06-05-2012 06:52 - Le peuple victime de l’idiotie politique
Le duel universitaire infernal entre les syndicats de l’enseignement supérieur, depuis l’Iseri à l’université de Nouakchott est le pire des conflits de l’heure dont le peuple est l’unique et la première victime qui en supportera à coup sûr tous les frais et dommages.
L’année touche ces jours-ci à sa fin et rien n’augure une accalmie dans le campus universitaire qui a présenté par moments des périodes de stabilité avant d’exploser, faisant sortir au grand jour des différents énormes entre les membres d’une même famille de l’enseignement supérieur.
Ce statu quo effervescent qui pourrait être capitalisé par les protagonistes politiques pour montrer à l’opinion leur poids populaire, surtout parmi les jeunes et les futures élites du pays, ne profite aucunement au peuple qui est aujourd’hui le témoin impuissant d’une année presque perdue pour ses enfants étudiants.
L’université aura connu de toutes les couleurs de cette situation précaire depuis la protestation des opérations de l’enrolement par les négro-mauritaniens, le discours proarabe des autorités dans le campus devant des francisant, les séries de persécutions, les expulsions et les derniers et violents affrontements avec les forces de l’ordre sanctionnés par l’arrestation de plusieurs étudiants.
Ce triste cliché n’est-il pas suffisant pour montrer aux mauritaniens qu’il est temps de se parler, de se concerter et de s’entendre sur le minimum pour mettre fin à la tension, à la rupture et à l’escalade.
C’est d’autant plus vrai, puisque en Tunisie et en Egypte, le printemps arabe continue de montrer jour après jour ses limites caractérisés ces derniers moments par des émeutes monstres dans ces pays ainsi que par des pertes humaines considérables qui doivent interpeller les mauritaniens dans toute leur diversité à mettre la main dans la main pour sauver la nation du cercle vicieux des révolutions fantômes et destructrices.
Les leaders de la majorité présidentielle et de la coordination de l’opposition démocratique doivent ainsi prendre conscience de l’importance des défis et de l’ampleur du désastre qui plane sur le pays, au lieu de persévérer dans leur politique de déni ou d’exclusion de l’autre.
C’est seulement à ce prix que le peuple pourra être tiré de la grande impasse dans laquelle ses élus dans les deux camps l’ont mis, préférant se renvoyer mutuellement la responsabilité sur la crise multidimensionnelle qui frappe le pays au lieu d’œuvrer dans le respect mutuel et dans l’intérêt général à doter la Mauritanie d’une démocratie digne de ce nom, doté d’un pouvoir ouvert et d’une opposition sage, se limitant chacun, selon ses prérogatives constitutionnelles à jouer son rôle.
Mohamed Salem Ould Haiba
