19-09-2012 19:31 - Augmentation des salaires des fonctionnaires : Le personnel enseignant reste divisé
Accueillie en grande pompe par le Syndicat Professionnel de l'Enseignement Supérieur (SPES), l’annonce faite par le Président de la République d’augmenter les salaires des fonctionnaires a été une nouvelle fois fustigée par le Syndicat Indépendant des Professeurs de l'Enseignement Secondaire "SIPES", qui dans un communiqué a vivement critiqué les conditions de précarité des professeurs de l'enseignement secondaire.
Dans le cadre de la politique visant à améliorer les conditions de vie des fonctionnaires et Agents de l'Etat, Le Président de la République avait instruit le Gouvernement lors du dernier conseil des ministres du 13 septembre 2012, à entreprendre dans les délais les plus rapides, les modalités visant à augmenter les salaires des fonctionnaires en vue du renforcement de leur pouvoir d'achat.
Une nouvelle qui n’a pas fait l’unanimité au sein du personnel enseignant. Dans une déclaration rendue publique le 16 septembre, le Syndicat Professionnel de l’Enseignement Supérieur s’est félicité « de cette importante décision prise, laquelle va dans le sens d’une résolution définitive par le Président de la République, de nombreuses revendications syndicales à l’origine notamment des problèmes auxquels font face aujourd’hui les professeurs de l’enseignement supérieur. »
Pour soutenir cette initiative, le syndicat a lancé un appel à tous les enseignants, tous cycles confondus, d’accompagner, en toute sérénité, les réalisations qui s’accomplissent, en ce moment, pour sortir l’Education mauritanienne des troubles existentiels qui la caractérise depuis plusieurs années.
Répondant aux promesses du Gouvernement d’améliorer les conditions des fonctionnaires, le Syndicat Indépendant des Professeurs de l'Enseignement Secondaire (SIPES), a dans un communiqué publié sur le site Alakhbar, « critiqué vivement les conditions déplorables des professeurs de l'enseignement secondaire qui selon eux se répercute négativement sur la qualité de l'enseignement et la mission de l'enseignant. »
Dénonçant le « favoritisme » de certains secteurs, le SIPES a insisté également pour que la prévue augmentation de salaire soit significative et égalitaire.
Dans un communiqué rendu public le 30 aout, le Syndicat National de l’Enseignement Secondaire (SNES), avait « appelé les enseignants, où qu'ils se trouvent, à lever la tête haute et à rejeter les humiliations du ministère d’Etat à l’Education Nationale, qui selon eux, s’obstine à piétiner la loi et trouve du plaisir à faire mal à ses fonctionnaires. »
Au mois de juin 2012, Le Syndicat indépendant des professeurs de l’enseignement du secondaire (SIPES) et le Syndicat national des enseignements du secondaire (SNES) avaient fait front commun pour rejeter les indemnités d’équipement de 20.000 UM annuelles que le conseil des ministres avait adopté à l’intention des professeurs du secondaire. Les deux syndicats considéraient, que la décision était illégale, dans la mesure où elle a été prise sans concertation avec les syndicats des professeurs ni consultation du Conseil supérieur de la Fonction publique conformément à l’article 25 de la Loi 09/93 portant Statut des fonctionnaires, agents et contractuels de l’Etat.
Le SNES et le SIPES avaient promis de poursuivre leur combat jusqu’à ce que les injustices, la marginalisation et les sanctions à l’égard du corps professoral soient réparées.
Revendications et plaintes des deux syndicats
Dans leur préavis de grève en date du mois de mai 2012, les deux syndicats réclamaient : une augmentation substantielle des salaires, l’adoption et l’application des deux statuts particuliers des Inspecteurs et des Enseignants du Secondaire, des logements pour les enseignants du Secondaire, une augmentation de la prime de craie et son payement pour les douze mois de l'année, la titularisation et la formation des Enseignants contractuels et d’arrêter les recrutements illégaux dans le secteur de l’Enseignement Secondaire.
Au mois de juillet 2012, les deux syndicats protestaient contre les retenues sur salaires; l’interdiction aux professeurs grévistes à Akjoujt de reprendre leurs élèves; la révocation d’une dizaine de surveillants généraux pour avoir refusé d’enseigner pendant les grèves, tout en continuant à jouer pleinement leur rôle de membres de l’administration ; l’éviction des grévistes de la liste des professeurs chargés de la correction des examens nationaux, l’attribution des notes administratives, l’exclusion des syndicats de la participation aux journées de réflexion sur l'éducation.
Dialtabé
