30-04-2026 17:16 - Accuser la Mauritanie est une erreur : nos intérêts sont ceux d’un Mali stable et indivisible

Accuser la Mauritanie est une erreur : nos intérêts sont ceux d’un Mali stable et indivisible

INITIATIVES NEWS - Après les attaques meurtrières du 25 avril, revendiquées par le FPLA et le JNIM contre sept villes maliennes, des voix, parmi nos frères blogueurs maliens, ont mis en cause la Mauritanie, entre autres pays dont je préfère taire les noms.

Face à ces procès d’intention, il importe de rappeler une évidence géopolitique : l’instabilité du voisin n’a jamais servi Nouakchott. Un Mali en paix, souverain et uni constitue une condition vitale pour la sécurité de la Mauritanie.

Les attaques coordonnées et simultanées menées par le FPLA et le JNIM contre sept villes maliennes, avec leur lourd tribut humain et matériel, et les informations faisant état de la mort du ministre malien de la Défense et des Anciens Combattants, ont suscité émotion, colère et parfois des accusations hâtives mettant en cause la Mauritanie comme soutien des assaillants.

Face à cela, ma première parole est une parole de compassion. J’adresse mes condoléances au peuple malien, peuple frère, ami et voisin, meurtri par ces attaques lâches. Mon vœu, comme celui de nombreux Mauritaniens, demeure celui d’un Mali en paix, souverain et indivisible.

Car la paix au Mali n’est pas seulement une nécessité pour les Maliens ; elle constitue aussi un impératif stratégique pour la Mauritanie, liée au Mali par plus de mille kilomètres de frontière et par une histoire commune.Si je prends la parole sur ce sujet, c’est aussi parce que mes liens avec le Mali ne sont ni abstraits ni circonstanciels.

Mon grand-père, mon homonyme, y a servi plus d’un demi-siècle, notamment à Tombouctou, Gao, Hombori, Goundam et Kidal, où il a tissé des liens profonds avec les communautés songhaï, arabes, touarègues et peules.

Nous y avons des attaches de sang et d’alliance ; le frère consanguin de mon père repose à Gao, et mon père est né à Tombouctou.

Fort de cela, je puis affirmer sans ambages que la Mauritanie n’a aucun intérêt, ni politique, ni sécuritaire, ni moral, à contribuer à l’instabilité du Mali.

Premièrement, la Mauritanie et le Mali partagent une communauté de destin sécuritaire.

Toute aggravation du conflit malien a des répercussions immédiates sur la Mauritanie. Avec déjà des centaines de milliers de réfugiés maliens sur son sol, nul ne peut croire qu’un embrasement du Mali servirait les intérêts mauritaniens.

Lorsque le voisin brûle, l’incendie menace aussi votre maison.

Deuxièmement, les interdépendances économiques et pastorales entre nos peuples sont anciennes et vitales. Les espaces frontaliers ont toujours été des lieux d’échanges, de circulation et de solidarité.

L’insécurité au Mali perturbe ces équilibres ; elle ne profite en rien à la Mauritanie.

Troisièmement, la menace djihadiste est transfrontalière. Imaginer que la Mauritanie soutiendrait des groupes armés dont le projet est d’ébranler tous les États du Sahel relève du contresens.

L’intérêt mauritanien est exactement inverse : contenir, repousser et contribuer à vaincre cette menace.

Quatrièmement, la Mauritanie est attachée à l’unité du Mali comme à la sienne propre. Encourager une partition du Mali créerait un précédent périlleux pour toute la sous-région. La remise en cause de l’intégrité territoriale des États ouvrirait une boîte de Pandore aux conséquences incalculables.

Dès lors, accuser la Mauritanie de complicité procède davantage du réflexe émotionnel que de l’analyse. Ces accusations ne résistent ni à la géopolitique, ni aux intérêts objectifs des États, ni aux positions officielles de la Mauritanie, qui a toujours soutenu le Mali dans la lutte contre le terrorisme et n’a jamais cautionné les entreprises séparatistes.

La vérité est simple : l’intérêt de la Mauritanie n’est pas un Mali affaibli ou divisé, mais un Mali stable, fort et indivisible. Tout le reste n’est que procès d’intention.

Par Khalil Youssoufi Tandia,
juriste et expert électoral





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Commentaires (2)

  • ouldsidialy (H) 03/05/2026 12:13 X

    Une forme de soutien à la libre expression amène à la tirer vers le haut par la critique sans concession. Allons-y :

    1) "des blogeurs maliens., ....ont mis en cause la Mauritanie, entre autres pays dont je préfère taire les noms." Mais vous pouvez les nomer ! Vous ne risquez pas la décapitation si vous citez : La France, l'Ukraine, l'Algérie. Cela ne vous enlèvera pas de la bouche le pain de la providence, si vous citez les pays évoqués par le côté mauritano-atlantique : La russie, la chine, les organisations transnationales islamistes non coopérantes : Daech en ce moment ça va pas du tout mais le JNIM-Al-Qaïda semble s’être amélioré : il reste terroriste mais moins diabolique. LOL

    2) " J’adresse mes condoléances au peuple malien, " heu......; Je suis prêt à me joindre à vous, si vous me dites à quel titre. alors que je ne représente que moi-même.

    2) "Mon grand-père () à Tombouctou () et Kidal, où il a tissé des liens profonds() Nous y avons des attaches () ; le frère consanguin de mon père repose à Gao, et mon père est né à Tombouctou."

    3) Ah enfin ! Quelque chose de personnel, quelque chose de fort pour dire de façon crédible un point de vue utile pour mieux comprendre la situation. Des choses qui font que votre point de vue puisse être éclairant pour le lecteur.

    4) HÉLAS, tout de suite après, c'est "boum ba da boum ! " Fort de cela, je puis affirmer sans ambages que la Mauritanie n’a aucun intérêt, ni politique, ni sécuritaire, ni moral, à contribuer à l’instabilité du Mali."

    5) Quelles sont vos sources pour des questions aussi compliquées ? Quelle fonction avez-vous dans l'appareil d'État mauritanien pour être sûrs de vos assertions ? Si vous avez des responsabilités en Mauritanie, diriez-vous autre chose, même si la réalité est plus complexe ? Qu'apportez-vous à clamer un discours officiel pour lequel d'autres sont payés ?

    6) Dans la suite de votre propos, on ne vous reprochera pas les reprises et les copier-coller d'énoncés généraux. Vous signez en expert de quelque chose, c'est sûrement un incontournable pour les experts. Je ne sais pas , je ne suis expert en rien.

    7) Je vois une piste éventuelle : Vous poursuivez des préoccupations (personnelles ou collectives) auprès des autorités de votre pays : cela est bienvenu autant que légitime. Alors vous faites du bénévolat, en attendant mieux. Un bénévole a droit à une formation, le salaire peut suivre ou pas. Cela se demande "sans ambages", comme vous dites.

    8) Mais peut-être, êtes-vous comme moi : Juste curieux de comprendre les choses pour lesquelles je me sens concerné et l’envie d’agir, ma libre expression. Mettez-vous humblement dans les commentaires ou faites des articles, mais parlez des choses avec votre ressenti. Ce qui n’est pas la même chose que la libération instinctuelle des sentiments.

  • analagjar (H) 30/04/2026 17:32 X

    Correct!!!