20-04-2012 13:25 - Les filles, 25% de l’effectif de l’Université de Nouakchott
Pour les élections municipales, les femmes ont droit à un quota minimal correspondant à 20 % des sièges de conseils municipaux. En effet, et pour favoriser l’élection de femmes et sous peine d’irrecevabilité, les listes candidates aux élections municipales doivent être établies de manière à placer les candidates à des places éligibles, en fonction du nombre de conseillers prévus.
Résultat : les 26 parlementaires féminins sous mandat de diverses obédiences politiques actuellement peuvent débattre dans leurs chambres respectives au nom de telle région ou tel village – et, de même, profiter de cette position de choix. Mais, à la « Bâdiyya » ou au village, les hommes tiennent toujours, aux yeux de tous, les ficelles du « local ». Et donc, leur place au niveau du système du pouvoir. Mais la femme mauritanienne veut et va continuer à réclamer plus.
Elle veut contribuer au développement et occuper une place de choix, dans la promotion des activités économiques. Leur part reste limitée aujourd’hui. La contribution des femmes au PIB mesurée à partir de leur présence dans les différents secteurs d’activité a augmenté passant de 23,5% en 1988 à 28,1% en 2000. Ce niveau n’a presque pas évolué ou ne l’a été qu’en faibles dents de scie. Les secteurs d’activité des femmes sont dans l’ordre : l’agriculture (avec 48,6% des femmes actives), l’administration (14,6%) et le commerce (13,5%.)
En matière de scolarisation, la parité semble en bonne voie pour le premier cycle de l’enseignement secondaire. L’objectif est en bonne voie d’atteinte (taux de participation des filles est de 46% en 2005) et il est fort probable qu’il soit réalisé en 2012. Les stratégies de sensibilisation et de mobilisation des communautés, notamment dans des régions où la réticence est forte, sont couronnées de succès.
Enfin, pour l’enseignement supérieur, l’objectif de parité reste très loin. Les filles ne représentent que 24,5% de l’effectif à l’Université de Nouakchott et il est difficilement envisageable d’atteindre cet objectif en 2015. La Notion de genre semble encore piétiner toujours en Mauritanie même si les chiffres et indicateurs démontrent un décollage net.
Tout porte à croire que la femme mauritanienne veut et peut faire plus et surtout dépasser les chiffres et indicateurs précités. Les femmes mauritaniennes veulent occuper plus de la moitié des élus au parlement mauritanien, au sénat, se hisser même à la tête des municipalités des zones les plus reculées en Mauritanie.
Dr Anthioumane Wague
