18-06-2012 11:10 - Bac 2012 : « Un système sécurisé pour protéger les sujets contre toute publication avant terme ».
La première session du baccalauréat 2012 a commencé lundi 18 juin sur l’ensemble du territoire mauritanien. Comment se déroule cet examen. Quelles sont les mesures prises pour faire obstacle aux fuites d’épreuves et la tricherie. Nous avons rencontré M’hamed Ouod Mohamed Louleid, directeur des examens et de l’evaluation.
Ould Mohamed Louleid est un professeur du second cycle. Avant sa nomination en octobre 2011, il avait été, successivement, Directeur Régionale de l’Education Nationale (DREN) de l’Assaba et Directeur des Ressources Humaines du Ministère d’Etat à l’Education Nationale, à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche Scientifique.
Cridem : Le baccalauréat a débuté aujourd’hui, pour cet examen, il y a souvent de fortes suspicions de fraudes et de fuites d’épreuves qui créent un malaise chez les candidats. Qu’est-ce- qui a été fait pour que le bac de cette année se déroule dans une certaine sérénité ?
Depuis 2000, il a été mis en place un système sécurisé pour protéger les sujets des examens contre toute publication avant terme. La nouvelle organisation se caractérise par :
La constitution de commissions spécialisées : ces commissions sont composées d’enseignants expérimentés, en nombre restreint, en contact permanent avec la réalité du terrain, et dont les compétences et la probité ne font pas l’objet de contestation. Ils sont chargés de l’élaboration des sujets, de leur reprographie et de leur emballage (enveloppes sous scellées).
Depuis 2000, les malles des épreuves (une malle pour chaque centre) sont sécurisées par le Hakem de la Moughata dont relève le centre d’examen. Avant chaque épreuve, le président de centre doit se rendre chez le Hakem pour récupérer les enveloppes contenant les sujets de l’épreuve que les candidats doivent subir et à la fin de l’épreuve, il doit ramener les copies des candidats chez l’autorité de l’unité territoriale qui en assure la sécurité jusqu’à la fin de l’examen.
Après plus d’une dizaine d’année d’expérience nous pensons que ce système a apporté les preuves de son efficacité car il n’a pas été fait cas de fuite depuis sa mise en vigueur. Il est dans la tradition du Baccalauréat que les candidats se mettent à pronostiquer le libellé du sujet, certains iront même jusqu’à affirmer détenir le bon sujet, obtenu de source sûre, ouvrant ainsi la porte à la rumeur.
Comme tous les autres examens, le baccalauréat est confronté aux tentatives de fraudes. Des dispositions ont été prises pour faire face à ces menaces. Ainsi, dans chaque salle, nous avons deux surveillants, le service d’ordre est équipé de détecteurs de métaux pour déceler les tentatives d’introduction de téléphones portables dans l’enceinte du centre d’examen. Maintenant, il faut aussi reconnaître qu’il y a souvent des cas de tentatives, mineurs qui connaissent un effet d’amplification et que l’on a tendance à présenter comme une affaire d’Etat.
En ce qui concerne la correction, elle est assurée par des professeurs expérimentés, pour la plupart enseignant la 7 ème année. Chaque copie fait l’objet d’une double correction et en cas d’écart supérieur à quatre (4) points, elle fait l’objet d’une troisième correction. Les correcteurs sont souverains dans leur évaluation et ne reçoivent aucune instruction allant dans le sens de la sévérité ou de la largesse.
Des améliorations allant dans le sens de la mise en place d’un système de qualité ont été introduites ces dernières années ; ainsi, le nombre d’épreuves a été diminué (six épreuves au lieu de huit auparavant). Le candidat est déchargé et peut consacrer plus de temps à ces matières principales. La note éliminatoire n’existe plus mais aucun candidat ne peut être déclaré admis à la première session s’il a une note inférieure à 5/20 dans l’une de ses trois matières principales.
Cridem : Les enseignants du Fondamental et ceux du Secondaire se plaignent avec insistance de la modicité des indemnités qu’ils reçoivent pour la surveillance des examens et leur correction …
Depuis la création de la Direction, les per diem de la surveillance et de la correction ont été souvent augmentés et de manière significative. Ainsi, auparavant, un surveillant du baccalauréat percevait comme indemnité 2000 UM. Cette somme a été portée à 6 000 UM et elle est actuellement de 10 000 UM. Le correcteur du Baccalauréat percevait 10 000 UM, son indemnité varie actuellement entre 27 000 UM (pour les professeurs exerçant à Nouakchott) et 32 000 UM pour les professeurs exerçant en dehors de Nouakchott. A ces derniers le prix du billet de transport est intégralement remboursé.
Cependant cette année est particulière, l’Etat doit faire face à des dépenses résultant de l’important déficit pluviométrique constaté sur l’ensemble du pays et la Direction a dû faire face à une augmentation des charges s’expliquant par :
- La création d’une dizaine de nouveaux centres : Timbedra, Amourj, Doueirara, M’Bagne, Bababe, R’Kiz, Mederdra, Moudjeria, Achram et Ould Yenge.
- Une augmentation de l’effectif des candidats.
Vous comprendrez donc qu’il nous était impossible de procéder à une augmentation cette année. Nous considérons cependant que ce n’est que partie remise. Vu, l’importance de l’évaluation pour tout système éducatif, l’amélioration des conditions de travail est un souci majeur pour les principaux responsables du département.
Khalilou Diagana
