avec les exigences de développement d'une agriculture moderne, où tout le monde en sortirait gagnant.

C'est aussi une des conditions de renforcement de notre unité nationale.

Le choix de ce thème marque la volonté du parti UPR d'inscrire le débat politique dans une dynamique évolutive, après avoir analysé toute la question dans ses différents aspects, sous ses différentesfacettes. Ce travail de discussion claire et sincère est celui des cadres animateurs des ateliers.

Dans un esprit d'éclaircissements objectifs en vue de trouver des solutions idoines, sans invectives ni stigmatisation, nous devrions sortir de ses rencontres avec une réelle volonté politique d'inscrire le pays dans le développement, la paix et la Concorde nationale.

L'instauration d'un dialogue politique faciliterait la compréhension du contexte et la confrontation de différentes approches nous orienteraient vers des solutions plus efficaces, en tous plus consensuelles.

Notre unité nationale est, aujourd'hui en lambeaux du fait des discriminations dont sont victimes les noirs de Mauritanie et ce dans tous les domaines. C'est en considération de cet état de fait que le choix de ce thème dans les différents ateliers révèle toute son importance. Sans cette Unité nationale effective, la Mauritanie ne sera pas ce qu'elle doit être.

Les problèmes de notre pays sont moins ceux de développement économique que ceux d'une perspective unitaire dans un avenir commun, débarrassé de toutes formes de discriminations. La Mauritanie ne peut réussir que dans l'équilibre de toutes ses composantes.

Il revient aux responsables politiques dans les cercles du pouvoirs d'oser aborder les sujets de contradictions ou de frictions au sein de nos communautés dès lors que le Président de la république s'y est engagé lui-même.

Il y a lieu de nuancer ici les contradictions et frictions au sein de nos communautés, car ses dernières ont toujours vécu en symbiose. Il est plus juste de parler de politiques étatiques, animées par les idéologies sectaires, qui créent et entretiennent des situations de discrimination raciale au sein de ces communautés. L'Etat est le seul responsable des situations et des conditions de fragilisation de notre unité nationale. Naturellement, des mouvements politiques sectaires s'engouffrent dans des brèches ouvertes par des gouvernements pour mettre en œuvre leurs politiques de discrimination raciale.

Il faut oser dénoncer, avec discernement et responsabilité cet état de fait sans tomber dans l'amalgame et la surenchère. C'est l'esprit de responsabilité qui commande de la pondération.

Les responsables du parti doivent sortir de cet esprit partisan qui confine au négationnisme systématique ou à cette vilaine propension à toujours plaire en vue de récolter des prébendes. La sauvegarde de l'unité nationale est au-dessus de ces attitudes et des ambitions personnelles.

L'observation d'attitudes responsables et conséquentes est d'autant plus aisée que la volonté du Président de la république va dans le sens de lever les tabous, de relèver les défis et de résoudre les problèmes les plus épineux qui affectent les conditions de réalisation de notre Unite nationale et donc de notre développement.

L'unité nationale que nous voulons, c'est celle au-dessus de la violation des droits. C'est celle qui met les citoyens au même pied d'égalité dans leurs différences de conditions d'existence.

L'unité nationale que nous voulons, c'est celle qui met les droits et les libertés au coeur de l'action publique.

L'unité nationale que nous voulons, c'est celle qui rétablit l'égalité et la justice au sein de nos communautés nationales.

L'unité nationale que nous voulons, c'est celle qui assure la Concorde nationale, le développement économique et l'intégration sociale de tous les membres de toutes nos communautés.

L'unité nationale que nous voulons, c'est celle qui fait que les conditions de chacun sont celles de tous et que les conditions de tous sont celles de chacun.

L'unité nationale que nous voulons, c'est celle où les mauritaniens sont perçus et considérés comme tels sans référence à la couleur, à leur rang social, à leur origine, mais en considération des valeur et des spécificités de chacun, spécificités liées à la langue, à la culture et même à la civilisation.

L'unité nationale que nous voulons, c'est celle qui unit tous les mauritaniens dans le respect de nos diversités.

L'unité nationale que nous voulons, c'est celle qui fait que nous sommes tous pleinement mauritaniens dans notre citoyenneté pleine et entière.

L'unité nationale que nous voulons, c'est celle qui nous assure la paix sociale d'aujourd'hui , la sécurité et la confiance en l'avenir.

Cette unité nationale doit être comprise et intégrée par la haute administration publique, les cadres politiques des différents partis, les leaders d'opinion et l'ensemble des forces vives de la Nation qui doivent en être la cheville ouvrière.

Nos problèmes sont multiples dans les domaines de l'éducation, de la santé, de l'enseignement pour ne cite que ces secteurs. Le pays regorge de talents mais aussi de moyens matériels et financiers pouvoir surmonter toutes nos difficultés. Mais pour cela, nous devons nous retrouver dans l'Unité et la Concorde nationale.

Le peuple mauritanien est certes demandeur de démocratie, d'élections libres et transparentes, de développement économique. Mais, il a surtout et avant tout besoin d'unité ,de la Concorde et de cohésion sociale dans la paix.

Abdoulaye Diaw





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Source : Abdoulaye Diaw
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Commentaires (1)

  • El Houssein (H) 10/06/2021 06:24 X

    Il y’a beaucoup de vérités dans ce commentaire. Dès qu’un vrai état (nation, République) soit réellement mis en place toutes ces disparités vont s’effacer d’elles mêmes sans recours à de nouveaux textes. Ces la misère et la pauvreté qui créent les différences. Les citoyens cohabitent bien mais il faut que l’état prenne ses responsabilités et renforce la justice pour chacun ait son droit et pusse faire son devoir.