11-04-2013 19:23 - B’il a dit et redit…
Ould Abdel Aziz dit…
B’il a dit et redit des tas de choses sur l’affaire du fils du premier citoyen du pays, sur son gendre, son neveu, sur le tir sympathiquement amical. B’il dira et redira des tas d’autres choses sur le président de la République, sur sa voie dans les parages de Toueila, sa voix d’Accra.
Sur sa voix qui dit oui, sur sa voix qui dit non. Toutes ses voix, jamais entendues par les Mauritaniens. On commence d’abord par la voix de Hamed Oumar, l’homme qui donne la voix de la honte, depuis Accra. Hamed Oumar a dit et redit à Biladi qu’il assume ses révélations et se dit même prêt à affronter les juridictions internationales.
« Je mesure les risques que je prends en faisant de telles révélations et je suis même disposé à témoigner et indiquer, un à un, toutes les personnes concernées par cette transaction ».
Injoignable depuis deux journées, en voyage nous dit-on, en lieu sûr rapporte une source à Biladi, Hamed Oumar disposerait également d’enregistrements vidéo de vingt minutes chacun où Coumba Ba, de ses plus beaux habits d’apparats, sa voix, son anglais châtié et ses différents dollars apparaît le plus nettement ou malhonnêtement, on ne sait plus, du monde.
Coumba Ba qui, selon certaines sources, serait repartie dimanche dernier en Afrique, dans l’espoir de renouer contact avec Hamed Oumar. Sa mission consisterait à prendre possession des enregistrements vidéo, en contrepartie d’un montant faramineux qu’elle a déjà prononcé au cours de l’entretien qu’elle aurait eu jeudi dernier avec l’intermédiaire malien. Peut-être aussi, une occasion pour ramener l’indiscret associé à de meilleurs sentiments à l’égard des ses anciens partenaires.
Coumba Ba verse …
Pourtant, on ne sait même pas comment Mohamed Ould Abdel Aziz a pu renouer contact avec sa galante émissaire, Coumba Ba. Elle qui, comme Hamed Oumar, aurait perdu, depuis quelque temps, tout contact avec le boss. Elle n’aurait même plus accès à la présidence de la République, où elle est pourtant officiellement conseillère du locataire du palais ocre. Les mauvaises langues la disaient pleurant sa descente aux enfers en silence. Elle verserait même parfois quelques larmes sur le bureau du Premier ministre.
Tantôt elle les verse, ses larmes, sur les épaules d’un proche ami. On ne sait pas vraiment la cause de la mise à l’écart de la compagnonne de route, toutes les routes africaines, de Mohamed Ould Abdel Aziz. Mais on se souvient, dans les hautes sphères de la République, que Coumba Ba a failli trépasser, en 2009, quelque part au Nigéria.
N’eut-été l’intervention du président de la République auprès des autorités nigérianes, Coumba allait se compter, aujourd’hui, parmi les morts. Elle est revenue complètement perturbée. Elle aurait passé une bonne cure de gris-gris pour reprendre le dessus. L’intervention du président était salvatrice, alors. C’est peut-être le prix à payer pour qu’elle se fasse exiler dans sa vallée natale et continue de pleurer à tout venant. Jusqu’à jeudi dernier où elle est remise en sellette africaine.
Le bon vieux temps. Le temps où elle sillonnait les capitales africaines pour dire et redire des choses sur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. Elle propageait, un peu, la bonne parole de la junte qui a renversé ce dernier. Elle faisait comprendre clairement à ses hôtes, parmi les autorités africaines, que le vieux marabout n’était qu’un vil raciste et qu’il méprise les communautés noires de la Mauritanie.
C’était la commande de l’époque. Et Coumba Ba savait honorer les commandes d’Ould Abdel Aziz. Elle n’allait se rendre compte de la gravité de ses accusations qu’une fois à l’aéroport de Nouakchott. Où elle croisait Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui entamait un voyage de pèlerinage à la Mecque. Elle aussi, peut-être, se dirigerait vers quelque Mecque. A chacun sa qibla. Elle espérait que l’ancien président civil, lui, qui a pardonné à tous, on s’en souvient dans son discours de démission, allait la saluer.
Des larmes de crocodile…
Mais Sidi avait, semble-t-il, mal pris les accusations africaines de Coumba Ba. Il l’a tout simplement évitée. Arrivée à bord de l’avion, elle s’est assise juste à côté de l’ancien président. Une seconde tentative de salamalec. Niet. Rien à faire. Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, lui, qui est disciple fervent du Cheikh Brahim Niass, un négro africain du Sénégal, Chef spirituel émérite de la confrérie Tidjania, n’arrivait pas à oublier le compte rendu qui lui a été fait sur les missions africaines de Coumba Ba.
Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdalla détourne carrément son visage de sa voisine. Elle comprend enfin. Et ne trouve refuge en dehors des toilettes de l’appareil dans les airs déjà . Là -bas, elle pleure. Elle pleure jusqu’à épuisement de ses larmes.
L’autre jour, quand elle a reçu l’appel de son ex futur président et commandeur, elle a essuyé les dernières larmes de sa souffrance morale. Et s’est dite, dans ce qu’elle se dit, que ses voyages en Afrique Noire ne riment pas vraiment avec les larmes de regret. Parce que dans cette Afrique-là , dont les espaces sont l’alliance naturelle de fleuves et de marécages, il faut se faire crocodile. Et si des larmes devaient couler, pour Coumba Ba, ce seraient des larmes de crocodiles.
Boidiel : Cap pour cent millions et poussière…
B’il a dit et redit des tas de choses sur l’affaire du fils du premier citoyen du pays, sur son gendre, son neveu, le tir sympathiquement amical. Boidiel Ould Hoummeid fait partie de la Convergence pour une Alternance Pacifique, la CAP. Il en serait même la porte voix. Une voix pas très ambitieuse, comme celle de son maître du moment. Celle dont l’ambition ghanéenne se compte en cantine de supers dollars.
Non, l’ambition de Boidiel se résume à reprendre possession du montant de cent millions et poussière qu’il a versé injustement au trésor public, à la suite d’un rapport accablant, inspiré par l’Inspection Générale de l’Etat, au temps, où les Mauritaniens y croyaient. C’était bien avant les affaires du fils, du neveu, du gendre, du tir ami, et de la voix qui vient de très loin de son nouvel allié.
L’ambition est en cours de réalisation. Dans quelques jours Ould Hoummeid va recouvrir ses avoirs. Et comme, pour Mohamed Ould Abdel Aziz, chaque sou sorti de n’importe où, il faut payer un prix fort, Boidiel s’est bien montré disposé à jouer le jeu.
Il est contre un second dialogue. Il est contre un gouvernement de large consensus. Il est contre l’initiative de son propre collègue de la CAP, Messaoud Ould Boulkheïr. Il est contre tous ceux qui sont contre Aziz, en somme. Un petit cent millions d’ouguiyas, ce n’est rien contre tous ces engagements. La CAP, pour l’ancien ministre de Taya, est tout simplement un cap vers cent millions et poussières d’ouguiyas.
B’…
Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.
