04-05-2026 07:00 - Tribune de l'ambassadeur de France pour le sommet Africa Forward des 11 et 12 mai prochains à Nairobi
Le Sommet Africa Forward : la concrétisation de partenariats équilibrés et tournés vers l’avenir entre le continent africain et la France
Près de dix ans après le discours du Président de la République Emmanuel Macron à Ouagadougou, qui a posé les bases d’un renouvellement des relations entre la France et les pays africains, le Kenya et la France co-organisent le sommet Africa Forward les 11 et 12 mai 2026 à Nairobi.
Ce renouvellement s’appuie sur des relations partenariales d’égal à égal et de respect fondées sur des intérêts partagés et des résultats concrets comme l’a illustré avec éloquence la visite d’Etat historique du président Ghazouani en France en avril.
Depuis neuf ans, de nombreuses initiatives ont été mises en oeuvre : fin de notre présence militaire permanente et fermeture des bases au Sénégal, Tchad, Gabon et en Côte d’Ivoire privilégiant les actions de formation (21 écoles nationales à vocation régionales (ENVR)) ; soutien à la représentativité du continent africain dans les instances internationales ; mobilisation de nos partenaires avec l’organisation de sommets en faveur de l’essor économique du continent (Conférence sur le financement des économies africaines en 2021 et Sommet de Paris pour un Nouveau Pacte financier mondial en 2023), de la lutte contre le réchauffement climatique (One Forest Summit au Gabon en 2023), du renforcement de la souveraineté alimentaire (initiative Food & Agriculture Resilience Mission en 2022), de la production de vaccins en Afrique (Forum mondial pour la souveraineté et l’innovation vaccinale en 2024), ou encore de la protection des océans et de la valorisation de l’économie bleue (Sommet des Océans des Nations Unies à Nice en 2025).
De la même manière, la France a su regarder son passé colonial en face, avec la volonté d’avancer dans un esprit de dialogue. Le travail de mémoire sur les actions de l’Etat et de l’administration française a été lancé (Rwanda, Sénégal, Cameroun), et un mouvement sans précédent sur les questions de restitution des biens culturels a été engagé (Bénin, Algérie, Sénégal, Madagascar, Côte d’Ivoire).
Très concrètement, en Mauritanie, cet engagement renouvelé de la France s’est conclu par :
- Une relation économique renforcée avec une croissance des investissements français qui participent à la construction d’une prospérité partagée : près de 40 entreprises présentes, 2000 emplois directs, formation de centaine de jeunes, plus de 340 millions d’euros d’échanges commerciaux. Lors de la visite d’Etat, près d’une centaine d’entrepreneurs mauritaniens et investisseurs français ont ainsi échangé et tissé des nouveaux liens pour élargir et renforcer cette dynamique ;
- Des investissements solidaires consolidés à travers le doublement au cours des deux dernières années du portefeuille de projets de la France en Mauritanie pour atteindre un niveau d’engagement de près de 500 millions d’euros avec une priorité donnée à la jeunesse (formation professionnelle, entreprenariat), à l’agriculture et à la souveraineté alimentaire, et aux infrastructures durables en particulier dans les secteurs de l’eau et de l’énergie.
- Des liens humains approfondis aussi bien dans le domaine éducatif avec la croissance du nombre d’étudiants mauritaniens en France que par la mise en valeur d’artistes mauritaniens qui, comme BRMX ou Nour Mint Seymali font rayonner les talents de la Mauritanie dans toute leur diversité de la scène de l’Institut français à Nouakchott jusqu’aux salles de concert parisiennes. Dans la même dynamique, le sommet Africa Forward, accueilli et co-présidé pour la première fois avec un pays anglophone, incarnera la profonde transformation des liens que la France a initiés avec les pays africains depuis bientôt 10 ans, fondée sur une reconnaissance assumée du passé et sur la volonté de construire des partenariats équilibrés et projetés vers l’avenir.
Il sera l’occasion de démontrer l’engagement de la France, des pays africains et autres acteurs majeurs du continent comme la Banque Africaine de Développement, présidée par Sidi Ould Tah, pour accélérer les investissements croisés tout en construisant et finançant des solutions concrètes aux défis communs : renforcement des systèmes de santé, souveraineté alimentaire, compétitivité dans le domaine du numérique, accès à l’énergie et connectivité. Il sera l’illustration de la richesse et de la diversité des relations entre le continent africain et la France, qui se tissent autour d’une pluralité d’acteurs – Etats, entreprises, jeunesses, artistes, diasporas, avec une place centrale accordée aux jeunesses et au secteur privé.
Les résultats du sommet, tournés vers l’action et construits avec l’ensemble des chefs d’Etat et de gouvernement du continent, permettront de consolider les liens qui unissent l’Afrique et la France, et de nouer des partenariats tournés vers l’avenir.
Je me réjouis à cet égard que, parallèlement à la participation au sommet des autorités mauritaniennes, et à la contribution des représentants d’entreprises mauritaniennes au forum d’affaires du 11 mai, des jeunes acteurs dynamiques de la société civile mauritanienne comme Mo Le Sportif ou Fayol Ba puissent également se rendre à Nairobi. Ils y porteront la voix de la jeunesse mauritanienne et mettront en valeur sa contribution concrète et centrale au renouvellement des relations entre la France et le continent africain.
Emmanuel Besnier
Ambassadeur de France en Mauritanie
