13-06-2024 21:00 - Immigration en milieu Soninké : Chronologie d'une implosion programmée

Immigration en milieu Soninké : Chronologie d'une implosion programmée

Quand le désespoir gagne les cœurs, la raison devient ténèbre.

Voilà maintenant plus de soixante ans d'immigration en Europe, en particulier en France que les Soninkés empruntent cette voie de subsistance. Le bilan est malheureusement à l'opposé des résultats escomptés. De l'immigration économique , à une intégration catastrophique du regroupement familial en France.

Deux décennies de travailleurs soninkés en France dans les foyers de 1960 à 1980. La loi du président Giscard venant modifier les plans du pays et des immigrés en actant le regroupement familial comme principe universel.

Ni les immigrés ni le pays d'accueil étaient prêts pour ce bouleversement. Dès le fin des années 70, les premiers immigrés Soninkés ont commencé à ramener femmes et enfants dans le métropole français, connaissant mal le pays et ses côtés obscures. Des familles déracinées cloisonnées dans des champs de béton avec des milliers d'autres immigrés de l'Afrique noire et de l'Afrique du nord. Des enfants y naissent ne sont pas des français à part entière, mais des français entièrement à part. Des discriminations territoriales, discriminations scolaires, discriminations au travail, discriminations au logement ect. Voilà ainsi la création des générations d'apatrides dans le pays des droits de l'homme.

Ils investissent durant des décennies dans leur village d'origine, dans l'éducation, la santé, l'eau ect..

Souvent à la place de l'état régalien. Ces investissements qui sont salués n'ont pas abouti à la constitution d'une communauté épanouie.

N'ayant pas de vision, l'immobilisme est devenu la boussole de notre futur destination.

Les racines du mal sont profondes et viennent de très loin et sont installées dans notre subconscient. La chute de l'empire soninké de Ghana créa une instabilité millénaire dans les faits et les esprits.

Dans le paradigme Soninké après la chute de l'empire, il n'y a pas de bien individuel, il n'y a que des choses communes. A la dispersion, les Soninké ont créé des petits villages de cultivateur en petite communauté et en famille voire plusieurs familles dans une seule maison pour faire face à l'instabilité et à la guerre, l'esclavagisme qui a dévasté la région.

Une ethnie de cultivateur qui ne vivait que par leur force de travail dont le crédo est l'honnêteté et l'intégrité à toute épreuve.

A partir du moment où il y a eu une première meute de la population partie chercher des biens communs, la philosophie du bien commun demeure intact. Dès les années 70 /80, les premiers immigrés soninkés commencent à avoir des biens individuels, notamment les maisons dans les capitales africaines.

Dans la mémoire collective c'est une forme de trahison qui ne dit pas son nom. A partir de 1974 avec le regroupement familial, les premiers immigrés commencent à ramener femmes et enfants dans le métropole français. Une génération y naît.

Ayant des micro-états avec des moyens très limités, la non présence des soninké dans l'appareil étatique, a favorisé l'abandon de ces régions au profit des autres communautés.

En effet, les Villages se sont constitués sur les débris de l'empire de Wagadu (Ghana ) dans des luttes intestinales et une instabilité chronique. Ces villages font face maintenant à une mondialisation sauvage des esprits ou seul le profit compte.

N’ayant pas su se réunir pour construire des économies endogènes et des grandes agglomérations afin de développer une économie viable et de préserver leur identité, les villages sont devenus maintenant des dortoirs, la seule issue pour les jeunes est de partir pour espérer une vie meilleure.

L’immigration de masse des Soninkés a été l’élément déclencheur de la déstabilisation de l'écosystème de la communauté dans son ensemble.

C’est une immigration de masse qui a comme crédo, le forceps au service des autres, celle-ci n’a jamais su monter en compétences dans les pays d'accueil au fil des générations.

Le changement doit être une force supérieure, sinon nous serons condamnés à célébrer le passé. Ayons le courage du changement de nos mentalités afin de créer une nouvelle destinée. Nos jeunes risquent leur vie non pas pour aller vivre dans l'opulence , mais dans la précarité programmée.

Nous sommes une communauté où trahir notre futur est plus facile que de donner tort à notre passé.

Nos jeunes rêvent de gagner gros, mais ne savent pas comment construire un avenir en grand. L seule exemple qu'ils ont de la réussite, c'est l'immigré. On ne demande pas à chacun de devenir grossiste de mil, mais que la houe soit à la hauteur de la marmite.

