20-10-2026 14:08 - Affaire SOMELEC : les limogeages suffiront-ils à clore le dossier ?
Le Rénovateur Quotidien -- Le départ du ministre de l’Énergie et le limogeage du directeur général de la SOMELEC ont marqué les premières conséquences politiques des incendies qui ont frappé plusieurs postes de transformation électrique à Nouakchott. Mais au-delà de ces décisions, une question demeure : qu’adviendra-t-il de la longue chaîne des responsabilités révélée par l’enquête ?
La publication du rapport a mis en lumière des défaillances touchant à la gestion du secteur, à l’exécution des marchés et aux mécanismes de contrôle.
Négligences, insuffisances dans le suivi et possibles complaisances :
les faits relevés interrogent moins des individus isolés que le fonctionnement d’un système.
Dans la foulée, le gouvernement a été remanié. Le Premier ministre a été reconduit, le ministre de l’Énergie a perdu son poste et le directeur général de la SOMELEC a été limogé.
Des décisions qui traduisent une volonté de marquer les conséquences politiques de l’affaire, sans pour autant régler la question de fond.
Car les responsabilités ne s’arrêtent pas nécessairement aux plus hauts niveaux de la hiérarchie. Elles peuvent également concerner les procédures de passation des marchés, le contrôle des travaux, la conformité des équipements et les conditions de leur réception.
Si des manquements ont été établis à ces différents niveaux, les changements de personnes ne sauraient tenir lieu de réponse définitive.
Le risque serait de faire des limogeages un point final, alors qu’ils ne constituent qu’un premier acte. Les conclusions du rapport appellent un suivi rigoureux, des responsabilités clairement établies et, lorsque les faits le justifient, des sanctions administratives, financières ou judiciaires. Elles devraient aussi conduire à corriger les défaillances qui ont permis de tels incidents.
L’enjeu dépasse donc le sort des responsables écartés. Il touche à la transparence des marchés publics, à la qualité du contrôle et à la protection des infrastructures essentielles.
Sans mesures correctives vérifiables, rien ne garantit que les mêmes pratiques ne se reproduiront pas sous de nouvelles équipes.
Au fond, la question n’est pas seulement de savoir qui a perdu son poste, mais si tous les manquements seront examinés et si les conclusions de l’enquête produiront des effets durables.
Si les sanctions devaient se limiter aux limogeages, la mauvaise gestion aurait encore de beaux jours devant elle.
