19-08-2023 13:22 - Niger : « le jour de l’intervention » militaire a été décidé par la Cédéao
Le JDD - L’organisation brandit la menace d’une intervention militaire pour restaurer l’ordre constitutionnel dans le pays. Une possible mission diplomatique est néanmoins envisagée afin de « continuer à suivre la voie pacifique ».
Coup de bluff ou avertissement ? Après le coup d’État ayant conduit au renversement du président nigérien Mohamed Bazoum, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) continue de brandir la menace d’une intervention militaire.
« Nous sommes prêts à intervenir dès que l’ordre sera donné. Le jour de l’intervention a aussi été fixé », a déclaré vendredi le commissaire aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité de l’organisation régionale, Abdel-Fatau Musah.
Selon lui, la réunion des chefs d’état-major des armées ouest-africaines, effective depuis jeudi à Accra, au Ghana, a permis d’évoquer « les objectifs stratégiques, l’équipement nécessaire et l’engagement des États membres » de la Cédéao.
« Nous n’allons pas être ceux qui frappent à la porte alors qu’ils nous la claquent », affirme la Cédéao
« Nous sommes prêts à résoudre le problème pacifiquement, mais il faut être deux pour danser le tango », a ajouté Abdel-Fatau Musah, affirmant : « Nous n’allons pas être ceux qui frappent à la porte alors qu’ils nous la claquent. » Pour éviter de recourir à une solution militaire, le commissaire a évoqué une possible mission diplomatique de la Cédéao à Niamey, la capitale nigérienne, afin de « continuer à suivre la voie pacifique pour rétablir l’ordre constitutionnel ».
Le 10 août, la Cédéao avait ordonné, lors d'un sommet à Abuja, au Nigeria, le déploiement de sa « force en attente » pour renverser la junte et restaurer le président élu au Niger, sans dévoiler les modalités ni le calendrier.
L’organisation a dans le même temps continué de privilégier la voie du dialogue avec le régime militaire. Les nouvelles autorités de Niamey restent pour l’heure inflexibles et estiment qu’une intervention armée contre leur pays serait une « agression illégale et insensée ».
Lucien Petit-Felici
