11-06-2024 17:16 - Mauritanie : une démocratie au service d’une nomenklatura

Mauritanie : une démocratie au service d’une nomenklatura

Onde Info - La démocratie ne se décrète pas. C’est plus qu’une simple une déclaration d’intention. Des discours et des mots, sans convictions et principes. Exactement comme l’unité nationale, qui est régulièrement magnifiée et chantée sans effets dans la pratique. Elle est malade de notre hypocrisie ! Le refus de reconnaitre l’évidence.

La démocratie, c’est un choix et une option stratégiques, une culture qui impliquent une volonté réelle de changements dans les pratiques, les mentalités et même de paradigmes. Elle a pour baromètre la fonctionnalité et l’effectivité voire l’efficacité des institutions, notamment dans leur capacité à servir le citoyen, à le protéger contre toutes sortes d’abus, en lui garantissant ses droits, ses devoirs : son plein épanouissement. La démocratie ne peut être source d’asservissement, abrutissement ou d’endormissement du peuple.

Au contraire, elle se fonde sur la participation et l’implication citoyennes dans une démarche de co-construction et de co-production pour donner crédit, pertinence et légitimité aux décisions prises par les gouvernants.

Elle n’a point besoin de surhomme ou d’homme providentiel : toute la force, tous les pouvoirs, tout le charme de la démocratie se trouvent dans les institutions elles-mêmes (institutions fortes diront certains). Institutions qui n’ont besoin que d’hommes honnêtes, vertueux.

Voilà ce qui nous fait défaut.

La démocratie, elle ne saurait se mesurer au nombre de partis politiques, au nombre de radios et télévisions privées, au pléthore d’Agences de l’Etat chargées de « je ne sais quoi » ? Une assemblée nationale fortement arrimée jusqu’à la subornation au pouvoir Exécutif.

La démocratie, ce n’est pas non plus une CENI, un Observatoire national de surveillance des élections… autant d’institutions budgétivores et technicistes, dont les rôles, les missions et les prérogatives sont mal définis, voire ambivalents.

Cette « polypersonnalité » de nos institutions est source d’interfèrent, un cafouillage qui crée une espèce de brouillage propice aux manœuvres de toutes sortes, contraires à la transparence et à la crédibilité électorales.

Les élections sont souvent une mascarade, les règles du jeu ne sont jamais respectées, elles peuvent même changer en pleine compétition. Elles coûtent trop chères au contribuables sans jamais servir à quelque chose. Une situation qui a fini par créer chez certains citoyens, une espèce de fatalisme, de lassitude : un découragement qu’ils expriment en ces termes : « ça ne sert à rien d’aller voter ». En effet, les élections sont toujours truquées, et le jeu démocratique toujours biaisé par des pratiques anti-démocratiques.

Finalement, ils sont nombreux les Mauritaniens et les Africains qui ne croient plus à la démocratie en tant que modèle de gouvernance. Ils sont dégoutés et déçus. Ils en viennent jusqu’à se tromper d’ennemis, en s’en prenant à la DEMOCRATIE en tant que système politique. Or, le problème n’est pas la démocratie, même si elle est loin d’être une panacée universelle.

Une chose est sûre, c’est que nos dirigeants n’ont jamais voulu de la démocratie dans nos Etats. Parce qu’ils cesseront d’être des roitelets, parce qu’elle fait table rase de certains acquis parmi lesquels : la super citoyenneté et ses privilèges …

C’est dire que souvent, le procès fait à la démocratie en Afrique est à mon sens injuste. Il faut avoir appliqué et pratiqué correctement la démocratie pour pouvoir la juger. Un malade qui n’a jamais respecté son traitement ne peut pas se permettre de donner un avis objectif sur son médicament et encore moins sur son médecin.

Malheureusement, sous nos tropiques, nos dirigeants assoiffés de pouvoir et d’autorité ont volontairement vidé « l’enfant Grecques et natif d’Athènes » de sa substance, en foulant aux pieds ses principes sacro-saints, sans jamais accepter véritablement de le tropicaliser. On l’a dénaturé et vidé de sa substance, son être pour assouvir des desseins démoniaques et totalitaires.

La démocratie mauritanienne

La démocratie, chez nous n’est pas le pouvoir du peuple. Elle est le pouvoir d’une oligarchie militaro- politico-féodalo-affairiste et esclavagiste contre le peuple. Un peuple désabusé et dépassé, qui ne comprend plus rien au jeu démocratique, réduit à exécuter tels des automates les mêmes gestes, soit les mêmes erreurs.

