20-08-2022 10:16 - Polyandrie et polyphonie / Par Tijane Bal

Polyandrie et polyphonie / Par Tijane Bal

Kassataya - Polyandrie, « fait pour une femme, d’avoir plusieurs maris ». Le Larousse dixit et, en rab, « caractère d’une plante polyandre. Qui a plusieurs étamines ».

Notre ami ivoirien n’ayant quand même pas traité nos compatriotes de « belles plantes », ce dernier sens est peut-être superflu. On notera d’ailleurs que le Larousse s’en tient au minimum syndical.

Heureusement que le Dictionnaire de sociologie en dit un peu plus tout en nous ramenant (nous mâles surtout) de nos évidences. Il fait de la polyandrie une simple variante de la polygamie. Laquelle est en effet définie comme une « forme d’union matrimoniale de plus de deux personnes comprenant la polyandrie (une femme est l’épouse de plusieurs hommes) et la polygynie (cas inverse…) ».

Retour aux faits à présent. Et d’abord cette question : pourquoi un tel raffut? Après tout, il n’y a pas mort d’homme comme dirait un célèbre (ancien) ministre après l’affaire Nafissatou Diallo-DSK. On conviendra tous que l’homme s’est fourvoyé.

D’où lui est venue cette histoire? Aurait-il extrapolé cette image, diffusée sur des réseaux sociaux bien mauritaniens, eux, d’une femme embarquée par la police pour, semble-t-il, soupçons de polyandrie? Les faits étaient-ils avérés ou s’agissait-il plus prosaïquement d’autre chose? Quoiqu’il en soit, l’ampleur des réactions aux déclarations venues de Côte d’Ivoire ne laisse pas d’étonner.

Il est dommage que les voix féministes du pays aient perdu là (ça viendra peut-être) l’occasion de titiller l’orgueil patriarcal et machiste de certains.

En lieu et place, on a plus entendu jusqu’ici des demandes comminatoires d’excuses publiques pour réparer l’affront. Demandes que l’on peut certes juger légitimes mais qui n’en sont pas moins énigmatiques et intrigantes à certains égards. Intrigantes parce qu’à géométrie très variable.

À présent, c’est fait. L’auteur des propos litigieux a, avec beaucoup d’humilité, présenté ses excuses et reconnu son erreur. Son geste de contrition reste encore insuffisant aux yeux de certains qui exigent que les excuses empruntent le même canal que l’affirmation erronée.

Intransigeance surprenante. Peut-être pas tant que ça d’ailleurs. Si on me permet la formulation, je nous ai connus bien moins exigeants. Et, de surcroît, sur des sujets autrement plus tragiques.

Tijane Bal

Facebook – Le 19 août 2022



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Commentaires (2)

  • maham68 (H) 20/08/2022 23:01 X

    Effectivement Mr Bal il n'y avait pas de quoi fouetter un chat. Cette union sacrée aurait été plus utile sur des tares que nous trainons depuis la création de ce pays.

  • Buwuelm (H) 20/08/2022 16:24 X

    J’ai lu l’intégralité du texte, et des remarques de ma part, sont nécessaires pour remettre de l’ordre dans tout cela. D’abord, le titre de l’article n’est pas vidé. En effet, M. Bal s’est exprimé sur la polyandrie, la polygamie et la polygynie (terme qui désigne le système d'accouplement par lequel le mâle d'une espèce animale s'accouple avec plusieurs femelles). Pour ce qui est de la conjonction « et » liant deux mots, il est anormal d’ignorer le second, dans le développement des idées. Pourquoi titrer pour rien ? L’auteur aurait dû parler de la bigamie aussi, pour mieux cerner ces histoires de plusieurs époux ou épouses, et il y a une certaine ambigüité dans les explications de M. Tijane. 1) Beaucoup de femmes africaines mariées, quittent leur pays d’origine et une fois dans leur pays d’accueil, cherchent mari à l’insu de l’époux officiel. Par moment, suite à des problèmes de couple suscitant un éventuel divorce, la femme trouve un autre candidat au mariage et informe son époux légal, le mettant devant le fait accompli, pour l’obliger à accepter la séparation. Le même cas de figure est constaté chez les hommes, Il faut noter cependant, que la majeure partie de ces mariages, juridiquement rejetés, se fait en cachette. D’ailleurs plusieurs femmes, après avoir mis un terme à un mariage arrangé, sont retournées vivre auprès « du vrai mari ». 2) M. Yoman de NCI (Côte d’Ivoire) a affirmé qu'en Mauritanie, des femmes ont plusieurs maris officiels. Selon lui cette pratique ne choque personne, car faisant partie des habitudes et de la culture. Ceci est une affirmation gratuite, aussitôt démentie. Je suis sûr que cet individu ne connait rien de la Mauritanie. C’est par manque de sujets à traiter pour ses programmes, qu’il a jeté son dévolu sur les mauritaniennes en général. Des critiques, il en a reçues suffisamment pour servir de leçon et mes compatriotes ne vont plus « jouer » avec des journalistes mal formés, prêts à déraper, à la moindre occasion. Au troisième paragraphe, M. Tijane Bal nous cite un dictionnaire de sociologie. Il a oublié de nous dire que : polyandrie, polygamie, adultère et bigamie sont logées dans la même enceinte, pour les occidentaux. Il doit savoir que cette discipline sur laquelle il se base, ne reflète pas la réalité africaine. Ici, sur le continent noir, personne ne peut confirmer l’existence de cas de femme épouse de plusieurs hommes. La nature de l’homme africain n’est pas prédisposée à cette pratique. Je ne parle pas d’une certaine catégorie de femmes irresponsables, qui prennent l’homme pour un objet sexuel. En ce qui concerne la polygamie, nous suivons l’Islam. La religion a montré le bon chemin, mais il y aura toujours des marginaux qui préfèrent emprunter des voies parallèles, avec tout ce que cela implique comme incompréhension, de plusieurs gestes et faits.