31-03-2013 09:06 - Les arabes et les touaregs ….. Quel conflit ?

Les arabes et les touaregs ….. Quel conflit ?

Au moment où des centaines de familles arabes et tamachèques vivent loin de leur pays et croupissent sous des feuilles de plastiques dans des camps de refugiés en Mauritanie, en Algérie au Burkina Faso, sans eau, sans médicaments, sans écoles ;

Au moment où des femmes chefs de ménage, nobles, dignes qui n’ont jamais tendu la main au cours de toute leur vie, se bousculent, transpirent, accouchent dans les rangs devant les hangars du HCR, quémandant une maigre poignée de blé, ou de haricot ;

Au moment où des hommes et des femmes civils arabes et touaregs restés au Pays, subissent les exactions, la mort gratuite et tombent sous les balles de l’armée malienne ;

Au Moment où nos jeunes désœuvrés laissés à eux même, subissent les arrestations arbitraires, l’oisiveté, le poids de l’exode, et de l’exil ;

Au moment où nos enfants meurent par dizaine de suites de paludisme, de malnutrition, de coqueluche dans les camps de refuge, le mauvais sort non content de nous avoir assez trainés des années durant, sur les chemins de la guerre, de l’exil, de la pauvreté, de l’analphabétisme, du retard économique, intellectuel, spirituel, et culturel, nous ouvre pour nous achever, les voies de l’enfer.

Le mauvais sort, nous entraine sur les chemins d’un conflit, cette fois-ci, entre nous mêmes arabes-touaregs (comme si nous étions deux). Nous sommes déjà victimes de nos errements, victimes des frappes de la France, victimes des exactions multiples et injustifiées de l’armée malienne, victimes de la CEDEAO, victimes de l’Orient et de l’Occident, victimes de nos divisions, de nos divergences, de notre orgueil profond, gauche et stupide.

Quel malheur ! Quelle déception ! Quelle tristesse de voir un peuple victime de sa propre histoire ! Quelle tristesse de voir un peuple menacé de disparition, un peuple perdu, pendu sans dirigeants, abandonné de tous, un peuple entrainé vers une guerre inter ethnique.

Voila un peuple malheureux qui subit les assauts conjugués du sort, de la guerre, des famines à répétition, les assauts de la déculturation et du malheur, un peuple victime du racisme, des exactions répétées et continues de ses ennemis.

Ce peuple est menacé de guerre, cette fois-ci, de guerre contre lui-même, contre ses hommes et ses femmes contre ses campements, ses propres enfants ou ce qui en reste. Voila un peuple perdu, condamné à disparaitre à s’évaporer laissant enfin à ses ennemis la joie de goutter à la victoire, le plaisir enfin de prendre sa terre, et d’en jouir à souhait.

Quelle folie, de vouloir nous en prendre à nous-mêmes contre nous-mêmes et par nous mêmes ! Quelle folie de vouloir retourner nos fusils contre nous-mêmes et pourquoi ? Quelle raison, quel argument quel mobile nous pousserait à nous entretuer, à nous suicider collectivement. Qui d’entre nous portera les lauriers de la honteuse victoire d’avoir vaincu son frère, d’avoir assassiné son frère, pour en suite se rendre à l’évidence comme le fils d’Adam qui, par cupidité, tua son frère avant de le regretter ?

Quelle faiblesse nous pousserait à écouter celui-là qui nous dressera les uns contre les autres ? Que nous offrira-t-il comme récompense après le forfait, sinon son mépris ? Quel serait le prix du sang de mon frère versé par arrogance, par égoïsme, par jalousie ?

Mes frères touaregs et arabes de l’Azawad, vous êtes les deux poumons d’un même corps. Vous êtes les deux facettes d’une même pièce. Détrompez-vous. Vous êtes UN et INDIVISIBLES. L’Azawad c’est vous ! Si l’Azawad brûle, il ne brulera que pour vous, et s’il devient un paradis, il le sera pour tous. Détrompez-vous ! Vous êtes liés par le sang, la religion la culture, l’histoire et la géographie. Vous êtes unis par la volonté de Dieu par le fardeau de l’histoire, de la nature impitoyable et implacable dont vous subissez toujours les assauts répétés depuis des siècles. Réfléchissez enfin !

