18-03-2026 00:24 - Remaniement gouvernemental : quand loyauté rime avec contrôle

Remaniement gouvernemental : quand loyauté rime avec contrôle

SHEMS MAARIF - Mohamed Mahmoud Ould M’Heimid et Sid’Ahmed Ould Bouh ont quitté le gouvernement. Deux ministres évincés. Deux postes repris par leurs cousins. Une coïncidence ? Certainement pas.

Ce geste fragilise plus qu’il ne stabilise. Les tensions tribales explosent. Frustration. Humiliation. Rivalités familiales. Là où le pouvoir croyait ménager, il divise.

L’indépendance devient un crime. La loyauté devient un prix. Ceux qui osent penser par eux-mêmes sont punis. Ceux qui se soumettent sont récompensés. La compétence ? Elle n’a plus de valeur.

Sid’Ahmed Ould Bouh en a fait l’expérience. Écarté de l’Économie et des Finances malgré un bilan irréprochable. Relégué à l’Agriculture. Pommes de terre et tomates. Une humiliation déguisée. Puis, exclusion totale. Le message est clair : ne faites pas d’ombre au pouvoir.

Ould M’Heimid, lui, a osé défier les lobbys du médicament. Puissants. Hors de portée des lois. Sans soutien politique, il tombe. Résister à ces réseaux est devenu un crime d’État.

Les « nouveaux » ministres ? D’anciens ministres recyclés. Écartés jadis pour des raisons obscures. Aujourd’hui, rappelés. Pourquoi ? Mystère. Recyclage ou arbitrage opaque ? Quoi qu’il en soit, l’opacité fragilise l’État et nourrit la défiance.

Le Premier ministre ne coordonne plus. Il contrôle. Il impose. Les ministres indépendants n’ont plus leur place. Ceux qui restent ? Interchangeables. Redevables. L’État se fragilise. L’exécutif perd sa crédibilité.

Le sommet de l’État ? Des décisions dictées par des cercles d’influence. Et au premier rang, le Premier ministre lui-même.

Tout ceci est l’exact opposé de ce qu’avait instauré le président Mohamed Ould Ghazouani lors de son élection. Il avait donné pleine autonomie à ses ministres. Liberté de décider. Liberté d’agir. Aujourd’hui, cette liberté est remplacée par un contrôle strict. Initiative individuelle sanctionnée. Loyauté imposée. Le contraste est frappant. La gouvernance collaborative est morte.

Le pouvoir se verrouille. L’autonomie se paie. La loyauté se récompense. La compétence disparaît.





Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 2
Lus : 518

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (2)

  • ouldsidialy (H) 18/03/2026 09:55 X

    Le procédé a toujours existé. L'expert des nominations qui mettaient en tension les familles et les clans tribalo-ethniques fut le président Maaoya ould Taya.

  • serranus (H) 18/03/2026 09:50 X

    J'ai mal pour mon pays