14-10-2024 16:22 - Migration scolaire des familles mauritaniennes : le Sénégal destination de nombreux parents à la recherche d’une offre éducationnelle de qualité

Migration scolaire des familles mauritaniennes : le Sénégal destination de nombreux parents à la recherche d’une offre éducationnelle de qualité

Onde Info - Depuis la mise en application de loi sur l’éducation (Loi 2022-023 portant loi d’orientation du Système Éducatif National) dont les contours restent très ambigus, – une reforme éducative qui est contestée, aujourd’hui encore -, de nombreux parents mauritaniens ont trouvé comme alternative, la migration scolaire au Sénégal pour assurer à leurs enfants une bonne éducation.

Le phénomène n’est pas nouveau, des familles mauritaniennes dégoûtées par la léthargie que traverse notre système éducatif, choisissent d’envoyer leurs enfants au Sénégal pour leur garantir, l’accès à de meilleures écoles et une éducation de qualité.

Seulement, depuis la mise en application de la Loi d’orientation (l’école républicain), la pratique a explosé : le Sénégal est devenu la destination scolaire des parents nantis ou tout simplement, ceux avertis et désirant contourner les contraintes de la nouvelle Loi d’Orientation pour assurer à leurs enfants une bonne éducation.

L’objectif étant de fuir le chaos scolaire et le désastreux éducatif créés par les pouvoirs successifs du pays, depuis l’indépendance, dans volonté hégémonique identitaire.

Désormais, le Sénégal, en plus, d’être l’une des destinations privilégiées pour de nombreux malades, en quête de meilleurs soins, ce pays voisin fait face à l’arrivée de vagues d’élèves et de familles – Dakar, Richard Toll, Saint-Louis-, Thiès, pour ne citer que ces villes, enregistre une forte présence de Mauritaniens, qui n’hésitent pas à louer des appartements ou maisons pour être aux côtés de leurs enfants pendant l’année scolaire.

Si certains ont de la famille sur place – un oncle, un cousin etc., d’autres n’ont pas cette chance. Cependant, ils peuvent compter sur leur porte-monnaie. L’argent semble ouvrir toutes les portes. Quant aux plus démunis, et les moins stratèges, ceux-là se résignent à envoyer leurs enfants à l’école publique, avec la garantie de leur ouvrir le boulevard de l’échec et même de l’incivisme.

Les parents qui ont décidé de traverser le fleuve ont compris que l’éducation n’a pas de prix. C’est un sacrifice, un investissement. C’est pourquoi, certains parents ne pouvant pas se déplacer envoient leurs enfants avec des « domestiques » attachés à la famille depuis longtemps, une manière de combler leur absence et reproduire l’atmosphère familiale du pays.

L’autre alternative, c’est la mère qui accepte de se déplacer pour être auprès de ses enfants au Sénégal pendant toute l’année scolaire. Le papa, généralement maintenu à Nouakchott pour des raisons professionnelles, sera obligé de faire des va-et-vient entre la Mauritanie et le Sénégal.

On a beau vanter l’école publique mauritanienne, la réalité est qu’elle est devenue le carrefour des plus déshérités de la république. Même si une poignée de personnes de la haute sphère sociale continue d’y croire.

Cependant, elle prend toujours la précaution d’assurer derrière des cours à domicile à ses enfants. Des cours dispensés souvent par d’éminents professeurs, et ce dans toutes les disciplines. Ce sont ces rares enfants qui arrivent à s’extirper de la médiocrité ambiante de nos établissements publics ; faisant office d’arbre qui cache la forêt.

Cette migration scolaire n’est pas sans désagrément pour les familles. A-t-on pensé aux traumatismes, à la séparation, au coût et autres conséquences que crée cette situation, soit la conséquence des choix politiques néfastes et idéologiques à répétition de nos gouvernants ayant conduit à la mise à mort de notre système éducatif ? Quel est le sens de la souveraineté, si un pays est incapable d’assurer une bonne éducation à sa jeunesse ?

Si le Sénégal peut, pourquoi pas la Mauritanie. Tout est question de volonté politique. Il suffit de laisser s’exprimer notre identité naturelle dans notre environnement naturel, en y intégrant les contraintes de la mondialisation, la globalisation pour que s’impose l’école qui sied à la Mauritanie. Mais nous préférons continuer à persévérer dans notre entêtement, oscillant entre option idéologique et émotionnelle.

Seyré SIDIBE



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Commentaires (8)

  • mystere1 (F) 15/10/2024 11:32 X

    Là, déja, avec, ces migrations scolaires, devenues flagrantes, et envahissante, chez notre voisin proche direct du Sud-Ouest, alors notre gouvernement, doit se ressaisir, en revoyant, son état de gérer, les choses de ce pays de manière générale, et surtout, en particulier, dans le domaine de l'éducation, qui est le noyau du développement, d'une société quelquonque ! donc, son excellence, notre cher raîss, doit être sensible, inquiet, soucieux, de ce phénomène, devenu maintenant, très voyant, et connu, aux yeux, des citoyens mauritaniens ! ainsi, le Pm djay, doit revoir, en urgence, avec le ministère chargé de l'éducation, comment, régler, ces carences de niveaux intellectuels, dû, aux manques de formation chez les acteurs de l'éducation, on doit former de bons professeurs, dans leurs formations d'études, après ces concours, sinon, l'éducation sera, en danger, pour une future jeunesse, qu'on veut "abrutir" ! ce problème doit être le souci majeur principal du président, de son Pm, et des ministres de l'éducation (primaire, secondaire et supérieur), en même temps ! car c'est honteux, de laisser, ses propres petits concitoyens de ce pays, aller, étudier, ailleurs, en laissant, leur patrie, ça prouve, que rien ne va, dans cette nation, Qu'Allah nous Guide et Sauve ! Merci, pour cet article pertinent, comme sujet d'actualité !