Rien, ni personne ne pourra vous opposer, au point de prendre les armes contre vous-même. Avez-vous pensé un seul instant à vos frères et sœurs, à vos familles qui vivent ensemble, à vos campements qui vivent ensemble dans la peur et l’incertitude. Avez-vous pensé à ces milliers de familles voisines dans l’Azawad et ailleurs, qui partagent les plaisirs du voisinage, du métissage, qui partagent les mêmes terres de transhumance, les mêmes puits, les mêmes villes et villages, les mêmes peines et les mêmes joies ?

Avez-vous pensé un seul instant à la gravité de vos gestes, aux conséquences incalculables d’un conflit sur nos populations azawadiennes déjà fortement secouées par le drame qu’elles subissent depuis des décennies. Avez-vous pensé à la réaction des populations nomades que nous sommes ? Avez-vous pensé un seul instant à la déchirure que provoquera un tel conflit, aux innombrables familles liées par le sang et l’histoire, par le mariage, l’amitié des ancêtres, qui risquent de se séparer par l’escalade de violence.

Un conflit entre vous serait dévastateur, chaotique et signera votre fin à tous, car vous partagez les mêmes terres, les même points d’eau, les même montagnes et les mêmes vallées. Enfin pensez-vous réellement que vous ferez une entité stable les uns sans les autres, même si la France vous le fait croire ? Détrompez-vous ! La France vous lâchera. Les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts.

Je sais que vous n’êtes pas dupes. Vous n’atteindrez pas ce degré de faiblesse pour croire un seul instant que l’un d’entre vous pourra vaincre l’autre, ou s’en débarrasser à moins que vous ne soyez totalement aveuglés par l’ orgueil, et un égoïsme exacerbé.

Nous, populations arabo-berbères de l’Azawad, n’avons pas besoin de conflit. Nous avons assez souffert. Nous avons assez perdu de personnes chères, d’hommes de grande valeur et de biens incalculables. Nous avons assez supporté l’exil, le complexe d’infériorité, le goût amer de la solitude, de la servitude dans des pays où nous sommes encore considérés, après vingt ans de séjour, comme des étrangers. Nous en avons assez de cette situation. De grâce n’en rajoutez pas. Nous sommes déjà des exilés, ne faites pas de nous des paria.

Que représentons-nous même unis, à fortiori divisés ? A qui profite cette zizanie ? Qui tient les ficelles de ce jeu sordide où la seule et unique victime est, et demeure la seule communauté arabo-berbère ? N’avons-nous pas assez des querelles intestines et stériles?

Nous sommes deux communautés qui ont toujours vécu ensemble et partagé tout, des communautés-sœurs qui n’ont jamais considéré que la différence de dialecte constituait un frein ou une barrière quelconque. Des brigands, il y en a partout et de tout temps. Dans tout troupeau, il y a des brebis galeuses. L’instabilité est une réalité dans l’Azawad, un noman’s land abandonné, incontrôlé, mais un conflit inter ethnique aura des conséquences inimaginables qui ne feront qu’aggraver notre situation déjà précaire.

Votre région, mes frères, est l’objet de convoitises multiples à cause des richesses dont elle regorge, et de l’enjeu qu’elle représente. Ouvrez les yeux. Une quelconque division vous affaiblira davantage et vous exposera. Restez unis.

Chers frères touaregs et arabes, votre faiblesse réside dans votre division. Votre ennemi commun préfère vous voir désunis et affaiblis pour choisir le bon moment de vous porter l’estocade finale, le coup de grâce. Aujourd’hui vous constituez une force, Vos divergences constituent des atouts capitalisez-les.

Ne vous faites pas la guerre car vous la perdrez dans tous les cas de figure, et vous perdrez à tout point de vue, aussi bien entre vous-même, que face à votre ennemi commun. Les conséquences d’un conflit inter ethnique dépassent de loin, les causes du conflit lui même.

C’est pourquoi je vous lance cet appel pressant et solennel en mon nom personnel, et cet appel n’engage que ma seule personne. J’en appelle aux responsables que vous êtes, aux frères que vous êtes, et aux cadres conscients et avertis que vous êtes, pour placer l’intérêt de nos deux communautés au dessus de tout. Oubliez vos différences car vous n’en avez pas, et donnez-vous la main. Tous les différends trouvent une solution lorsque l’on accepte de s’asseoir, de s’écouter et de discuter.

J’en appelle à votre bon sens, votre foi en Dieu et aux sentiments patriotiques et solidaires qui vous animent. Mesurez la gravité de la situation. Nous sommes encore des tribus et notre attachement à la tribu est aveugle. En de pareilles circonstances notre réaction est spontanée et dépend fortement de nos liens de parenté. Votre division se répercutera sur nos tribus, sur nos fractions avec tout ce que cela entrainera comme conséquences….désastreuses.

