27-06-2012 09:28 - États généraux de l’Education : Les assises régionales prévues le 15 juillet prochain
De sources concordantes, les assises régionales des Etats généraux de l’Education et de la Formation débuteront le 15 juillet prochain. Les Directions régionales et les inspections départementales auraient même procédé à la distribution des questionnaires aux enseignants et aux personnes ressources pour la collecte des données de base.
Ces assises régionales permettront de discuter des thèmes suivants : Ressources humaines, Programmes et manuels, Enseignement des sciences, Formation professionnelle, Suivi et Évaluation, Infrastructures, Cadre institutionnel et Pilotage et Innovation et Recherche scientifique.
Annoncées depuis bientôt plus d’une dizaine d’années, la tenue de ces EGEF n’est plus désormais qu’une question de jours. Ces assises régionales qui constituent la première phase de ces Etats généraux de l’Education et la Formation, permettront d’impliquer les acteurs éducatifs de base dans le diagnostic des problèmes du système éducatif national et la formulation des solutions.
Après la phase de collecte d’informations par le biais des questionnaires, des ateliers seront organisés pour des travaux de plénières et des travaux de groupe. Ces travaux seront sanctionnés par la production des rapports et la formulation des recommandations qui seront étudiés lors de la tenue des assises nationales dont la date n’est pas encore été fixée.
Il faut reconnaitre, toutefois, que de nombreux défis restent encore à relever. Le premier de ces défis et non le moindre, c’est celui de l’inopportunité de la date fixée pour la tenue des ces assisses régionales. D’abord, rares sont les enseignants qui reviendront à leur lieu de travail après s’être plongés dans des vacances qu’ils viennent à peine d’entamer.
Ensuite, le mois de juillet est connu comme étant un mois de labeur pour ceux qui s’adonnent aux travaux champêtres. C’est pendant cette période que les champs sont aménagés et des travaux de défrichage entrepris. Sans compter surtout que le mois de Ramadan intervient cette année en plein milieu du mois de juillet et se prolonge jusqu’au mi-aout.
Enfin, les esprits risquent d’être plus captivés par les élections en vue (la CENI est déjà mise sur place) que par des Etats généraux de l’Education qui ne mobilisent pas autant que la politique.
Mais, si, par extraordinaire, ces assisses régionales se tiennent à la date prévue (15juillet), un autre défi de taille pourrait être source de blocage. L’aspect linguistique qui n’a pas été retenu comme thème par la CNEGEF(Commission Nationale des Etats Généraux de l’Education et de la Formation) pourrait compromettre sérieusement la réussite de ces assises en ce sens, que tous sont unanimes, à dire que le problème principal, l’unique problème de notre système éducatif, diront certains, c’est le problème de la langue ou des langues d’enseignement.
Passer sous silence cet aspect est une erreur monumentale, la commission de supervision devrait, pendant qu’il est encore temps, revenir sur cet aspect et lui donner toute l’importance qu’il mérite au lieu de le considérer comme un thème transversal comme c’est le cas dans le communiqué de presse qu’elle avait rendu public le mois de février dernier.
Il est grand temps de reconnaître que sans le règlement de cet épineux problème, rien de sérieux ne peut être entrepris. La Mauritanie est riche de sa diversité culturelle tout comme elle est, suffisamment ancrée dans sa tradition arabo-islamique, elle-aussi, riche et largement partagée par toutes les composantes nationales. Cette diversité culturelle devrait être une force et permettre à notre pays de se hisser au rang des nations les plus développées du fait des ses potentialités culturelle, humaine et économique.
Hélas ! Les intérêts mesquins, le chauvinisme exacerbé, les luttes intestines entre nationalistes étroits des deux bords, ont de tout temps empêché l’éclosion d’une Mauritanie plurielle dans les écoles de laquelle chaque enfant se retrouve, s’épanouit et se développe harmonieusement.
Cultiver la tolérance et le respect de l’autre au sein de notre école ne peut se faire que lorsque l’Arabe et les langues nationales (Poular, Soninké, Wolof) seront enseignés aux enfants mauritaniens qui dés le bas âge découvriront leur appartenance à une entité « variée » mais soudée. Il importe également de s’ouvrir au reste du monde avec le maintien du français comme langue d’ouverture et le renforcement des autres langues internationales (Anglais, Chinois, Espagnol etc.).
Khalil Sow
