07-02-2013 17:20 - Ould Abdel Aziz jette Ould Debbagh en prison.

Ould Abdel Aziz jette Ould Debbagh en prison.

Le feuilleton de la guerre ouverte lancée par le président Aziz contre l’homme d’affaires Mohamed Ould Bouamattou vient de franchir un nouveau palier avec l’inculpation et le placement sous mandat de dépôt du vice-président du Groupe Bsa, et directeur des relations extérieures de BSA Ciment (filiale du groupe français Vicat) Mohamed Ould Debagh.

Pour cette circonstance le gouvernement a sorti la grosse artillerie, des fonctionnaires serviles, comme de véritables Tontons macoutes ont fait toutes les contorsions possibles pour sortir du chapeau du magicien une mystérieuse inculpation de Faillite volontaire, non présentation des actifs de la société. C’est à croire qu’ils ont réitéré le scénario d’Air Mauritanie dont on sait aujourd’hui qu’il n’a été sorti que pour faire plier des opposants politiques.

Mais personne n’est dupe, il ne s’agit pas ici de l’affaire de Mauritanie Airways qui n’est qu’une diversion jetée en pâture à l’opinion pour qu’elle s’en occupe pendant la mise à sac des avoirs de la GBM. Il s’agit d’un véritable holdup comme seul un état à l’image de la dictature birmane est capable.

Aziz et ses conseillers font tout pour faire main basse sur la fortune de Mohamed Ould Bouamatou. L’arrestation de Ould Debbagh n’est donc qu’un épisode de plus de ce feuilleton à rebondissement.

Le vice-président du Groupe Bsa dont le passeport avait été confisqué par les autorités politiques avait également été entendu plusieurs fois par la police économique au sujet de la société de transport aérien mauritano-tunisienne Mauritanie Airways dans laquelle l’inculpé n’assumait aucune fonction exécutive. Jusqu’ici il était surtout interrogé par rapport à une plainte des employés sois disant déposé par d’ex employés de la compagnie.

La semaine dernière, on se rappelle que le jour ou il devait être envoyé chez le procureur, les ex employés avaient annoncé par voie de presse qu’ils ne portaient pas plainte. C’est alors que le DES Sidi Ould Baba El Hacen s’était déplacé en personne pour tenir une longue réunion avec le Procureur de la République.

Et c’est sans doute à la suite de cette réunion que l’accusation a été requalifiée en faillite volontaire. Et pour mieux noyer le poisson un mandat d’arrêt est délivré contre l’ancien président de Mauritania Airways Mohamed Lemine Ould Deydah et les deux directeurs généraux tunisiens. Mais gageons qu’aucun mandat d’arrêt international ne sera lancé. Rappelons qu’en tant qu’actionnaire le groupe BSA s’était souvent élevé contre la gestion des tunisiens alors de se retrouver aujourd’hui accusé de cette même mauvaise gestion est une incohérence avec laquelle le gouvernement de Aziz compose sans état d’âme.

Comme nous l’écrivions dans nos précédentes éditions, la machination ourdie était de « jeter » en prison celui qui s’est élevé contre les mesures arbitraires qui s’abattaient sur son groupe. Le rubicond est donc franchi dans la guerre que livre, sans merci et dans la violation des règles, le président Aziz contre l’homme d’affaires Mohamed Ould Bouamattou.

Malgré donc les assurances données d’une affaire ordinaire, enclenchée par la surimposition de la société Ciment de Mauritanie, la vérité éclate au grand jour avec la persistance du président Aziz, mobilisant tout l’appareil de l’Etat, pour faire imploser, sans état d’âme, le Groupe Bouamattou. Les masques sont donc tombés et les explications d’impartialité tombent à l’eau.

A ne plus en douter, le Groupe Bsa se trouve désormais devant l’œil de mire du président Aziz qui depuis que Bouamatou a élu domicile, dans un exil volontaire, au Maroc voisin, cherche par tous les moyens –y compris les moins orthodoxes- à lui faire payer son « irrévérence». Rappelons enfin que des avocats se sont constitués pour sortir le vice-président du Groupe Bsa de la conspiration dont il est l’objet dans cette affaire.

MSS


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Commentaires (1)

  • sindibad (H) 07/02/2013 21:16 X

    si on se comporte avec les autorité judiciaires de manière arrogante et méprisente on s'expose à la prison, personne n'est au dessus de la loi.