14-10-2026 00:57 - 2 membres sur les 21 du comité exécutif de la CAF s’opposent au retour de la CAN chaque 2 ans
LINFODROME -
Selon le journaliste d’investigation Romain Molina, deux membres sur les 21 du comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF), s’opposeraient au retour de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) à une périodicité biennale.
Cette position aurait été exprimée par Ahmed Yahya et Souleiman Waberi, dans le cadre des discussions sur la réforme du calendrier de la compétition, relancées début octobre 2026 au Cap-Vert.
« Deux présidents et membres du Comité exécutif de la CAF se sont opposés à l’organisation de la CAN tous les deux ans : Ahmed Yahya (Mauritanie) et Souleiman Waberi (Djibouti), bien que ce dernier ait été désavoué par sa propre assemblée générale », a révélé Romain Molina sur ses réseaux sociaux, le 11 octobre 2026.
2 opposants minoritaires
Ahmed Yahya est le président de la Fédération mauritanienne de football (FFRIM), tandis que Souleiman Waberi dirige la Fédération djiboutienne de football (FDF). Les raisons de leur opposition n’ont pas été précisées. D’après les informations rapportées par Romain Molina, ils seraient minoritaires au sein du comité exécutif, où le retour au rythme biennal serait soutenu par une majorité de membres, notamment en raison des retombées financières de la compétition.
Pour Romain Molina, ce changement serait ainsi davantage "lié aux rapports de force et aux alliances politiques qu’aux seuls intérêts sportifs du continent".
Cette opposition intervient alors que la CAF semble revenir sur sa décision de faire passer la CAN à une périodicité de quatre ans à partir de 2028. Moins d’un an après cette annonce, faite à la veille du début de la CAN 2025, le président de l’instance, Patrice Motsepe, a indiqué que le retour à une organisation tous les deux ans faisait l’objet d’un examen. Cette déclaration a été faite en marge de la conférence stratégique de la CAF organisée au Cap-Vert, début octobre 2026.
Le dirigeant sud-africain a ainsi relancé le débat sur la fréquence de la compétition phare du football africain, alors que le passage à un cycle quadriennal avait été présenté comme une réforme du calendrier continental.
Pour les défenseurs d’un retour à une CAN tous les deux ans, la périodicité biennale permettrait de préserver les revenus générés par le tournoi. La compétition constitue en effet une source majeure de financement pour la CAF, grâce notamment aux droits commerciaux et audiovisuels.
Les intérêts du football africain menacés
À l’inverse, un rendez-vous organisé tous les quatre ans pourrait réduire la fréquence de ces recettes et fragiliser l’équilibre économique de l’instance. Toutefois, selon Romain Molina, les considérations financières ne seraient pas les seules à expliquer ce revirement.
Le journaliste évoque également les tensions entre l’Union européenne des associations de football (UEFA) et la Fédération internationale de football association (FIFA), ainsi que les alliances politiques au sein des instances dirigeantes du football mondial.
Le passage à une CAN tous les quatre ans avait notamment été perçu comme une concession aux grands clubs européens, régulièrement confrontés à la libération de leurs internationaux africains pendant la saison. Le retour envisagé au rythme biennal pourrait donc modifier les équilibres entre les intérêts des clubs, les contraintes du calendrier international et les besoins économiques du football africain.
Pour Romain Molina, ce changement serait ainsi davantage "lié aux rapports de force et aux alliances politiques qu’aux seuls intérêts sportifs du continent". À ce stade, la CAF n’a toutefois pas officiellement confirmé l’abandon définitif de la réforme quadriennale.
par Othniel KOUASSI