Je souhaite vivement que nos frères des camps de refuge en Algérie, en Mauritanie, au Burkina Faso, au Niger constituent des comités de coordination (arabe-tamachèque) et organisent des rencontres intercommunautaires dans les camps, afin de rassurer les familles et barrer le chemin aux oiseaux de mauvais augure.

J’invite les frères arabes et touaregs, de Nouakchott, de l’Algérie, du Burkina Faso à organiser des missions de sensibilisation dans les camps de refugiés afin de calmer les esprits expliquer, rassurer, lever le doute et la suspicion, et rétablir la confiance.

Nos camarades d’ARVRA très engagés dans la défense de nos droits, sont fortement sollicités pour cette noble mission. Que les parents de la Diaspora s’investissent aussi par leurs conseils.

Nos frères webmasters d’Afrique, du Maghreb, de France, de Belgique, de Hollande, du Canada et des USA, et tous les amis et proches du facebook sont sollicités. Ils sont invités à calmer les esprits par des commentaires et des contributions constructives. Cet instrument de communication et d’échange est un couteau à double tranchant.

Nous devons nous en servir pour nous rapprocher les uns des autres, pour nous enrichir mutuellement, échanger et partager nos expériences. Nos ulémas et érudits, nos marabouts et nos frères de la Dawa doivent s’investir partout en prêchant la bonne parole, en rappelant aux musulmans que nous sommes le danger de la fitna, et la récompense des bonnes actions.

Je souhaite que cet appel soit entendu et relayé partout. Que ceux des frères et amis, que les bonnes volontés éprises de paix, et qui approuvent et partagent son contenu, le relaient à travers le monde pour qu’ensemble nous puissions tuer dans l’œuf cette menace dangereuse pour nous et pour la stabilité de notre région.

L’heure est grave.

Qu’Allah le Tout Puissant guide nos pas vers la voie de la raison et de la lumière Amen !

Mohamed Ould Moydidi
Mail : jekaniya@yahoo.fr



Commentaires : 14
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Commentaires (14)

  • Tajmahal (H) 31/03/2013 13:01 X

    Les arabes du Mali, sous le parapluie des Lebrabiches, sont toujours les bienvenus en Mauritanie, puisqu'ils sont chez-eux dans ce pays, comme leurs ancêtres l'ont été. Et la Mauritanie sera toujours de leur côté, d'abord, avant de l'être avec un tout autre pays de la région subsaharienne.

    Bien sûr, notre souhait est que le Mali trouve son unité et sa cohésion perdues, essentiellement à cause de la faiblesse de ses institutions et la corruption de ses dirigeants. Mais cette unité et cohésion retrouvées ne peuvent, et ne doivent l'être, au détriments des arabes maliens du Nord.

    Les dirigeants de la transition malienne doivent comprendre et intégrer ce principe fondamental, pendant qu'il est temps. Par conséquent, ils doivent envoyer des signaux concrets dans le sens de la reconciliation arabo-malienne.

    Le premier de ces signaux doit être l'arrêt immédiat des exactions pratiquées par les membres des forces armées et de sécurités maliennes contre les populations du Nord. Certes, le MNLA a commis des erreurs de jugements et de stratégies, mais il n'est jamais trop tard pour remettre les pendulles à l'heure. Car, tôt ou tard, le Mali devra faire fasse à sa réalité fondamentale: sa composition ethno-culturelle et son immensité géographique. Les français, les africains et les tenants des tambours du moments, ne resteront pas éternellement au Mali, peu importe son importance stratégique pour eux. Et là, on revient à la cas départ!!! À moins que ...

  • DIAM kissal (H) 31/03/2013 12:05 X

    comment est ce que on acheté les allumettes et en même temps on n'a peur de feux!!!!!!!!!!!!!! pourquoi pleurer pour ces gens là alors que c'est a cause d'eux que le nord du mali est dans cette situation... pourquoi ne pleure- tu pas du sort nous les négro mauritaniens,

  • hamadel (H) 31/03/2013 10:42 X

    vous étiez ou il y a quelque mois pendant les viols et les exactions de toutes sortes, je suis desolé de vous faire ce rappel

  • Zreiga (F) 31/03/2013 10:40 X

    Au Mali qui affronte ce problème et en Mauritanie qui a eu à affronter le même problème
    Que Dieu éteigne le feu de la haine et qu'il ramène la paix.