Son rôle (le peuple) se limite à la répétition de gestes, de mots et de phrases toutes faites sans réfléchir ; un ensemble de réflexes devenus son trait de caractère, sa principale « compétence » que les différents « chefs d’orchestre » ont bien voulu développer en lui en vue de pérenniser leur mainmise, leur hégémonie, leurs intérêts etc. Dans cette démocratie militaire, l’électeur subit l’élection. Il craint le rendez-vous avec les urnes comme un chat échaudé qui craint l’eau froide.

La présidentielle de 29 juin 2024 ne dérogera pas à cette règle. Sauf coup de force majeure, cette élection présidentielle sera, tout sauf l’expression de la souveraineté du peuple mauritanien. En effet, le peuple n’existe que par la volonté de ces groupes opportunistes et machiavéliques, unis pour défendre des intérêts et des » positions » égoïstes, sectaires et claniques.

Ainsi, le jeu démocratique est faussé d’avance parce que s’appuyant sur des groupes de pression qui marchandent, manipulent, orientent, désorientent selon les situations et les contingences, le peuple. Tout est bon pour le maintenir dans l’ignorance, en lui administrant jour après jour des somnifères afin de retarder son réveil, son éveil.

Si bien que le peuple est désormais hypnotisé et réduit à la subordination, au point où même derrière l’isoloir, le citoyen ne peut retrouver indépendance et lucidité : il vote contre lui-même en s’enfonçant encore et encore un peu plus, pour asseoir davantage la suprématie de « ses maîtres impitoyables « . C’est le syndrome de Stockholm.

Notre système démocratique qui peine à se libérer du joug du pouvoir traditionnel (spirituel et temporel) déconstruit la culture de la citoyenneté. Un citoyen, c’est celui qui est capable de choisir par lui-même, et qui dispose d’une marge de liberté pour exprimer son droit de vote sans être » écrasé » par la dictature de l’Autorité sociale, communautaire, politique…

L’État se complaît dans une telle situation où la « conquête » de l’électorat repose sur des concessions avec la chefferie traditionnelle. Cette dernière détient de nombreux leviers de pression qu’elle exerce sans pitié sur le groupe notamment, les individus qui osent défier l’ordre féodal et traditionnel. Dès lors, on assiste au phénomène bien décrit par certains et appelé très ironiquement : bétail électoral ou l’électorat bestial.

La citoyenneté est ainsi bradée au détriment des pesanteurs socio-culturelles, contraires à la république : les électeurs sont dans de nombreux cas soumis à une consigne de vote mécanique d’un dignitaire ou d’un homme d’affaires.

Aux électeurs

Ne marchandez surtout pas votre droit de vote, il en va de votre dignité. Prenez vos distances des politiciens courtiers qui pullulent ces derniers temps dans votre région, dans votre quartier et ne ratent aucune prière dans votre mosquée etc.

Ils sont en mission et cherchent à vous séduire, vous endoctriner, vous flatter en usant de leur rhétorique démagogique bien huilée, s’appuyant sur des promesses mirobolantes sans lendemain. Rappelez-vous la Fable de la Fontaine (le Corbeau et le Renard) : « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ».

Heureusement, une nouvelle ère s’annonce avec l’émergence d’un nouveau type de citoyens qui prend ces distances des « pesanteurs héritées » souvent plus fortes que la loi, en s’assumant et s’affirmant en faveur d’une démocratie véritable.

Celle qui permet au fils du paysan, du berger d’accéder aux « cimes de la république », jusque-là réservées aux fils à papa. Cette prise de conscience est consécutive est caractéristique de la maturité d’une partie du peuple, désormais vent debout pour faire respecter la vérité qui sortira des urnes, le 29 juin prochain.

Le Guidimakha, on nous a assez mentis et trompés : ça suffit

Alors que les promesses tenues lors des élections municipales, législatives et régionales de mai 2023 et celles de la présidentielle de 2019 sont restées lettres mortes et classées sans suite, les voilà de retour au terroir pour » s’endetter «, en s’enfonçant encore plus auprès des populations. Si dans certaines contrées les préoccupations prioritaires sont l’accès aux services sociaux de base, chez nous, nous clamons « JUSTICE et EGALITE des citoyens ».

