16-04-2013 06:39 - Billet du jour : Quand une ville dévore ses habitants
Nouakchott est devenue cette ville qui s’étend dans tous les sens. A perte de vue. Elle n’est plus cette capitale innocente où chacun connaissait chacun. Où l’argent se gagnait à la fin du mois à la sueur des services rendus à l’Etat, au pays.
Ce n’est plus aussi cette ville paisible où on pouvait facilement distinguer le bon du méchant. Le voyou était repéré sans peine par les badauds du quartier qui le rouaient de coups avant de le conduire à pied , au commissariat le plus proche. Dormez où vous voulez, à la belle étoile.
Vous ne serez pas agressés par des malfrats. Ce n’est plus cette cité calme dès le coucher du soleil envahie par la fraicheur d’un océan généreux.
Oui tout était généreux dans cette ville aux habitations modestes, aux hommes modestes et aux enfants respectueux et fiers de leurs enseignants apprenant à parler le bon usage des langues très tôt. Pas de vulgarités des mauvais films, ni l’insolence des nouvelles technologies avec leurs gadgets. Pas d’argent ramassé dans des opérations sales. C’était la ville harmonieuse, fédératrices des valeurs nationales.
Le citoyen de l’Est côtoyait son voisin du sud dans le plus grand respect. Le boutiquier du coin s’appelait Mohamed, brahim ou idrissa, peu importait. C’était le bonheur de tous les habitants de ce lieu. Nos mosquées n’étaient pas ces grandes constructions de style orientale . Elles étaient des références religieuses grâce à leurs Imams peu portés vers le bien d’ici-bas. Bref tout était en ordre dans cette ville charmante, accueillante. Pas de course aux gazras, pas de carrosseries clinquantes.
Tout a changé au fil des années, de façon étrange et anarchique. C’est maintenant une ville aux mille et une courses, où il faut trimer comme une fourmi pour survivre. Où il faut mentir, tuer, voler pour assouvir ses instincts sordides. Une ville qui ne cesse de dévorer ses habitants. On ne s’y attendait pas….
Amadou Diaara