  • diallo2256 (H) 31/03/2013 10:32 X

    Bien dit Mine-you! Ces gens ne font que crééer des problèmes en parlant de région azawad ou de peuple azwadien et maintenant ils commencent à pleurer car ils ne savent plus ou donner la tete.

    Ou vous faites parti du peuple malien et vous serez traités en maliens mais il ne peut pas avoir une republique azawad dans une republique du mali: c'est insensé. Vous avez allumés le feu et maintenant il vous brule!!!

  • Oumar9 (H) 31/03/2013 10:30 X

    ptdr
    premièrement remercie Ould AbdelAziz
    deuxième soutien des bandits du MNLA après Sarkozy
    deuxièmement ou est la majorité Songhai et Peulhs dans tout ca ? pas de fraternité avec eux mr le reconciliateur selectif lol

  • Mohamed Ould Ismail (H) 31/03/2013 10:30 X

    Je remercie l'auteur de cet article pour son opinion sur ce qui se passe au nord de la république sœur du Mali. Je rappelle au peuple et aux soldats Maliens que la meilleure vengeance c'est le pardon et la tolérance qui sont le socle de toutes les religions.

    Que le mali retrouve son intégrité territoriale et que les Arabes et les touaregs recouvrent leurs droits et vivent en paix en cohabitant pacifiquement avec les autres communautés Maliennes.

  • sybasarr (H) 31/03/2013 10:30 X

    Vous avez bien dit ce que pensent des milliers de racistes en Mauritanie. Des references pour rappel: Mauritanie 1966, Mauritanie 1986, 1989, 1990, 1991, 1992, IRA, SOS Esclaves, El Hor,... la liste est longue.

    Les arabes valent-ils mieux que les mauritaniens? Quels liens entre Touaregs, Arabes, Coptes, Falashas?

    Quel etroitesse d'esprit. Y'en a qui par hypocrisie qui ont renie la foi en Dieu et salient l'Islam par leurs actes et infidelite!

  • balbastika (H) 31/03/2013 10:19 X

    Qui sème le vent récolte la tempête. C'est bien vous mêmes qui avez foutu la merde dans la région. Vous méritez bien ce qui vous arrive.

  • lelion (H) 31/03/2013 10:14 X

    Dommage que vous en soyez encore là malgré tout ce qui s'est passé au Nord Mali et non l'"AZAWAD". Militer pour la paix pour tous sans exclusion et c'est mieux.

  • Ksaleh (H) 31/03/2013 10:12 X

    Le ver est déjà dans le fruit, c’est cet esprit sectaire qui vous a perdu et est entrain de vous tirer vers les abysses. Depuis la décolonisation vous n’avez cessé de jouer au jeu de la pirouette, en vendant à chaque fois vos âmes au plus offrant. Il serait fastidieux de citer vos alliances avec une liste de diables dont le plus important et le plus destructeur fût le Colonel Khadaffi qui dans son délire vous a singularisé en arabe et touaregs contre les autres.

    Je dis que le ver était dans le fruit, c’est à cause du titre même de votre article. Le problème de l’Azawad n’est pas seulement arabe ou Touareg c’est un imbroglio qui concerne tous les peuplades qui se sont côtoyées et se côtoient dans cette province.

    Maintenant, la mal est fait et très avancé, il faut s’en sortir. Je vous indique comme médiateur l’expert mauritanien en affaires Azawadiennes Mr Mohamed Yahafdeh Ould Breideli qui peut être d’un secours grâce à son expertise dans l’embellissement de ce sectarisme. Je suis convaincu qu’il a des outils pour dénouer !

  • mine-you (H) 31/03/2013 09:53 X

    La faute à qui? Le premier responsable de cette malheur et le MNLA un groupuscule criminel qui a ouvert les portes du Mali aux obscurantistes et aux trafiquants du monde et qui ne représente rien ni les touregs encore les autres ethnies plus nombreuses dans cette région. La faute vous la situez très mal.

    La CEDAO fait son devoir qu'il avait failli pendant longtemps. Il n'existe pas une région AZAWAD ni un peuple AZAWADI, il y a les populations du Nord qui méritent soutien et respect.

  • geregne (H) 31/03/2013 09:22 X

    Vous étiez où en 1989????

  • Karakoro (H) 31/03/2013 09:19 X

    Moydidi,
    Tu me deçois en parlant de ce langage aussi engagé et révoltant comme si vous êtes devenu un révolutionnaire caché derrière des mots qui ne vous tiennent nullement au coeur.