05-10-2012 17:04 - Entrée scolaire et universitaire : Le ministre de l’Education joue à l’Autruche
Le Super ministre de l’Education nationale, Ahmed Ould Bahiya, a prononcé un discours à la veille de l’ouverture de l’année scolaire et universitaire 2012-2013, fixé hier, lundi 1er octobre.
Il s’est comporté comme en temps clément, sans nuage et sans orage, oubliant qu’il a des grèves en série qui l’attendent et beaucoup de casseroles à rafistoler avec cette centaine de professeurs du secondaire qui refusent de regagner leurs lieux d’affectation.
Tel l’Autruche, il a préféré plonger sa tête dans un trou pour ne rien voir et ne rien entendre, espérant conjurer par ce geste le sort assombrissant de l’enseignement en Mauritanie.
Bien calé dans son fauteuil de Super patron de l’enseignement en Mauritanie, les yeux bien rivés sur les rares téléspectateurs de la télé nationale, Ahmed Ould Bahiya a préféré "l’émerveillement des chiffres à la triste réalité d’un département qu’il mène à vau-l’eau depuis sa nomination à sa tête, il y a de cela trois années", selon quelques professeurs mécontents. Il s’est ainsi félicité de l’ouverture dans de "bonnes conditions " de l’année scolaires et universitaire 2012-2013, égrenant le nombre d’établissements construits, de ceux qui ont été rénovés, de la mise à disposition de milliers de table-bancs et d’ouvrages scolaires…
Il a même félicité le corps enseignant pour sa grande discipline et son sens patriotique élevé au cours de l’année écoulée. Ahmed Ould Bahiya a superbement ignoré, comme s’il évoluait dans une autre planète selon ses détracteurs, la crise des professeurs du secondaire, plus d’une centaine, qui refusent de regagner leurs lieux d’affectations, jugeant de punition collective arbitraire, leur mutation. Pour Ahmed Bahiya, le problème de l’enseignement en Mauritanie, ce ne sont pas ces grognes du personnel, ni celles des étudiants, mais cette inadéquation entre l’offre de formation et la demande du marché du travail.
Certes, le ministre a promis beaucoup de biscuits aux corps enseignants, qui percevront selon lui au cours de la nouvelle année, de nouvelles indemnités et des augmentations, comme l’indemnité de craie, d’éloignement, d’ équipements. Aux étudiants, il a été promis la généralisation de la bourse pour ceux inscrits en second cycle et ceux ayant réussi leurs trois semestres, la bourse pour tous à la faculté de médecine…
A cela s’ajoutent les instituts nouvellement créées, l’Institut des hautes études technologiques, l’Institut supérieur de la comptabilité et de l’administration des entreprises, l’Institut supérieur professionnel, l’Ecole Polytechnique, l’Ecole des Mines, l’Ecole des métiers du génie-civile, l’Université des sciences technologiques et médicales, Université islamique d’Aïoun, mais aussi l’ouverture de collèges techniques dans toutes les régions, qui constituent selon lui, autant d’opportunité de formation à l’interne.
Le tableau présenté serait davantage idyllique si le département de l’Education nationale n’avait pas fermé toutes les portes du dialogue avec les syndicats des enseignants et ceux des étudiants. Loin de l’idéal brossé par le ministre dans son discours d’ouverture, l’ouverture des classes risque de s’accompagner de crises multiformes, les litiges de l’année dernière n’ayant nullement été purgée par l’administration.
JOB.
