27-02-2026 22:30 - Dialogue, confrontation ou résignation : mon choix est clair

Dialogue, confrontation ou résignation : mon choix est clair

Initiatives News -- Je préfère le dialogue à la confrontation, et à la résignation. Je m’ en vais vous dire pourquoi? En ce qui me concerne, j’ai toujours été, par principe autant que par conviction, un partisan résolu du dialogue.

Dans la vie politique de notre pays, trois attitudes s’offrent généralement aux acteurs : le dialogue, qui privilégie l’échange et la recherche de solutions concertées ; la confrontation, qui repose sur l’opposition frontale et le rapport de force ; et la résignation, qui conduit à l’attentisme, à l’immobilisme et à la perpétuation du statu quo.Pour ma part, mon choix est clair : le dialogue doit être privilégié.

Non par naïveté ni par complaisance, mais parce qu’il demeure la voie la plus responsable, la plus constructive et la plus conforme aux intérêts supérieurs de la Mauritanie. Dans un pays marqué par sa diversité sociale, culturelle et historique, la stabilité et la cohésion nationale ne peuvent être préservées que par l’écoute mutuelle, la concertation et la volonté de trouver des compromis dans l’intérêt général.

Le dialogue a cette vertu essentielle de réunir, autour d’une même table, les pouvoirs publics, les acteurs politiques et les forces vives de la nation afin d’examiner sereinement les questions majeures, de confronter les idées plutôt que les personnes, et de rechercher des solutions équilibrées, capables de renforcer l’unité nationale et la confiance entre les citoyens et les institutions.

À l’inverse, la confrontation permanente, si elle peut parfois paraître séduisante par sa radicalité, comporte des risques réels : elle alimente les tensions, accentue les fractures, fragilise la stabilité et peut mettre à mal le climat de paix dont notre pays a besoin pour poursuivre son développement.

Quant à la résignation, elle est encore plus dangereuse, car elle nourrit le découragement, banalise les insuffisances et prive la nation de toute dynamique de réforme.Il serait toutefois irréaliste d’attendre du dialogue des résultats immédiats ou parfaits.

Le dialogue est un processus exigeant, fondé sur la patience, la sincérité et le sens des responsabilités. Il suppose que chaque partie fasse preuve de bonne foi et place l’intérêt national au-dessus des considérations partisanes.

C’est dans cette démarche progressive qu’il devient possible d’aborder les questions les plus sensibles, d’apaiser les tensions et de construire, pas à pas, des solutions durables au service du peuple mauritanien.En définitive, choisir le dialogue, c’est faire le pari de la raison sur la passion, de la cohésion sur la division, et de l’avenir commun sur les intérêts immédiats.

C’est affirmer que la force de la Mauritanie réside avant tout dans sa capacité à se parler, à s’écouter et à avancer ensemble dans la paix, la stabilité et l’unité.

Khalilou Youssoufi Tandia
Juriste et Expert électoral



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 6
Lus : 583

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (6)

  • ouldsidialy (H) 28/02/2026 18:23 X

    Il arrive que l'on ne soit porteur de rien de substantiel pour donner matière à la confrontation ou acculé à la résignation par le résultat funeste d'une confrontation lucidement comprise comme vaine. Alors on peut rentrer dans le cycle politique mauritanien bien connu : Étape 1 : le pays est déclaré en crise politique, en faillite sociale. bientôt en guerre civile. Étape 2 : le politicien est prêt au dialogue pour éviter tous les dangers et sauver le pays. Étape 3 : la soupe et les vanités sont redistribuées… et on recommence.

    2) Question ! Pourquoi, dans les pays qui marchent, les citoyens assument-ils de consacrer le meilleur d’eux-mêmes à leurs accomplissements personnels ? Pourquoi entend-on si souvent les citoyens des pays qui ne marchent pas dire qu’ils sont investis dans l’intérêt général ?

  • Visage Mauritanie (H) 28/02/2026 00:45 X

    Monsieur Tandian, comment définissez-vous le concept de dialogue et quels sont les résultats concrets des nombreuses concertations organisées ces dernières années sur le plan politique ? N'ont-elles pas simplement servi à écarter certains acteurs au profit d'autres, sans réelle mise en œuvre des résolutions adoptées. Ne serait-il pas préférable d'engager un dialogue sincère visant à éradiquer les dysfonctionnements et la mauvaise gestion des ressources nationales mauritaniennes. Plutôt que de perpétuer un système où chaque nouvelle équipe dirigeante reproduit les mêmes schémas pour s'assurer l'impunité.

  • Visage Mauritanie (H) 28/02/2026 00:44 X

    Dans quelles circonstances un dialogue serait-il véritablement nécessaire, alors que tout semble actuellement se dérouler selon la volonté des détenteurs du pouvoir ? Organiser des dialogues sans suivi concret, qui servent uniquement à absoudre ceux qui ont spolié les richesses du pays et à légitimer la gouvernance défaillante de Ould N'Diaye, peut-elle être considérée comme une pratique démocratique exemplaire.

  • Visage Mauritanie (H) 28/02/2026 00:44 X

    Le Premier ministre Ould N'Diaye est impliqué dans la disparition de plus de 52 milliards de fonds publics, une affaire qui risque d'être abandonnée lors du dialogue national. Pendant ce temps, le président Ghazouani, adoptant une attitude ambivalente, semble préoccupé par la fin de son dernier mandat. Certains dans son entourage envisageraient une modification constitutionnelle pour lui permettre de conserver le pouvoir à vie, malgré l'opposition de ses proches collaborateurs. Ces derniers semblent paradoxalement lui indiquer une voie qui pourrait le conduire en prison aux côtés de son prédécesseur Aziz, un destin que de nombreux politiciens mauritaniens souhaiteraient lui voir connaître.

  • Visage Mauritanie (H) 28/02/2026 00:43 X

    Le Premier ministre Ould N'Diaye est impliqué dans la disparition de plus de 52 milliards de fonds publics, une affaire qui risque d'être abandonnée lors du dialogue national. Pendant ce temps, le président Ghazouani, adoptant une attitude ambivalente, semble préoccupé par la fin de son dernier mandat. Certains dans son entourage envisageraient une modification constitutionnelle pour lui permettre de conserver le pouvoir à vie, malgré l'opposition de ses proches collaborateurs. Ces derniers semblent paradoxalement lui indiquer une voie qui pourrait le conduire en prison aux côtés de son prédécesseur Aziz, un destin que de nombreux politiciens mauritaniens souhaiteraient lui voir connaître.

  • Visage Mauritanie (H) 28/02/2026 00:42 X

    Ghazouani prend conscience de ses erreurs de gouvernance et cherche à se retirer sans négociation. Il pourrait prétendre une maladie pour céder sa place. Selon certaines rumeurs, des conseillers de dernière minute ont demandé que l'armée soit préservée de la crise actuelle, souhaitant qu'il termine son mandat et rejoigne son ancien ami, Ould N'Diaye travail dans ce sens ce qui pourrait le conduire en prison ultérieurement. La situation actuelle est délicate pour Ghazouani, qui se trouve dans une position précaire sans issue favorable. Paralysé par la peur, il semble incapable de prendre des décisions, laissant son épouse diriger tandis qu'il apparaît en tenue traditionnelle de piètre qualité, suivant docilement les directives de sa femme et d'Ould N'Diaye comme un simple exécutant de leur volonté.