09-10-2024 09:48 - Editorial du Calame : Un chantier prioritaire parmi tant d’autres…

Editorial du Calame : Un chantier prioritaire parmi tant d’autres…

Le Calame - Nos goudrons sont-ils solubles dans l’eau ? La question posée au milieu des années 80 par un chroniqueur dans un article publié par le quotidien Chaab, le seul qui existait à l’époque, et qui lui valut des déboires avec le pouvoir en place, est plus que jamais d’actualité.

Il suffit de voir les vidéos publiées sur les réseaux par un lanceur d’alerte devenu célèbre sur l’état des routes à Nouakchott pour se rendre compte de l’ampleur du gâchis. Nids de poule et trous béants sur des routes dont l’espérance de vie ne dépasse pas quelques mois.

Elles ont pourtant fait l’objet d’appels d’offres, ont été attribuées à des sociétés et des bureaux de contrôle ont été sélectionnés pour veiller à leur conformité mais… tout part à vau-l’eau.

La route qui mène au Port de l’Amitié a été refaite à la va-vite parce que le président de la République devait l’emprunter pour inaugurer le Pont au carrefour Bamako. Quelques mois plus tard, elle n’est plus que ruines. Autre exemple parmi tant d’autres, la route Aleg-Boutilimit a commencé à se détériorer alors qu’elle n’a même encore été réceptionnée.

D’où de multiples interrogations : les marchés ont-ils été attribués à des sociétés moins disantes, sans tenir compte de l’évaluation technique ? Les contrats ne comportent-ils aucun délai de garantie ? Certains bureaux de contrôle ne font-ils pas bien leur travail ? Pourquoi l’État n’a-t-il jamais sévi contre ces sociétés indélicates, en les blacklistant, à défaut de pouvoir les contraindre à réparer les dégâts ?

Il y a en tout cas urgence à régler le problème. Nous avons si peu de ressources qu’il serait criminel de laisser des irresponsables saboter le petit nombre d’infrastructures que nos moyens nous permettent d’acquérir. Un chantier parmi tant d’autres pour le nouveau gouvernement… mais certainement pas le moins prioritaire.

Ahmed ould Cheikh





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Commentaires (1)

  • habouss (H) 09/10/2024 22:19 X

    Ahmed, il n'existe plus de sociétés de BTP dignes de ce nom. Les meilleures sur le marché ont disparu depuis longtemps. Celles qui subsistent sont le produit d'une corruption endémique. Aujourd'hui, il suffit d'obtenir un marché grâce à l'intervention du président, du Premier ministre ou d'un ministre pour s'improviser en entreprise de construction routière. Ensuite, on se rend en Chine ou ailleurs pour négocier avec des partenaires peu scrupuleux, toujours en quête de ce genre de contrats. Ils viennent mélanger le sable, les cailloux ou même les coquillages que nous avons en abondance, avec un peu de goudron – ou dans certains cas, une sorte d’huile noire. Le résultat ? Une route qui ne tiendra que jusqu’à la première petite pluie. Oui, chez nous, le goudron semble bel et bien soluble dans l’eau !