10-04-2013 21:36 - Loupe du Jour : Le grade ne fait pas le militaire, la grandeur est ailleurs !
C’est la veillée d’armes dans la grande muette. Depuis que l’élévation des hauts gradés de l’armée au rang de général a investi les corps des forces armées et sécurité le rêve de tout officier est d’épingler un jour les épaulettes de cette nouvelle et prestigieuse consécration.
Désormais ce sont plus seules les étoiles qui forment une constellation sur le ciel des Etats-majors militaires. Ce décor sera embelli par des grappes de rameaux.
Est-ce le Signe que notre armée a franchi un pas de plus dans la discipline militaire dont le couronnement mérite bien une nouvelle médaille ou, au contraire d’une volonté de manipuler les tableaux d’avancements pour faire passer le commandement à une nouvelle génération de copains qui entendent s’imposer par le titre ?
Dans la carrière militaire l’avancement en échelon est dans les normes, la règle sacrée la plus scrupuleusement suivie qui consacre le respect des principes du mérite. C’est dès lors , le moment de fierté le plus intense que vit le soldat.
Quand le travail, la discipline et le dévouement régissent la vie d’un corps, l’armée assume pleinement son rôle de gardienne des valeurs républicaines. Rien n’est pire que la dépravation de la morale des troupes. La grandeur militaire est dans la foi du soldat à sacrifier sa vie pour sa patrie et son courage à répondre vaillamment toujours présent à l’appel du devoir.
C’est dans un champ de bataille que se révèlent les talents et non dans les bureaux climatisés et les voitures de prestige. Notre armée a une histoire. Elle a connu de brillants officiers et hommes de troupes. Les souvenirs de la guerre du Sahara sont encore présents dans les mémoires.
Les récits de cette guerre dans laquelle la Mauritanie s’est engagée sont dignes d’une armée qui pourtant ne disposait ni de matériel de combat performant, ni de moyens suffisants pour combattre un ennemi redoutable et rompu aux techniques de guérillas.
C’est cette armée de capitaines et de corporaux qui s’était illustrée de façon admirable. L’image de cette armée disciplinée, et dont les hauts gradés ignoraient le luxe et l’insolence des grandes villes a cédé la place à une nouvelle génération de bourgeoisie militaire portée vers l’argent et les affaires politiques.
Est-ce dans ces conditions qu’il faut faire du grade du Général une cerise sur le gâteau pour toutes ces gourdes aux jambes lourdes de paresse. Non, le grade ne fait pas le bon militaire. La fortune corrompt les valeurs qui fondent la grandeur d’une armée. Plutôt que de cultiver les vertus immatérielles dans nos troupes, on se contente de magnifier des apparats et de réduire les troupes à une soldatesque d’élites.
Nos « généraux » d’hier ne rivalisaient pas en prestiges. Ils se distinguaient par la grandeur d’âme et la vaillance devant les grandes épreuves. Le grade ne fait pas le militaire on peut l’ôter au combat sans reculer.
Cheikh Tidiane Dia
