13-08-2026 15:10 - Vidéo. Mauritanie: les premiers balbutiements du Paren Ve, le nouveau-né politique
Le360 Afrique -- Détenteur d’un récépissé de reconnaissance après une procédure marathon, marquée par l’obligation de trouver 5.000 parrains dans les 13 régions de Mauritanie, le Parti de la Renaissance pour le Vivre Ensemble (Paren Ve), a lancé ses activités.
Paren Ve, formation née de l’héritage du courant incarné par la coalition de feu le Dr Kane Hamidou Baba, ex-candidat à l’élection présidentielle de 2019, est dirigé par le Pr Mamadou Moustapha Bâ.
Le Paren Ve a organisé un rassemblement politique qui a connu avec une forte mobilisation des militants venus de toutes les localités de Mauritanie, de nombreux invités, couplé à une séance de questions réponses animée par des journalistes.
«Lorsque les vents de l’Histoire soufflent, il revient aux consciences éveillées de dresser les voiles», déclare le président Bâ en ouverture. D’entrée de jeu, le ton est donné: le Paren Ve ne se positionne pas comme un parti classique, mais comme une réponse à une urgence nationale.
Ce nouveau parti politique s’ancre dans un contexte politique tendu, où le tribalisme, la corruption, l’exclusion et la confiscation de l’État par une minorité de privilégiés sont dénoncés sans détour.
Le président du Paren Ve fustige «des élites qui ont confondu pouvoir et privilège», des institutions «au service des forts», et une Mauritanie «encore incapable de faire coexister harmonieusement ses composantes nationales».
Pour apporter des réponses aux maux dont souffre le pays, Mamadou Moustapha Bâ expose le projet de société d’un parti, dont l’ADN est la cohésion, l’unité nationale et décline les 10 engagements de la formation, qui entend transformer l’essai de la reconnaissance par une présence dans les conseils municipaux et à l’Assemblée nationale à l’occasion des prochaines échéances électorales.
Ces 10 engagements portent «sur la restauration de la confiance entre l’État et le citoyen. Faire de la jeunesse une priorité nationale» dans un contexte social marqué par le chômage. Le troisième engagement exprime la volonté «de mettre en place une économie nationale créatrice d’emplois».
«Refonder une école mauritanienne, plongée dans une crise profonde depuis plusieurs décennies. Garantir un large accès aux services de santé, pour réduire les évacuations» hors du territoire national, notamment vers le Sénégal, le Maroc, la Tunisie, figurent aussi parmi les priorités du parti.
Au plan de la gouvernance, le Paren Ve s’engage «à gérer les ressources nationales dans l’intérêt du peuple. Faire de la cohésion nationale une priorité absolue. Consolider la démocratie et les libertés publiques. Préparer la Mauritanie aux défis de demain. Restaurer l’éthique dans la vie publique».
Ce parti dit attacher une importance capitale au règlement du passif humanitaire des années 1989/1991, pour redonner à la Mauritanie une véritable cohésion nationale.
Reste à savoir si ce parti qui vient d’obtenir son récépissé en dépit des nouvelles conditions rendant celui-ci difficile à obtenir, pourra réellement unir les Mauritaniens autour d’un véritable projet de société ou si sera tout simplement un parti de plus dans l’échiquier politique mauritanien.
Par Amadou Seck (Nouakchott, correspondance)
