23-09-2024 15:10 - Mauritanie : la solution du passif humanitaire par Ould Taya ne passe pas pour les victimes du génocide de 89 à 91

Mauritanie : la solution du passif humanitaire par Ould Taya ne passe pas pour les victimes du génocide de 89 à 91

Kassataya - Au moment où le gouvernement de Ould Diay n’exclut pas d’engager bientôt un processus de consensus entre les différentes parties concernées par le passif humanitaire, des intellectuels mauritaniens relancent le débat en préconisant une solution qui passe par le génocidaire Ould Taya.

C’est une bien curieuse solution qui ne peut pas faire plaisir aux victimes du premier génocide mauritanien avec les déportations de plus de 60000 négro-mauritaniens au Sénégal et au Mali et plus d’une centaine de civils enterrés dans des fosses communes dans les localités du Sud et l’assassinat de 28 soldats négro-africains à la base militaire d’Inal au Nord du pays en 1991. Toutes ces exactions sont commises par le régime de Ould Taya.

Ce rappel historique campe le débat et pointe toutes les responsabilités d’un ancien président téléguidée par une idéologie raciste le Baathisme pour dénégrifier la Mauritanie.

Au moment où le gouvernement de Ould Diay promet de relancer toutes les parties concernées par le passif humanitaire d’éminents intellectuels mauritaniens, économistes et juristes tentent d’apporter leur contribution à cette question nationale sur les réseaux sociaux à travers des forums.

La préconisation d’une solution qui passe par un repenti ou un pardon du génocidaire Ould Taya pour régler tous les crimes commis de 89 à 91, ne peut être accepter par les victimes civiles et militaires notamment les veuves et orphelins qui attendent après plus de trois décennies les corps pour des sépultures dignes.

Le pardon ne suffit pas. Les victimes réclament justice c’est à dire la vérité d’abord et ensuite devoir de mémoire et réconciliation.

Dans cette douloureuse page sombre de l’histoire du pays, Ould Taya n’est pas le seul responsable de cette épuration ethnique. Des hauts gradés de l’armée sont présumés tortionnaires et ils même au sein du régime de Ould Ghazouani.

Parmi eux, en première ligne le général retraité Ould Menguet, président actuel de l’Assemblée nationale. C’est l’armée qui est pointée du doigt par les observateurs et elle pourrait faire son mea culpa dans un processus de rétablir la vérité.

Cherif Kane



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Commentaires (2)

  • Buwuelm (H) 23/09/2024 20:47 X

    Monsieur KANE aborde dans cette intervention, un sujet qui a tenu et qui tient encore en haleine tous les mauritaniens en quête de justice. Il s’agit d’évènements douloureux qui rappellent des crimes abominables, orchestrés par Ould Taya, sanguinaire obnubilé par une doctrine baathiste dévastatrice.

    Personnellement, ces souvenirs me mettent à mal, surtout qu’un traitement des crimes avérés était possible avant Juin 1993. Malheureusement, le pourrissement des faits sur plusieurs décennies, était souhaité par certains responsables sous l’ère Taya, qui craignaient d’être impliqués dans le massacre de centaines d’innocents ou la déportation de dizaines de milliers de mauritaniens, issus d’une catégorie bien définie de personnes ciblées.

    Il faut évoquer la loi n° 93-23 du 14 juin 1993 qui accorde une amnistie pleine et entière :

    1) AUX MEMBRES DES FORCES ARMÉES ET DE SÉCURITÉ, AUTEURS DES INFRACTIONS COMMISES ENTRE LE 1ER JANVIER 1989 ET LE 18 AVRIL 1992 ET RELATIVES AUX ÉVÈNEMENTS QUI SE SONT DÉROULÉS AU SEIN DE CES FORCES ET AYANT ENGENDRÉ DES ACTIONS ARMÉES ET DES ACTES DE VIOLENCE ;

    2) AUX CITOYENS MAURITANIENS AUTEURS DES INFRACTIONS, SUITE AUX ACTIONS ARMÉES ET ACTES DE VIOLENCE ET D’INTIMIDATION ENTREPRIS DURANT LA MÊME PÉRIODE. CES DEUX POINTS RENDENT SANS VALEUR, TOUTE PLAINTE, TOUT PROCÈS-VERBAL ET TOUT DOCUMENT D’ENQUÊTE RELATIF À CETTE PÉRIODE ET CONCERNANT UNE PERSONNE AYANT BÉNÉFICIÉ DE CETTE AMNISTIE.

    Il sera très difficile de revenir sur cette loi qui, avec le temps, s’est bien ancrée. Grâce à elle, plusieurs hommes ont été « blanchis » et sont retournés aux affaires politiques.

    Le sort de Taya, aux oubliettes, doit rester en dehors de toute nouvelle discussion. Reste un autre problème de taille, posé par les divergences qui opposent les ayants droit. Pour le règlement de cette épine qui tarde à être soustraite, deux camps de victimes ont vu le jour. Celui qui a accepté les propositions des autorités en place et celui qui les a rejetées, les considérant comme insuffisantes.

    La Vérité d’abord, la Justice ensuite, et enfin la Réconciliation. Apparemment, Ould Diay affiche une réelle volonté de faire bouger les lignes avec un accord équitable pour toutes les parties, mais la tâche ne sera pas facile pour lui. Des faucons du régime actuel, utiliseront tout leur pouvoir pour faire capoter les démarches du premier ministre, si Monsieur Ghazouani n’apporte pas un soutien affiché au Chef du gouvernement.

  • LA VERITE SUR LA MAURITANIE (H) 23/09/2024 16:03 X

    Taya mérite la pendaison, la justice mauritanienne doit aussi interpeller ses complices présents ici en Mauritanie, car taya n’est pas le seul à avoir le sang sur les mains.