01-08-2026 17:38 - Ould Abdel Malek et Ould Bouhoubeini, Ã boulets rouges!
LA DÉPÊCHE - Le président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), El Bekaye Ould Abdel Malek, a vivement répondu aux déclarations de son prédécesseur, Ahmed Salem Ould Bouhoubeini, l’accusant d’avoir délibérément compromis le processus de renouvellement de l’accréditation internationale de l’institution.
Dans un communiqué, El Bekaye Ould Abdel Malek affirme que son prédécesseur « a fait tout ce qui était en son pouvoir » pour que la Commission perde son statut d’accréditation de catégorie « A », dans le but de pouvoir revendiquer ultérieurement le mérite de l’avoir obtenu et de laisser croire qu’il avait disparu dès son départ de l’institution.
Le président de la CNDH estime que les critiques formulées par Ahmed Salem Ould Bouhoubeini à l’encontre de la nouvelle direction ne sont pas surprenantes. Selon lui, l’ancien responsable cherche systématiquement à minimiser le travail de ses successeurs tout en s’attribuant l’ensemble des réalisations de la Commission.
El Bekaye Ould Abdel Malek rappelle que l’accréditation de catégorie « A », délivrée par l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’homme sous l’égide des Nations unies, est valable pour une durée d’environ cinq ans et nécessite le dépôt d’un nouveau dossier à l’issue de cette période.
Il précise que le 1er avril 2025, soit un mois avant la fin du mandat de son prédécesseur, la sous-commission chargée des accréditations avait adressé à ce dernier une notification officielle l’invitant à soumettre le dossier de renouvellement avant le 1er juin 2025. D’après lui, Ahmed Salem Ould Bouhoubeini n’a ni préparé ce dossier dans les délais ni transmis cette correspondance lors de la passation de pouvoirs, malgré l’importance de l’échéance.
Le président actuel raconte avoir découvert la situation seulement le 27 mai 2025, soit trois jours avant la date limite, lorsqu’il en a été informé par le secrétaire général de la Commission. Il affirme avoir alors mobilisé les équipes « comme dans une cellule de crise », travaillant jour et nuit entre Doha et Nouakchott afin de finaliser le dossier dans les temps.
Selon lui, le dossier principal a finalement été déposé avant l’expiration du délai, à l’exception du rapport annuel qui n’était pas disponible en français. Une prolongation aurait été accordée par les instances compétentes pour permettre la traduction de ce document, avant que le processus d’évaluation ne se poursuive au cours des mois suivants à travers plusieurs demandes d’informations complémentaires.
S’agissant de la nomination des membres de la Commission, El Bekaye Ould Abdel Malek rejette les critiques de son prédécesseur, qu’il qualifie de « prétexte ».
Il soutient que les retards observés ne sont pas exceptionnels et rappelle que des délais plus longs avaient déjà été enregistrés durant le second mandat d’Ahmed Salem Ould Bouhoubeini. Il suggère également que ce dernier aurait anticipé la publication prochaine du décret présidentiel nommant les nouveaux membres afin d’occuper le devant de la scène médiatique.
Ces déclarations interviennent après qu’Ahmed Salem Ould Bouhoubeini a mis en garde contre un risque de rétrogradation de la CNDH, estimant que l’absence de membres pendant plus d’une année compromettait le fonctionnement normal de l’institution et son évaluation internationale. Il avait jugé qu’un déclassement devenait « presque inévitable » si cette situation perdurait, appelant les autorités à agir rapidement pour préserver l’accréditation de la Commission.