Nous sommes presque sous occupation, expropriés de nos terres, malmenés, humiliés, utilisés les uns contre les autres pour nous diviser. Chaque jour, l’un des nôtres est arbitrairement arrêté pour des motifs évasifs qui ne peuvent être qualifiés juridiquement, et envoyé en prison.

Ensuite, la machine se met en route. On fait cotiser les émigrés ou on pioche dans les caisses villageoises pour soudoyer. La corruption a atteint des proportions jamais égalée au point que les fonds villageois sont devenus ces six dernières années déficitaires en raison du conflit intercommunautaire Soninké, une mine d’or pour le pouvoir local qui ne fait rien pour appliquer la loi.

Au contraire, il jette de l’huile sur le feu par ses décisions de justice mettant en compétition des Soninké attachés à l’ancien ordre et les progressistes : chacun de ces groupes rivalisent d’ardeur pour » graisser la patte » de l’administration, en espérant gagner le procès.

Le procès de la honte, de la haine et de la bêtise. Justice ne sera jamais rendue. Votre unité et cohésion en souffriront. Vous n’aurez droit qu’à » des demi- vérités » afin que vous continuez à vous détruire. Et l’administration locale continuera de vous traire telles des vaches laitières.

Comme dans un jeu de poker, chaque partie continuera à doubler sa mise indéfiniment. Pendant que « le rapace opportuniste » et insatiable se nourrit de votre orgueil, de votre stupidité pour vous saigner à blanc. Voilà la triste réalité au Guidimakha que tous les pouvoirs ont ignorée.

Le meilleur candidat à la présidentielle, pour nous autres, sera celui qui protégera « le Guidimakhé » contre les abus du pouvoir local. Celui qui mettra fin aux injustices que nous subissions depuis des décennies. La soif, de justice nous tenaille plus que le manque d’eau potable, et nous préoccupe plus que le désert des infrastructures qui constitue la caractéristique principale de notre région ô combien déshéritée et abandonnée à elle-même.

Seyré SIDIBE



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Commentaires (5)

  • pyranha (H) 12/06/2024 19:23 X

    Buwuelm vous avez en inspecteur Colombo bien revu les lapsus ou erreurs , mais moi je demande de couvrir ce lapsus sous le manteau de l'indulgence .Ce Sidibe est excellent en Francais je le pratique depuis qq annees.Mais tous vos articles sont inspirants.Merci

  • Buwuelm (H) 12/06/2024 19:06 X

    Je ne contrarie les femmes que quand elles me rejoignent dans un domaine qu’elles ne maitrisent pas. Ne pas intervenir, serait rendre un mauvais service à l’auteure du commentaire de 13 h 37. Il est mentionné : « POUR CELUI QUI PARLE D'UNE ERREUR À PROPOS D'UN MOT DANS LE TEXTE, JE DIRAI LES LAPSUS CALAMI NE SURVIENNENT QUE POUR CEUX QUI OSENT LA PLUME ». Je me félicite d’avoir commencé « l’ÉCRITURE » depuis un demi-siècle, et je suis toujours sur cette lancée.

    Je dirai à Madame qu’elle a encore beaucoup à apprendre. Le lapsus oral est l’emploi involontaire d'un mot pour un autre. Exemple : « un GLAND rassemblement » à la place de « un GRAND rassemblement ». Il est clair qu’il s’agit là, d’un lapsus. Le lapsus clavis (clavier), est l’utilisation involontaire d’un mot à la place d’un autre. Par exemple : « compagne » pour « campagne ». Toutes ces erreurs sont compréhensibles.

    Ce qui n’est pas admissible, c’est ne pas faire la différence entre « QUAND » et « QUANT », « QUELQUE SOIT sa forme » et « QUELLE QUE SOIT sa forme » (voir commentaire ci-après). « SUBORNATION » et « SUBORDINATION » qui n’ont rien à voir, l’un avec l’autre, entrent dans le même cas de figure.

    La commentatrice a raison d’abréger la saignée, en utilisant trois points de suspension. Si elle avait continué son texte, d’autres anomalies seraient apparues. Maintenant, vouloir mettre tout ceci dans le « panier à lapsus », devient une aubaine. Il est très facile pour quelqu’un, en manque de vocabulaire, de justifier la médiocrité de son lexique en français, en évoquant des lapsus à tort et à travers.

