01-04-2026 15:37 - Mazilgha : un village en quête de reconnaissance et de justice
RIMNOW - Mazilgha fait partie des 19 villages relevant de la commune de Melzem Teychit, dans le département de Monguel. Ce village, issu de la sédentarisation progressive de populations autrefois nomades il y a près de trente ans, témoigne d’une installation ancienne, durable, mais encore aujourd’hui sujette à contestation.
Malgré ces décennies de présence, les habitants de Mazilgha continuent de faire face à des oppositions persistantes. Certains acteurs et d'anciens élus locaux s’opposent à la construction d’habitations en dur, avançant des revendications foncières sur une zone appelée « Taghat ».
Plus préoccupant encore, cette notion de « Taghat » est parfois étendue à l’ensemble du territoire communal, laissant entendre qu’aucune initiative ne pourrait être entreprise sans l’accord préalable de certains groupes, en dehors du cadre administratif officiel. Une telle interprétation remet en cause les principes fondamentaux de gestion foncière et l’autorité des institutions publiques.
Cette situation soulève de nombreuses interrogations, d’autant que, selon plusieurs témoignages, les tensions n’ont pas toujours été suffisamment contenues au niveau local. L’absence de régulation efficace a contribué à entretenir un climat de blocage, peu compatible avec les exigences de cohésion sociale et de développement territorial.
Pourtant, le cadre juridique est clair : en Mauritanie, la terre relève du domaine de l’État et son usage est encadré par des règles précises, applicables à tous les citoyens sans distinction. Les autorités administratives, notamment au niveau régional, départemental et communal, ont rappelé à plusieurs reprises que toute occupation ou exploitation foncière doit s’inscrire dans ce cadre légal.
Dans ce contexte, la situation de Mazilgha apparaît comme révélatrice de défis plus larges. Des habitants évoquent des pressions qui entravent leur volonté d’améliorer leurs conditions de vie, notamment à travers la construction d’habitations capables de résister aux aléas climatiques, entre fortes chaleurs et pluies saisonnières.
Au-delà du cas particulier de Mazilgha, la question posée est celle du modèle de gouvernance locale : celui d’un État de droit fondé sur des règles communes, ou celui de pratiques informelles qui fragilisent l’équité entre citoyens.
La Mauritanie, engagée dans une dynamique de modernisation et de consolidation de l’État de droit, ne peut ignorer ces situations. Elle est appelée à garantir, de manière effective, l’égalité d’accès aux droits, la sécurité foncière et la coexistence harmonieuse entre les communautés.
Comme l’a rappelé une autorité administrative locale :
« En l’absence de titres fonciers clairs, de nombreuses localités restent dans une situation de vulnérabilité juridique. »
Cette alerte, sans équivoque, met en évidence la nécessité de renforcer et de clarifier les règles en matière foncière, dans une perspective de justice sociale et de consolidation de l’État de droit.
Mazilgha n’est donc pas seulement un village.
Il incarne un enjeu plus large : celui de la reconnaissance, de la justice et de l’affirmation de l’État de droit.
Koda Ba
