12-02-2013 08:28 - L’éditorial de La Nouvelle Expression : Cette école qui a fait de nous des cancres.

L’éditorial de La Nouvelle Expression : Cette école qui a fait de nous des cancres.

Après l’échec manifeste de notre système éducatif, la Mauritanie se retrouve autour de la table pour les Etats Généraux de l’Education Nationale. Une rencontre de recherche de l’adéquation de la production de notre système éducatif et le marché de l’emploi, voir le besoin actuel du pays pour son évolution vers le concert des nations viables et civilisées.

Repenser l’école mauritanienne. Repenser le chemin vers l’évolution pour une nation perdue, inculte, ignorante, acculturée, déshumanisée mais aussi une nation des génies disparates sans rendement efficient pour son éveil, sa cohésion, la magnificence de sa culture produit d’une école républicaine. Mais hélas quand c’est l’école qui est sabotée, c’est des générations qui se perdent.

La Mauritanie, à l’instar des autres nations, a plus que jamais besoin d’une école de l’innovation, de la rénovation, du renforcement de l’identité originelle mais plurielle de cette société mauritanienne qui se repousse comme la règle de deux aimants de même signe, par l’effet de l’enseignement d’une école archaïque, sans repères solides.

L’école mauritanienne d’aujourd’hui, comme celle du passé récent, a produit, voire entretenu des générations de Mauritaniens élevés dans la culture de la méconnaissance, de la division et du mépris de l’autre.

Cette école repensée réconciliera la Mauritanie avec elle-même, avec sa personnalité authentique. C’est l’occasion pour une réforme qui aura comme socle de réflexion l’identité mauritanienne mais aussi le pourquoi des échecs des mesures précédentes. Cette rencontre pour l’école mauritanienne doit être une rencontre pour la science au service de la redéfinition du chemin d’une nation désappointée.

Nos penseurs, pour un nouveau départ de l’école mauritanienne, doivent préparer la Mauritanie à faire le deuil de cette école qui l’a plus acculturée que cultivée, dans le sens d’une nation tournée vers la science et le progrès, dans la cohésion et l’unité. Une école qui a produit des générations de « ni arabisants, ni bilingues » ignorant totalement sa véritable histoire. L’histoire de notre pays, cette histoire qui nous unit.

Cette identité qui nous rassemble. Non pas celle-là qui a comme soubassement l’idéologie importée. Car l’école de notre génération ne chantait que des rengaines étrangères, faisant la part belle à la culture des autres, occultant la nôtre : la culture authentique maure, pular, soninké, wolof, bambara… mais aussi haratine dans sa condition de sous-hommes… !

Une société mauritanienne d’une même identité léguée par notre propre histoire, la vraie. Notre école ne nous a pas enseigné cela, mais a plutôt contribué à faire de nous la génération de l’échec culturel mauritanien, la génération des ignorants et des « ni ni ».

La Mauritanie avait tenté de prendre l’envol avec l’introduction des langues nationales d’une manière graduelle dans le système éducatif. On avait assisté à un début de l’éclosion d’un nouveau type de citoyen mauritanien qui brisa la barrière de la langue et la méconnaissance entre les différentes communautés. Mais les ennemis de la Mauritanie, ces incultes aux idées et desseins inavoués, avaient fait échouer cette entreprise salutaire.

Dans le sillage de la dévaluation de l’école publique, les écoles privées pousseront comme des champignons. Elles seront - et restent encore - les chantres de la triche d’un système éducatif « bâtard ».

Ces écoles, et d’autres étrangères, sont destinées aux enfants de nos gouvernants et des gens aisés. L’école publique elle-même, malmenée et désertée par les enseignants, est le réservoir des enfants des pauvres qui finissent, à chaque fois et dans leur quasi-totalité, dans la rue. Notre école perd de jour en jour son âme, elle qui a besoin d’être revue, repensée, redéfinie.

La base d’une nation civilisée, émancipée et développée étant l’éducation, si l’école de cette nation bat de l’aile, elle est vouée à la disparition.

Camara Seidi Moussa


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Commentaires (5)

  • maham68 (H) 12/02/2013 18:55 X

    Non YEHESS ici ,tu dérailles même si je défends Aziz ,je dois reconnaître que vous avez complètement dévié ,Mr CAMARA SEYDI MOUSSA est connu pour son aise avec toutes les communautés .D'ailleurs certains l'appellent le plus hartani des Soninkés .Et d'ailleurs en quoi relever les carences du système éducatif est synonyme de haine de la communauté arabe ,enlèves ces lunettes YEHESS et sois impartial ,si on avait trois seydis Moussas dans la presse ,les préjugés raciaux ,ethniques ,et communautaires auraient tout simplement disparu .