  • nemahaidara (F) 12/06/2024 13:37 X

    Voilà un texte digne d'un journaliste patriote sincère . Pour celui qui parle d'une erreur à propos d'un mot dans le texte , je dirai les lapsus calami ne surviennent que pour ceux qui osent la plume. Quand au fait de parler du Guidimakha , à mon sens cela ne relève pas du manque de patriotisme mais plutôt d'un témoignage du vécu , au lieu d'analyse dans l'inconnu . Pour en revenir à la démocratie , tout en souscrivant avec tout ce qui a été écrit , j'ajouterai simplement que la démocratie est toujours le fruit d'une lutte , quelque soit sa forme . Là où la démocratie a été décrétée , elle est toujours de façade.C'est aux acteurs politiques de lutter chaque jour afin de la façonner d'avantage .Rien n'est jamais trop pour accroitre les droits et devoirs des citoyens . Chaque jour , et sous tous les cieux la démocratie se perfectionne chaque jour et nulle part , elle n'est parfaite . Mais la séparation des pouvoirs exécutif , législatif , judiciaire , la liberté d'expression , le respect des droits de l'homme , le débat contradictoire sont des facteurs essentiels de démocratie.Démocratie occidentale , la plus répandue s'entend ...

  • Ould Yarg (H) 12/06/2024 08:44 X

    excellent article. Tous les fonctionnaires fasho cherchent a être affectes au Sud pour s'enrichir vite. du chef de la wilaya jusqu'au planton du préfet chacun demande per-diem. Les intellectuels ont peur de parler ou de dire le mal de peur de deranger le petit frere aui est nomme conseiller. Les journalistes sont payes et subventionnes par cet Etat meme qui vous dicte et autorise les commentaires a publies.Ce pays est arrive a un seuil de decomposition qu'une operation ne suffira pas mais une emputation total de la gangrenne qui est le tribalisme, le feodalisme, et le favoritisme

  • Buwuelm (H) 12/06/2024 00:06 X

    Tout d’abord, je voudrai attirer l’attention de M. Seyré sur un mot qu’il a employé et qui ne doit pas être le bon. En effet, il écrit : « Une assemblée nationale fortement arrimée jusqu’à la subornation au pouvoir Exécutif ». Le terme adéquat est : « SUBORDINATION ». Nous sommes tous, censés faire des erreurs, quand nous nous exprimons dans une langue empruntée. L’essentiel est de l’accepter avec philosophie.

    Cet article est à vrai dire, un remake des publications passées de M. SIDIBE. Tout au long de ses propos, il est revenu sur sa pensée première, fustigeant les dérives qui grillent toute démocratie sincère. Ce soninke « pur et dur » a fait la différence entre l’électeur libre de choisir par conviction, le candidat qui est à même de mener le pays dans le giron de la Démocratie, au vrai sens du terme, et l’électeur qui attend d’être téléguidé pour son choix, parce que sous pression, et incapable de conduire sa propre personnalité.

    Monsieur S.S. a aussi ciblé sa communauté, s’appuyant sur ses divisions passées et récentes. Il a décrié le besoin pour certains des siens, de maintenir l’esprit féodal qui fait que des soninke dignes, devraient être assujettis. Je suis sur la même longueur d’onde que lui. Ces pratiques archaïques doivent être bannies et combattues avec force, sur l’ensemble du territoire.

    Dans sa conclusion, l’auteur du texte a écrit : « LE MEILLEUR CANDIDAT À LA PRÉSIDENTIELLE, POUR NOUS AUTRES, SERA CELUI QUI PROTÉGERA « LE GUIDIMAKHÉ » CONTRE LES ABUS DU POUVOIR LOCAL… ». Je fais deux remarques sur ce passage :

    1) Il a changé l’orthographe de Guidimakha en Guidimakhé. Pourtant un peu plus haut, c’était écrit : « LE GUIDIMAKHA, ON NOUS A ASSEZ MENTIS ET TROMPÉS : ÇA SUFFIT ». Veut-il délaisser la phonétique française, au profit de celle des soninke ?

    2) Monsieur ne se soucie que pour une région. Or, un patriote doit s’investir pour tout le pays. Le meilleur candidat recherché, est celui qui remettra l’ordre dans toutes les régions sans exclusive, après avoir secoué le pouvoir central.

    La paix de l’esprit est à prôner vaille que vaille et Allah seul, sait qui apportera le bonheur à cette Mauritanie ébranlée, mais encore debout.