  • Ahmedabdallah (H) 15/10/2024 00:06 X

    Excellent article d'un journaliste de très grande qualité et dont le courage est exemplaire. Monsieur Sidibé, d'onde info" frappe la Mauritanie d'idéologies et de marches à reculons, avec sa main de maître implacable, là où ça fait le plus mal. Effectivement la Mauritanie est sans aucune dignité, sans aucune fierté, sans aucune souveraineté lorsqu'elle est incapable de laisser s'épanouir ses différentes composantes dans leur choix, au nom de l'"émotion" et de "l'idéologie", éternelles mauvaises conseillères! Chaque mauvaise action du gouvernement ghazouanien de pacotille appelle une réaction saine des noirs mauritaniens qui n'accepteront jamais, au plus grand jamais d'être arabisés de force : La solution consistant à faire migrer les enfants négro-africains mauritaniens vers le Sénégal où ceux-ci recevront une éducation de qualité demeure la meilleure solution, la plus avisée, et la plus lucide. Quel gouvernement d'incapables qui ne cherche qu'à chasser les négro-mauritaniens par tous les moyens, de leur terre millénaire, si ce n'est celui de Ghazouani dont l'obsession pour l'arabisation de tout ce qui bouge est bestiale, sauvage et barbare!

  • Bertrand (H) 14/10/2024 20:06 X

    Des histoires. Tout le monde la bas et ici migre vees l'Europe. Qui préfère voir tout le monde dévoré par l'ocean plus tôt que de se faire remplacer. Il n'y a rien à cirer nulle part.

  • Enfantnoir60 (H) 14/10/2024 19:36 X

    Mr Sidibé, le gouvernement mauritanien depuis sa mise en place en 1960 et 1978 l’arrivée des militaires, ils avaient une seule mission empêcher les enfants des noirs surtout Poulaars, Wolof et Soninké de réussir dans les études, ils tiennent les harratins dans la misère et l’ignorance déjà avec le système esclavagiste, ceux qui ont échappé à la chape de plomb ne dépasse pas le rang de ministre, ils ne peuvent prendre une décision Nationale. Les Baathistes mettront ce pays à la dispositions des refugiés palestiniens et Syriens, rien que pour contrer les noirs, Gazouani est dangereux pour la Mauritanie, il est pire que Taya.

  • Enfantnoir60 (H) 14/10/2024 19:32 X

    Mr Sidibé, avec le gouvernement de Ghazouani, le pays va droit au mur et je peux vous que Ghazouani est le plus mauvais président de la Mauritanie, toutes les mauvaises décisions ont été prises dans son premier mandat, il fera pire dans le reste de son mandat et le dernier, je demande seulement au gardien de prison d’Aziz de lui préparer sa chambre à coté de celle d’Aziz. La haine des noirs contre les maures blancs est devenue insoutenable de son mauvais entourage à commencer par le ministre de l’interieur.

  • Enfantnoir60 (H) 14/10/2024 19:29 X

    Les Baathistes racistes mauritaniens font tout pour bloquer les noirs de ce pays, mais je vous demanderai de leur laisser faire et un jour, ils verront leurs plans retombés sur eux comme jamais, ils empêchent tout avancement a un cadre noir quelque soit sa région, cela est devenu une religion et la prière de tous les ministres et Directeurs généraux, ils jurent tous sur le Coran de bloqué les noirs, comme ils ont fait dans beaucoup de domaines, si un noir fait le plus petit commerce il est contré le lendemain par un berbère, les noirs n’ont aucun droit dans ce pays, mais ils doivent savoir que le jour ou cela va éclaté, ils se défendront seul face aux ennemis ou ils prendront la fuite. A bon entendeur salut.

  • lass77 (H) 14/10/2024 17:02 X

    Cet article qui sonne l'alerte ne fait réagir personne sur le forum. Les autorités Mauritaniennes ont un dessein malsain en se comportant ainsi. Aucun respect pour ses citoyens. Je note aucun pays arabe n'adopte un système éducatif pareil. Voilà les conséquences des fumesteries entre negromauritaniens :des conflits ignobles alors que vis droits sont violés tous les jours en Mauritanie. Si j'étais Sonko, le senegal ne sera pas là roue de secours éducatif des negromauritaniens.

  • FUnited (H) 14/10/2024 16:46 X

    Mes remerciement à monsieur Sidibé pour l'article. Je suis pour une solution face à ce scénario pour assurer une bonne éducation à nos enfants mais je pense que l'idée n'est pas bonne le fait d'envoyer les enfants étudier au Sénégal. Je m'explique car éduquer un enfant , ce n'est pas lui enseigner à lire et écrire . L'environnement où cet enfant grandi compte , les gens qu'ils côtoient est un aspect important. Imaginez envoyer des enfants de moins de 10 ans qui vont grandir sans leurs mère ou père à coté d'eux , moi je pense qu'on est entrain de les priver de quelques chose de très précieux. D'autant plus que le monde a changé , nous connaissons tous cmt est la vie au niveau des centres urbains, tout le monde se cherche de nos jours . Ne voyez vous pas qu'il y a des angles morts dans cette stratégie.Les anciens vont me contredire , je peux les comprendre mais dans ce monde où nous vivons l'exception de confirme pas la règle. Je rejoins Mahmoud Derwich ce grand écrivain palestiniens je cite " je étions ici , nous sommes ici et nous resterons ici"