07-04-2013 22:53 - Dissolution de l’ANAIR : Les Rapatriés Mauritaniens du Sénégal s’inquiètent
Depuis la Dissolution de l’Agence Nationale de l’Appui et d’Insertion des Réfugiés (ANAIR) la polémique continue de nourrir les rues et les lieux publics de Nouakchott. Après l’inquiétude exprimée du parti du Mouvement pour la Refondation (MPR), c’est au tour des Rapatriés Mauritaniens du Sénégal de se poser des questions sur leur avenir.
La dissolution de l’ANAIR suscite des grincements de dents. Dans une déclaration parvenue à l’Authentique, l’Union Nationale des Rapatriés Mauritaniens du Sénégal (UNRMS) a souligné en substance que la dissolution de l’ANAIR au profit de la création d’un établissement public dénommé Agence Nationale de Lutte contre les Séquelles de l’esclavages, de l’Insertion et de la lutte contre la Pauvreté (ANLSESILP) inquiète.
Est posé comme problème, le sort qui sera réservé à la communauté des rapatriés installés au Brakna, Trarza, Gorgol, Guidimakha et l’Assaba.
Et l’UNRMS de préciser en substance que la question des terres spoliées, l’indemnisation des éleveurs, le passif humanitaire n’ont pas encore trouvé des réponses idoines, sans parler de l’état-civil qui constitue un vrai blocage dans l’insertion des revenants. Autre problème soulevé : le sort qui devra être réservé aux réfugiés volontaires au rapatriement qui se trouvent encore dans les camps d’asile au Sénégal et au Mali.
Retour à la case de départ…
L ’Union Nationale des Rapatriés Mauritaniens du Sénégal n’est pas la seule organisation à s’insurgé contre cette dissolution de l’ANAIR qui risque de faire table rase de tous les efforts entreprit jusqu’à présent dans le cadre du retour des réfugiés en Mauritanie. Le parti MPR avait très tôt réagi. Dans un communiqué rendu public à l’occasion, le Mouvement Pour la Refondation (MPR) a estimé que :
« cette décision est d’autant plus surprenante et absurde qu’elle tombe à un moment crucial de la vie nationale et où les réfugiés revenus dans leur patrie s’attendaient beaucoup plus à une véritable insertion après 19 longues années de déportation.Selon le MPR, l’acte de dissolution de l’ANAIR, aux mobiles mystérieux, en pleine année budgétaire et sans aucune évaluation sérieuse, « constitue un mépris vis-à -vis des milliers de victimes, doublement spoliés de leurs droits élémentaires et légitimes ».
La polémique est ainsi nourrie autour de la dissolution de l’ANAIR ; nombre d’observateurs pensant que sa mission n’est pas encore terminée. « Prendre le fruit de la bouche des uns pour le placer dans la bouche d’autres » C’est ce que pensent d’autres qui sont par ailleurs certains que cela peut bien créer des dissensions ou de la jalousie entre les populations cibles. Faut-il rappeler que, comme l’ANAIR, cette nouvelle institution a pour mission de réaliser la politique du gouvernement à travers des programmes économiques et sociaux au profit de populations cibles.
Cheikh Oumar NDiaye
