27-04-2012 18:47 - Agitations scolaires : Une année blanche est-elle inévitable ?
Avec la persistance et la multiplication des agitations scolaires, dans les milieux enseignant, écolier et universitaire, les chances d’éviter une année blanche s’amenuisent de plus en plus, alors que l’organisation des examens de fin d’année est désormais au portillon, menacée d’éventuels troubles fatals dont la grève des professeurs prévue début mai et la violente escalade survenue hier entre étudiants et forces de l’ordre dans le campus, obligeant les autorités à l’arrêt total des cours jusqu’à nouvel ordre.
Après les incidents de l’Iseri et les problèmes qui continuent de minier cet établissement de l’enseignement supérieur religieux, l’université de Nouakchott a été le théâtre mercredi dernier de vifs affrontements entre les forces de l’ordre et les étudiants dont plusieurs avaient été arrêtés suite à ces accrochages.
Placé sous le slogan du mercredi de la colère, les manifs des étudiants, jugées apolitiques, étaient destinées à relancer la plateforme des revendications de cette famille de l’enseignement supérieure notamment l’autorisation aux universitaires expulsés de reprendre les cours aux côtés de leurs collègues.
Parallèlement à ces agitations qui n’augurent pas de répit dans les prochains jours, les syndicats des professeurs (Sipes) et du fondamental (Sens) devront mettre à exécution leur préavis de grève général qui prend effet à partir du 2 mai prochain pour une durée de 15 jours.
Un débrayage qui coïncide avec la période des examens de fin d’année ; comme si ces initiateurs en avaient profondément muri le choix, certains que ce sera une arme très efficace pour pousser les pouvoirs publics à lâcher du lest, à négocier et à satisfaire leurs doléances, au lieu de recours à toutes les voies d’intimidation comme la suspension des salaires, le recrutement d’un personnel de substitution non qualifié et la répression des sit-in et des manifestations.
Tous ces ingrédients réunis aujourd’hui inquiètent les parents d’élèves qui espèrent ne pas voir leurs gros efforts pour assurer la scolarité de leurs enfants pendant des années, partir en fumée. Il n’est pas encore trop tard, mais le spectre d’une année blanche pèse de tout son poids, à moins que les autorités, témoins d’un enseignement qui se cherche encore, n’optent pour un passage de forme pour éviter la face et faire l’économie d’une année perdue, qui malgré l’instabilité qui l’a caractérisée depuis la rentrée scolaire jusqu’à ce jour, n’est pas forcément plus médiocre que celles qui l’avaient précédées.
Rappelons à propos des accrochages d’hier que les policiers ont fait preuve comme à l’accoutumée d’une violence sans précédent, n’hésitant pas à matraquer, à humilier des centaines d’universitaires qui refusent de faire les cours sans leurs autres camarades renvoyés.
Amadou Diaara
