19-03-2026 15:51 - Dialogue : Dernière ligne droite ?
Le Calame -- Les préparatifs du dialogue politique national sont en passe d’aboutir. Les deux pôles politiques, majorité et opposition, ont tous remis leurs dernières recommandations au coordinateur national, Moussa Fall.
Ce dernier a déclaré que toutes les dispositions pour le démarrage de l’évènement sont prises, sans fixer aucune date à celui-ci. Il doit, avant cela, remettre sa synthèse, pour lecture et approbation, au président de la République qui peut, lui aussi, apporter quelques retouches qui ne renverront pas, on l’espère, le texte aux différents acteurs pour encore un autre tour de table.
Mais à en croire ceux du pôle de l’opposition et les déclarations à la sortie des dernières rencontres, les propositions des uns et des autres sont quasiment des clones des précédentes, ce qui incite à l’optimisme. Les dernières recommandations portent plus sur la composition de la commission, l’organisation et la gestion du déroulement du conclave.
Toutes les parties prenantes ont exprimé leur souhait de voir celui-ci se tenir différemment des précédents qui ont connu, excepté celui de la transition militaire 2005-2007, des échecs retentissants, ou vu leurs recommandations jamais mises en œuvre.
C’est pourquoi l’opposition a demandé une forte implication du président de la République et son engagement solennel à assurer l’implémentation effective de celles consensuelles qui sortiront du rassemblement tant attendu par les Mauritaniens.
Si Mohamed Cheikh Ghazouani a clairement souscrit à cette demande, il y a cependant quelques grains de sable qui risquent de gripper la machine. Certains viennent de tenter de saborder le processus.
Estimant, certes, que le dialogue ne doit pas évoquer les modifications constitutionnelles pouvant ouvrir la voie à un troisième mandat, ils s’opposent néanmoins au débat sur le règlement du passif humanitaire et à l’officialisation des langues nationales pulaar, soninké et wolof, accusant les anciens khadihines de travailler à cela.
Querelle idéologique ? Ces groupuscules pourraient avoir bénéficié de l’appui souterrain de divers partis politiques de la majorité, cette dernière toujours suspectée d’avoir traîné les pieds depuis le début des manœuvres.
La balle est désormais dans le camp du président de la République qui mettra à profit le reste du Ramadan pour apprécier la situation, mettant ainsi fin, on l’espère, à toutes les supputations et interrogations sur ce processus qui a pris toute une année pour se dérouler.
Les détracteurs du dialogue ne rateront pas l’occasion de continuer à le polluer, en s’emparant, notamment, de la question du troisième mandat, tout aussi écarté par le camp de l’opposition que par plusieurs partis de la majorité.
Un sujet à haut risque, pour ceux qui l’agitent et pour tout le pays. Ces trublions doivent tirer les leçons de la fin de mandat de l’ex-président Ould Abdel Aziz que ses thuriféraires ont voulu pousser à cette éventualité.
Hélas, certains de ceux qui ne juraient que par celui-ci et le considéraient comme l’indispensable continuateur des affaires du pays ont été les premiers à lui tourner le dos. Le contexte sous-régional et le risque d’implosion du tandem Diomaye-Sonko au Sénégal doit nous inciter tous à la vigilance. Jusqu’ici, notre pays a réussi à échapper à l’instabilité, nous avons le devoir de préserver cet acquis. Contre vents et marées.
Dalay Lam
