03-06-2026 09:12 - Editorial du Calame : Vache-à-lait

Editorial du Calame : Vache-à-lait

LE CALAME - Ils ont sans doute eu le tournis à l’occasion de la fête d’El Adha. Ils, ce sont les pauvres de famille. Confrontés à la montée vertigineuse des prix du gaz, des hydrocarbures, du transport et des denrées alimentaires, pour ne citer que ceux-là, les voilà obligés de payer le prix fort pour acquérir un bélier et se conformer ainsi à la Sunna du prophète (PSL).

Les moutons se monnayaient, en effet, cette année autour de 100.000 MRO, un seuil jamais atteint auparavant. Vous imaginez le casse-tête chinois auquel sont confrontés les hommes qui doivent, en même temps, habiller les enfants et satisfaire les caprices de leur deuxième moitié.

Si, en plus, les salaires ne sont pas alignés sur le niveau de vie et n’augmentent qu’au compte-gouttes, le mal de tête est garanti. Comment peut-on dans ces conditions demander à un salarié d’être désintéressé et productif ? D’être à l’écoute des usagers et de s’approcher des citoyens ?

Quand on n’a pas de quoi assurer le repas du jour, de soigner un malade ou de faire face à la moindre obligation sociale, il est utopique de demander des résultats à un fonctionnaire, quel que soit son niveau de responsabilité, ou de remplir une mission quelle qu’elle soit.

Il pensera d’abord à grignoter de petites marges par-ci et par-là pour arrondir ses fins de mois. Et comme l’appétit vient en mangeant, plus il monte en grade, plus les besoins s’amplifient et plus les marges augmentent jusqu’à devenir un fossé qui engloutit tout sur son passage.

L’Etat n’est plus alors qu’une vache-à-lait que chacun traie de son côté. Et ce depuis que les militaires venus sauver le pays l’ont entrainé dans une spirale infernale. Heureusement que la Mauritanie n’est pas une boutique. Elle aurait mis la clé sous la porte depuis bien longtemps…

Ahmed ould Cheikh





Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 1
Lus : 544

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (1)

  • ouldsidialy (H) 03/06/2026 12:37 X

    Bonne nouvelle pour la sécurité alimentaire des Mauritaniens et la résilience stratégique de l'élevage.

    1) Un mouton moyen à 100 krmo, c'est environ 200 euros. Deux conséquences : le mouton est moins incité à l'exportation. L'appât FCFA se relativise.

    2) La pression démographique dans les pays soudano-sahéliens et forestiers, additionnée de l'effondrement fourrager en zone sahélienne aride, fait que la zone aride est menacée de déficit en viande rouge. Le marché intérieur doit consentir un effort de compétitivité des prix. (a) La balance devise est aussi davantage impactée par l'import de viande congelée qu'elle n'est servie par le CFA de contrebande.

    3) Les Mauritaniens qui sont forts à réclamer des emplois tombés du ciel devraient faire des calculs sur l'emploi tombé des besoins, chez eux. Une filière, production-commercialisation-distribution-valorisation de la viande, crée plus d'emplois que production-trade de la viande sur pied à l'export. Les Mauritaniens qui sont forts à parler de patriotisme devraient y réfléchir.

    4)(a) Au prix de 200 euros, animal sur pied – au moins pour l'Aïd –, l'offre locale est mieux défendue contre le mouton congelé. Au moins celui-là !! Car le bœuf congelé a déjà envahi le marché des nouveaux modes de consommation, sans que les Mauritaniens ne s’en alarment. Ils attendent que le méchoui des "DIBITERIES" se fasse comme à Abidjan, avec du bœuf brésilien et le couscous du soir aussi, et ne voient pas le rapport avec le mouton… Le poulet local sans production de grains locaux est perdu d'avance. Cela est masqué par l'effet passager des vrais faux investissements privés dans le secteur. Qui sont en réalité des allers-retours de trésorerie, couplés à un levier de ventes à l’État avec zéro risque d’endettement privé… Renseignez-vous, vous comprendrez. Ce n’est pas spécifiquement mauritanien, c’est toute l’Afrique de l’Ouest.