    Seydi ne réponds pas à ces détractés ,suis ton chemin .

  • YEHESS (H) 12/02/2013 13:39 X

    Pourquoi les communautés peul et sarakolé sont opposées voir hostiles à l'enseignement de la langue arabe? Je me souvient lorsqu'on était au Collège, que mon camarade de classe, un peul disait:"deux heures d'arabe deux heures d'enfer!!".

    Dans l'ancien système on avait seulement deux heures d'arabe par semaine.

  • serranus (H) 12/02/2013 10:14 X

    S’il s’agit d’inventer un système meilleur pour rendre nos enfants encore plus cancres que nous, mieux vaut le décréter au niveau de « leur conseil de ministres » que de se réunir une énième fois autour d’une table soit disant « Etats Généraux de.. ». Comme disait PIERRE DESPROGES « Il vaut mieux se taire et passer pour un con, plutôt que de l’ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet ».

    Dès le début de ces réformes, l’objectif visé était de reléguer la communauté négro africaine au second plan. Alors, il fallait inventer un système d’exclusion c’est l’arabisation à outrance. Attention, les négros n’ont jamais été contre la langue arabe qui a toujours été enseignée dans nos écoles ; mais plutôt contre la manière de faire. A force de vouloir exclure une partie de sa population, c’est tout un peuple qui en subi les conséquences.

    Referons nous au Sénégal à côté, On avait exactement le même système éducatif hérité du colonisateur (n’ayons pas le complexe de le dire), Si jusqu’à nos jours le Sénégal tient le cap (avec quelques régressions dues à d’autres facteurs), c’est parce que les objectifs de leurs gouvernants ne sont pas les mêmes vis-à-vis de l’éducation de leurs enfants.

    En Mauritanie, il ne s’agit pas d’inventer un système qui va le mieux, il s’agit simplement de revenir au système des « années indépendances » en adéquation avec l’évolution des nouvelles technologies pour qu’elle retrouve sa place dans le concert des nations en matière d’éducation de ses pépinières qui feront demain la fierté du pays en tout lieu et en tout temps.

  • YEHESS (H) 12/02/2013 09:55 X

    Camara Seidi Moussa,
    tu n’as pas suivi mon conseil : te reposer quelques jours dans ton village natal. A moins que la haine de la grande communauté arabe de Mauritanie ne soit chez-toi une profession de foi. Sinon comment expliquer ton penchant raciste qui te pousse à créer une nouvelle nationalité : les bambara (avec tout le respect que je voue à cette communauté), qui n’existe ni dans la réalité chez-nous, ni dans la constitution de la RIM.

  • mohamed hanefi (H) 12/02/2013 09:07 X

    Imaginez un ensemble de fidèles dans une mosquée, rassemblés pour l'accomplissement de l'office de la prière. Imaginez que chacun tienne dur comme fer à ce que les paroles de l'imam soient traduites dans son propre dialecte.

    Alhamdullillahi rabi al alamine…Alla rab alamine diarame…Alla rab alamine dierediof…alla rab alamine asiro…alla rab alamine chakrinak..

    L'imam attendant sans cesse que tout le monde eu traduit ses paroles avant de continuer. Quand finira cette prière? Jamais. Tant que nous avons ce complexe de tirer chacun la couverture vers soi, nous crèverons d'ignorance avant de crever d froid.

    A l'école nous apprenons des choses pour les appliquer dans la vie. Mais dans la vie on subit d'abord les évènements, pour en tirer les leçons. La Mauritanie a subit beaucoup de défaites dans le domaine de la formation de ses enfants, mais elle ne veut en tirer aucune leçon. Le savoir est comme l'eau. Il n'a pas besoin d'être a l'étroit dans des vêtements de clanismes ou de ségrégationnismes pour être.

    Allah a dit dans le livre : "O vous les croyants, pour quoi dites-vous le contraire de ce que vous faites. C'est une grande abomination auprès d'Allah de dire ce que vous ne faites pas." Quand les mauritaniens décideront vraiment la reforme, l'enseignement se redressera.

    Il faut commencer dans les classes, pas dans les forums, sans début ni fin.