15-01-2013 00:48 - Concours d’internat en médecine : Quand les étudiants mauritaniens s’imposent dans l’excellence au pays de Senghor

Concours d’internat en médecine : Quand les étudiants mauritaniens s’imposent dans l’excellence au pays de Senghor

Jusqu’à une époque récente, les étudiants mauritaniens régulièrement inscrits à l’Université de Dakar — du moins à partir des années 80 quand une politique d’arabisation a été mise en oeurvre dans ce pays — se sentaient marginalisés. Autrement dit, les Sénégalais ne les prenaient pas en compte dans les banquets de l’excellence.

Comme quoi, l’élite de l’excellence pouvait se faire sans les étudiants mauritaniens. Si certains Sénégalais réagissaient ainsi, c’est parce que la plupart de ces étudiants en provenance de notre voisin du Nord débarquant à l’Ucad traînent des lacunes en français alors que c’est la langue officielle d’enseignement dans notre pays.

Ce handicap linguistique s’explique par le fait qu’en Mauritanie, l’arabe est la langue d’enseignement principale et le français une seconde langue. Ainsi, il était difficile aux étudiants mauritaniens de s’adapter dans notre système éducatif surtout au niveau de l’Université de Dakar.

Tout cela appartient au passé puisqu’aujourd’hui à l’Ucad, précisément à la faculté de médecine, il existe une nouvelle génération d’étudiants mauritaniens dont la plupart sont des rejetons de parents nantis : autorités politiques, hommes d’affaires et richissimes commerçants. Ces enfants ont fait leur cursus scolaire dans les écoles et collèges français implantés en Mauritanie. S’ils n’ont pas étudié en France jusqu’à l’obtention du bac.

Toujours est-il qu’ils ne sont venus à Dakar que pour faire des études de médecine parce qu’en France ou dans les pays du Maghreb, les critères de sélection sont très rigoureux pour les bacheliers étrangers désirant faire cette discipline. Ils choisissent donc de venir à Dakar du fait que le Sénégal jouit d’une bonne réputation relativement à son système universitaire et sa stabilité politique.

En tout cas, la session 2013 du concours d’internat en médecine a prouvé que le mérite et l’excellence ne sont l’apanage d’aucun pays en particulier. A preuve, les étudiants mauritaniens ont raflé toutes les quatre places que le gouvernement sénégalais avait accordées aux candidats étrangers. En effet, Amdy Ould Ahmed Ould Moustapha, Ahmed Ould Mohamed Lemine, El Hadji Abdallah Ould Ahmed et Mohamed Saleh Abdallah Ould Ameth Saleh ont réussi haut la main à ce concours particulièrement sélectif qu’est celui de l’internat.

Ils ont éclipsé leurs camarades des autres nationalités candidats à ce concours, à savoir les Gabonais, Marocains, Camerounais, Ivoiriens, Togolais etc… Mieux, les étudiants mauritaniens en médecine ont presque obtenu 100% de taux de réussite compte tenu de leur nombre de candidats. Ils se sont même payé le luxe de dépasser beaucoup de Sénégalais. Et dans leur propre territoire académique s’il vous plaît, c’est-à-dire au pays de Léopold Sédar Senghor et de Cheikh Anta Diop.

Si le ballon de foot est rond pour le monde, les livres du savoir sont également ouverts pour tout le monde. Et les étudiants mauritaniens peuvent bien se réclamer de ce monde…

Pape Ndiaye

« Le Témoin » N° 1110 –Hebdomadaire Sénégalais ( Janvier 2013)



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Commentaires (6)

  • ANTIGABEGIE (H) 15/01/2013 20:58 X

    doukteur!
    Croyez-vous franchement qu'au Sénégal aussi les arabo-berbères sont plus favorisés que leurs compatriotes négros?

    Si c'est vrai, pourquoi?

  • doukteur (H) 15/01/2013 15:04 X

    Des ould partout.. c pas juste

  • Sid Selim (H) 15/01/2013 12:21 X

    Moi aussi, j'y été à Dakar, ces fameuses années là ! La liste est effectivement longue, j'ajouterai un autre élément de la bande en l’occurrence: Dr Ahmedou Moulaye Idriss, devenu un excellent chirurgien au sortir de l'Université de Dakar. Comme tout le monde, lui aussi, il a certainement taquiné le DISCO !

    Jeunesse oblige, même pour un natif de Oualata !

  • medahmedd (H) 15/01/2013 11:28 X

    Attention, contrairement à ce vous dites, les années 8O ont été marquées par la meilleure génération d'étudiants mauritaniens en médecine, car j'y été en économie. Aujourd'hui, ils sont toujours les meilleurs dans la pratique: je citerai les Drs Abdalla Horma Babana, Ahmed Hada, Waffi, Nacer Dine, Khatri Chiaa, feu Dcs Demane et Cheitou... la liste est longue. D'ailleurs, en médecine la langue ne pose pas vraiment de problème !

    Les années 80 c'était aussi l'époque DISCO, et pourtant nos braves étudiants ont bien su allier études et loisirs dans une ville comme DAKAR, une ville qui ne dort pas !

  • Marathon International de... (F) 15/01/2013 08:57 X

    Nos enfants n’ont rien à envier aux autres dans notre monde. Il suffit à leurs parents de leurs faire comprendre que toute personne a tout depuis son jeune âge pour réussir et faire partie des meilleurs de la société humaine à savoir :

    1 – La DISCIPLINE PERSONNELLE,
    2 – L’AMOUR DE TRAVAILLER,
    3 – L’AMOUR DES ETUDES.

    Mohamed HAIDARA Dg du Marathon
    International de Nouadhibou

  • geregne (H) 15/01/2013 08:41 X

    Bravo jeunes gens! Vous faites la fierté de toute la Mauritanie. Mais l’État doit revoir sa politique d'enseignement général car tous ces jeunes brillants sont passés par les écoles françaises.