09-05-2012 17:02 - Université de Nouakchott et ISERI : Une année quasiment blanche.

Université de Nouakchott et ISERI : Une année quasiment blanche.

Pour l’année scolaire 2011-2012, les étudiants de l’université de Nouakchott et de l’ISERI ont passé presque plus de temps en course poursuite avec la police que dans les classes. Les examens de juin auront peut être lieu. Dans les faits, selon certains étudiants et professeurs, c’est quasiment une année blanche.

Le torchon continue de bruler entre étudiants et pouvoirs publics quatre mois après le début de la grève. Une pomme de discorde qui a du mal à être digérée par les deux parties à quelques jours des examens. Malgré les Répressions et les arrestations quotidiennes, les étudiants continuent de boycotter les cours.

En sus de leurs droits, les étudiants réclament la réintégration de 11 de leurs camarades, exclus par l’administration universitaire. Heurts, rixes, entre forces de l’ordre et étudiants, tels sont les lots quotidiens de l’université de Nouakchott et de l’ISERI.

Depuis quelques mois, les deux temples du savoir ont été transformés à un ring, où, étudiants et policiers, viennent s’affronter tous les jours, sous l’œil de l’administration universitaire. Décidés à aller jusqu’au bout de leurs revendications, les étudiants continuent d’investir tous les jours, « ces zones de conflit » qui risquent de perturber les examens de fin d’année.

Pour punir les frondeurs et les « mauvaises graines » de l’université de Nouakchott, l’administration universitaire et le ministère de l’enseignement supérieur continuent de faire durer le suspens des combats. Bilan : une centaine d’arrestations et de blessés dans le camp estudiantin, depuis le début des conflits.

Dernier en date, l’intervention musclée de la police le mardi 08 mai au campus de l’université où une dizaine d’étudiants ont été appréhendés par les forces de l’ordre. Des arrestations en répétition qui avaient poussé au mois de mars, les parents d’élèves à effectuer des visites à la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) pour s’enquérir de la détention de leurs enfants et dénoncer en même temps, les cas de tortures qu’auraient subies quelques étudiants.

Le Rapport annuel de la CNDH sur la situation des Droits de l’Homme (Mars 2011-mars 2012), rendue publique en début mai note que « Le milieu scolaire et universitaire a été marqué par des frictions entre les différents syndicats estudiantins qui ont été contenues dans l’enceinte des établissements universitaires.

D’autres grèves à l’ISERI et à l’Université de Nouakchott notamment ont été émaillées d’actes de violences et de séquestration suivies de l’arrestation et la détention dans les commissariats de police de plusieurs étudiants et étudiantes qui font état de mauvais traitements qu’ils auraient subis .

Une rumeur persistante et plusieurs déclarations par voie de presse ,font état de plaintes introduites par des étudiants pour pratiques de torture et de mauvais traitements et de plaintes introduites par le corps enseignant et le personnel administratif pour séquestration et actes de violences sur leur personne par des étudiants. »


Des allégations de torture qui ont été battu d’un revers de la main par la Direction Régionale de la Sûreté de Nouakchott, d’après le rapport de la CNDH « Pour donner suite aux visites effectuées par des parents d’élèves à la CNDH, des membres de la Commission, en vue de s’assurer du respect des Droits de l’Homme dans les lieux de détention et de garde à vue comme le prévoit la loi, ont souhaité visité les dits commissariats sans y parvenir.

Le traitement de l’allégation de pratiques de torture, eu égard à l’extrême gravité qui s’y attache, requiert des réponses urgentes qui veillent à l’adéquation des pratiques des Administrations chargées de l’application de la loi avec les dispositions nationales et internationales ratifiées par le Pays.

Dans une déclaration publiée le 16 Mars 2012 par voie de presse, la Direction Régionale de la Sûreté de Nouakchott a précisé qu’aucun étudiant n’a subi des actes de torture ou de mauvais traitements dans les commissariats de police de Nouakchott. » note le rapport.

Dans ce rapport qui a été remis au Président de la République, Ould Abdel Aziz, la Commission Nationale des Droits de l’Homme recommande à l’Administration compétente, au sujet de toute allégation de torture de : communiquer dans les meilleurs délais pour édifier l’opinion publique sur la véracité de telles allégations « une telle action contribuerait à mettre fin à la rumeur dont la persistance dessert le service public et les efforts de lutte contre la torture. » estime la CNDH

La commission recommande aussi aux autorités concernées, de diligenter éventuellement des enquêtes par les structures compétentes et soumettre le personnel en faute aux dispositions règlementaires et de renforcer les mécanismes de prévention de la torture à travers la formation et la sensibilisation permanente sur l’interdiction absolue de la torture et des traitements inhumains, humiliants ou dégradants.

Pour le moment, les arrestations et les répressions se poursuivent au niveau de l’université et à l’ISERI, sous l’arbitrage du ministère de l’enseignement supérieur qui ne semble pas être secoué par ces mouvements de protestations.

Dialtabé

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Commentaires (1)

  • kamikaze (H) 09/05/2012 21:52 X

    Il faut simplement supprimer cet institution inutile. Les Mahadras suffisent largement. J'ai déjà vu des boutiquier de mon quartier devenir magistrats après un bref passage à l'Iseri.