05-04-2013 13:58 - Meurtre de Penda Soghé : Vaste mobilisation à travers les réseaux sociaux
En Mauritanie, le viol et le meurtre de Penda Sogué, 20 ans, enceinte de deux mois, mère d’un enfant de 3 ans, a suscité une importante vague d’émotion sur la Toile locale. Une émotion qui s’est rapidement muée en indignation. A tel point que pour une partie des internautes qui ont décidé d’exprimer leur colère sur les réseaux sociaux, « les meurtriers doivent être pendus publiquement ».
Sur facebook, de nombreux utilisateurs ont remplacé leur photo de profil par celle de la jeune défunte en signe de solidarité. Une page intitulée « Défendons Penda Soghé et ne l'oublions pas » a été créée à sa mémoire. C’est sur cette page que de nombreux utilisateurs font part de leur indignation.
Pour beaucoup d’internautes, cette affaire montre l’incapacité de nos forces de l’ordre à gérer l’insécurité qui règne dans la capitale depuis plusieurs mois et ceci malgré les rafles nocturnes.
Le Professeur Lo Gourmo s’est exprimé sur sa page facebook en ces termes: « L'Etat a la charge suprême d'assurer la sécurité publique, c'est-à -dire celle de chacun d'entre nous. Cela commence par le respect par l'Etat de ses propres lois et règlements.
Or, chez nous, ce sont les représentants de cet Etat qui cultivent, par leur attitude constante, l'impunité et le sentiment que dans ce pays tout est permis. Notre Etat est fondamentalement "insécuritaire" et criminogène. Le crime abject contre Penda est la signature sanglante de la faillite morale de notre société, le silence assourdissant de l'Etat, l’aveu de son impuissance criminelle.»
Quant au journaliste du Quotidien de Nouakchott Jedna Deina, il a fait la proposition suivante: « A tous ceux qui sont touchés par la mort cruelle de Penda! Et si demain on arborait tous sur nos profils de compte Facebook sa photo pour rappeler à ceux qui nous gouvernent, jeudi, un jour de conseil des ministres, que nous en avons marre de l’insécurité dans notre ville, des injustices et du laxisme des administrations? Mais aussi pour prier en communion pour que son âme repose en paix? Du matin au soir…Nous sommes tous Penda ».
Dans un billet publié sur le Quotidien de Nouakchott et repris sur sa page facebook, le journaliste Khalilou Diagana regrette l’absence des partis politique lors de la marche contre le viol et le meurtre de Penda Soghé. « Pour un oui ou un non, les partis politiques mauritaniens rivalisent de déclaration, de marches, de meetings... Pour Penda Soghé, 20 ans, enlevée, séquestrée et assassinée, pas l’ombre d’un mot venant de la classe politique mauritanienne. » a t-il affirmé
Pour le journaliste, cette affaire ne sera pas récupéré par les politiques par ce que « .qu’il n’est pas électoralement rentable ». Il ajoute « Nos politiciens préfèrent les généralités. Ils préfèrent prendre la défense de ceux qui peuvent renvoyer l’ascenseur. Ils préfèrent les soutiens indéfectibles au pouvoir pour profiter du gâteau. Notre classe politique, qu’elle soit majorité ou opposition, préfère le cadre moelleux du palais des congrès, des hôtels de luxe, aux habitas précaires de Nouakchott ou les femmes sont violée. », s’est indigné le journaliste.
Une mobilisation en ligne dont l’objectif premier est de rendre hommage à la jeune femme tuée et faire en sorte que sa tragique histoire ne sombre pas dans l’oubli mais puisse faire évoluer le droit de la femme en Mauritanie.
Djigo Souleymane
