17-05-2012 22:14 - Troubles scolaires et universitaires : Après les étudiants, les professeurs
Le monde scolaire et universitaire s’enfonce de plus en plus dans des grèves et des mouvements de protestation que les autorités chargés du secteur tentent jusqu’à présent de régler à coups de violences policières et de déni de tout dialogue social.
Après des mois de grève estudiantins qui ont paralysé à moitié les cours à l’Institut supérieur d’études et de recherches islamiques (ISERI), matés à coups de descentes policières, voilà que le corps enseignant de cet établissement a pris le relais hier, mardi 16 mai 2012.
Cette fois, la paralysie est totale au sein de l’ISERI alors que ses responsables se murent dans un déni de droits. L’année académique au sein de cette structure islamique d’études supérieures est d’ores et déjà compromise, car la grève des professeurs de l’institut a été décrétée pour un mois.
Résultat, les salles de l’ISERI étaient vide hier, alors qu’étudiants et enseignants regroupés dans ses lisières scrutaient l’horizon pour tenter de discerner ce que les vents de ce début d’été allait leur apporter.
Le porte-parole des enseignants, .Dr.Abdallah Ould Abdel Malick a indiqué qu’ils ont été contraints d’observer cette grève face au refus obstiné des autorités chargées du secteur de satisfaire leurs doléances. Selon lui, le mouvement a été unanimement approuvé par l’ensemble du corps professoral, alors que l’ensemble des acteurs étaient pourtant parvenus à un accord visant à aplanir les difficultés.
Il a déclaré que la commission interministérielle chargée de régler les problèmes de l’ISERI avait également approuvé le plan de sortie de crise et signé le document avec les représentants des professeurs. Seul obstacle qui a tout bloqué, déclare Ould Abdel Malick, le refus du directeur de l’ISERI de parapher le document d’accord.
Selon les professeurs, le directeur leur avait soufflé au cours d’une réunion tenue lundi dernier qu’il y a certains pans du pouvoir qui ne souhaitent plus l’existence de cet institut et qu’elle fera tout pour que la crise au sein de l’ISERI perdure. D’où, ajoutera-t-il, cette mauvaise foi dans le règlement des problèmes dont ils souffrent.
Il faut dire que le calme n’est pas encore revenu à l’université de Nouakchott. Devenue une véritable caserne des policiers, l’Université vit pour le moment un repis fragile, en attendant le prochain clash. Alors que le feu couve à l’ISERI, les étudiants de la faculté de médecine ont également interrompu leur cours pour protester contre la décision prise par le Conseil de discipline contre six de leurs camarades.
A Nouadhibou, les parents d’élèves ont protesté devant le Wali la série de grèves des professeurs qui ont fortement compromis l’étude de leurs enfants.
JOB.