Il est temps de construire une génération de conscience dans nos potentiels humains, décoloniser notre subconscient qui nous dit non seulement, que l'Afrique ne peut pas et en même temps ne veut pas d'un développement qui reflète notre identité et non notre imaginaire.

Le développement est un processus intellectuel défini par une création matérielle. Ce processus doit être en phase avec nos réalités et nos capacités endogènes pour une création de valeur qui sera transmise de génération en génération.

Nous sommes certainement en pleine tempête. Nous devons apprendre à nous serrer les coudes, le temps de passage pour dessiner notre direction et non se disperser comme des feuilles mortes d'une branche.

Gardons espoir, dessinons le cap de notre destinée commune.

Notre mission générationnelle est d'apporter de l'espoir dans le cœur des jeunes, initier une prospérité dans le développement de la formation qualifiante directe vers l'entrepreneuriat et la liberté financière.

Les générations précédentes n'ont pas réussi à mettre en place des politiques d'intégration économique inclusive à la disposition de tous les citoyens. Au lieu de cela, la richesse et le pouvoir ont été concentrés dans les mains de quelques uns sans création de valeur.

En conséquence, de nombreux jeunes sont désemparés et pensent qu'ils doivent aller en occident pour poursuivre leurs rêves dans la précarité et l'humiliation. Il est temps de faire de l'Afrique le continent de tous les rêves.

Notre génération doit prendre ses responsabilités afin d'amorcer les changements positifs pour les jeunes au centre de l'action du développement du continent . Si ce n'est pas aux jeunes Africains de résoudre les problèmes de l'Afrique, qui le fera ?

Notre but n'est pas de rester dans le cœur des hommes, mais de graver notre empreinte dans la mémoire de l'humanité.

Mody WASSA

Le 13 juin 2024.

Email : wassamody@yahoo.fr





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Source : Wassa Mody
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Commentaires (4)

  • Buwuelm (H) 14/06/2024 21:47 X

    Il sera difficile de trouver des circonstances atténuantes à M. Mody. Quand on veut écrire, il faut d’abord connaître les termes à reproduire, leur orthographe et leur signification. Aux 4ème et 12ème paragraphes, il est fait mention de : « le métropole français ». Ce n’est pas un lapsus, à coup sûr. Un lapsus oral, s’il est fait, est aussitôt corrigé, soit par l’auteur qui s’en rend compte, soit par quelqu’un de son entourage. Je signale que dans ce cas, l’erreur n’est faite qu’une seule fois. Le lapsus écrit est constaté parfois dans un texte, mais l’anomalie ne devrait pas se répéter comme ici, pour « le métropole français ». Une lutte intestinale se passe en principe, au sein même des intestins, peut-être entre le gros et le grêle. C’est carrément à force de lire et d’écrire, qu’on parvient à enrichir son vocabulaire, en vue de le partager en bonne forme. Loin de me prendre pour un correcteur, j’attire seulement l’attention du lecteur sur la nécessité de faire la différence entre ce qui est écrit et ce qui devrait l’être. D’ailleurs, je crois qu’à partir de cet instant précis, et avec l’accord de mon ami « pyranha », je vais cesser de divulguer les anomalies relevées sur les articles et les commentaires que j’aurai à l’avenir, le plaisir de lire.

  • yawonni (H) 14/06/2024 14:47 X

    Hummm !!! certainement l'auteur voulait ecrire : luttes intestines (ce qui traduit exactement des luttes de groupe social) Quant à luttes intestinales : c'est lutter contre les maladies intestinales.

  • ahznar (H) 14/06/2024 06:35 X

    Mr.Wassa depuis la nuit des temps le soninké a tjrs rêvé de la France. Ils sont les 1ers immigrés de France. Le plus désolant et le plus décevant le soninké vivant en Europe ne cherche pas à s'instruire où se former professionnellement. Leurs familles à savoir principalement l'épouse ne travaille pas et ne fréquente ni centre culturel ni bibliothèque ou autre. Les soninké vivent toujours en communauté ( entre eux). Ils ne frequentent pas les autres africains.

  • Buwuelm (H) 13/06/2024 22:42 X

    ...dans des luttes intestinales... au lieu de : des luttes intestines. On me dira que c'est un lapsus. Trop difficile à avaler.