02-10-2026 20:19 - Mauritanie : une zone industrielle de 800 hectares en projet au sud de Nouakchott
Capmad -- Devant la Fédération de l'industrie, des mines et de l'énergie, Dy Ould Zeine a officialisé le démarrage des travaux d'une zone industrielle de 800 hectares au sud de Nouakchott, conçue pour devenir la plus vaste plateforme manufacturière intégrée du continent africain.
Le 29 septembre 2026, le ministre mauritanien des Mines et de l'Industrie, Dy Ould Zeine, a annoncé à Nouakchott le lancement des travaux d'une zone industrielle de 800 hectares dans la wilaya du Trarza, à environ 50 kilomètres au sud de la capitale, un projet présenté comme la plus grande zone industrielle du continent africain.
Cette annonce a été faite lors de l'Assemblée générale ordinaire de la Fédération de l'industrie, des mines et de l'énergie, affiliée à l'Union nationale du patronat mauritanien, où le ministre a décrit la future zone comme une plateforme destinée à « propulser les industries locomotives » du pays, en insistant sur le rôle des réformes juridiques et institutionnelles menées ces dernières années dans le secteur industriel.
Le gouvernement avait déjà approuvé, en janvier 2026, un projet de décret créant cette zone industrielle « moderne, aménagée et bien équipée » sur 800 hectares au sud de Nouakchott, avec pour objectif explicite de concentrer une part significative de l'activité économique, de favoriser la transformation locale des matières premières nationales et de générer des emplois durables pour les jeunes et les femmes.
Le site retenu se situe dans le Trarza, région riveraine du fleuve Sénégal, ce qui offre au projet un accès à la fois au Port autonome de Nouakchott et au corridor routier vers le sud, et s'inscrit dans la volonté du gouvernement de doter l'industrie d'infrastructures « modernes » capables d'absorber de nouveaux investissements manufacturiers.
Un projet inscrit dans la stratégie de diversification industrielle de la Mauritanie
Selon Dy Ould Zeine, la nouvelle zone doit servir de socle à des « industries locomotives » capables de tirer l'ensemble de l'économie, dans un pays dont la croissance reste fortement exposée aux cycles des matières premières minières et énergétiques.
Le ministère des Mines et de l'Industrie avait déjà, au printemps 2026, évoqué un plan d'action pour créer une grande zone industrielle au sud de Nouakchott sur 800 hectares, dans le cadre d'une stratégie visant à renforcer les industries de transformation et à diversifier l'économie nationale au-delà de l'exportation de produits bruts.
Cette orientation rejoint les messages portés par la Mauritanie lors du forum de la Banque africaine de développement sur les minerais à Abidjan, où Dy Ould Zeine a mis en avant la nécessité de capter davantage de valeur ajoutée sur le territoire, notamment via des unités de transformation liées aux chaînes de valeur minières et énergétiques.
Un écosystème d'infrastructures en construction autour de Nouakchott
Parallèlement à ce projet de grande zone industrielle, trois candidats restent en lice pour développer et exploiter une zone dédiée au secteur de l'énergie et du gaz à Nouakchott (ZESN), une plateforme logistique d'environ 20 hectares au sud du Port autonome, conçue pour soutenir les activités pétrolières et gazières offshore.
Dès décembre 2025, un comité ministériel présidé par le Premier ministre avait été chargé de sélectionner le site le plus approprié pour une nouvelle zone industrielle, sur la base de critères combinant proximité des agglomérations, impacts environnementaux, disponibilité des infrastructures de base, accès au port et connectivité routière.
Cette montée en puissance des projets industriels et logistiques autour de Nouakchott s'inscrit dans une trajectoire plus longue de planification d'infrastructures, évoquée dès la fin des années 2010 dans les déclarations de politique générale du gouvernement, qui mentionnaient déjà des études pour la création de zones spécialisées dédiées à l'activité pétrolière et gazière.
Articulation avec les autres zones et enjeux pour les investisseurs
La future zone industrielle du Trarza viendra compléter le dispositif existant autour de l'Autorité de la Zone franche de Nouadhibou, créée pour attirer des entreprises industrielles, de services et de négoce à travers un régime fiscal et douanier allégé et la mise à disposition de terrains et de bâtiments aménagés.
Les travaux de la Banque mondiale sur le développement des zones économiques en Mauritanie soulignent que la crédibilité de ces dispositifs dépend de la capacité de l'État à doter les sites d'infrastructures fiables, à clarifier la gouvernance foncière et à assurer une coordination efficace entre les administrations sectorielles et l'autorité de régulation.
Dans un secteur extractif où la plupart des opérateurs étaient historiquement concentrés dans quelques pôles miniers, l'extension vers une grande zone industrielle polyvalente au sud de Nouakchott ouvre un nouveau front d'implantation pour les entreprises cherchant à coupler transformation, logistique et services.
Réunion interministérielle à venir sur la mise en œuvre à Trarza
La création, fin 2025, d'une commission technique multisectorielle chargée de proposer le site le plus adapté pour la nouvelle zone industrielle préfigure une séquence où l'exécutif devra arbitrer entre exigences environnementales, contraintes urbaines et besoins des investisseurs, dans la continuité des instructions du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani en faveur de zones industrielles « modernes ».
Les prochains mois devraient être rythmés par les travaux de cette commission et par la sélection des partenaires privés sur les projets logistiques et énergétiques connexes, étape clé pour aligner le calendrier de la zone industrielle de 800 hectares du Trarza avec celui de la zone énergétique ZESN au sud du port de Nouakchott.
