16-04-2013 21:13 - Loupe du Jour : La politique, cette arme destructrice !
Notre démocratie ou ce qui en tient lieu, est prise en otage par des forces qui avaient contribué à son émergence. Dans des circonstances difficiles où cela n’était pas une sinécure.
Après une longue bataille engagée des années durant par des figures hostiles à un pouvoir qui refusait toute forme de revendication des libertés politiques qu’il réprimait par le canon , le sommet de la baule point de départ de l’ère des démocraties en Afrique a ouvert la voie en Mauritanie à l’instauration du multipartisme.
Le parcours a été harassant pour des leaders qui faisaient l’apprentissage du mode électoral tout nouveau dans un contexte où les esprits n’étaient pas encore préparés à faire le choix de leurs élus suivant des bases objectives.
La conquête du pouvoir donnait lieu à l’usage de pratiques frauduleuses à ciel ouvert. Le candidat à sa propre succession disposant des moyens de l’Etat pour se donner le score qu’il veut avant la tombée des rideaux. Ni les vociférations des perdants, ni les caillassage des militants en colère ne remettaient en cause les résultats. Passée l’investiture de l’homme fort, la vie reprenait son cours normal. Les mauritaniens ont vécu deux décennies de bourrages des urnes. Une manipulation du peuple, un gaspillage des biens de l’Etat, au service d’une vaste parodie électorale.
Cette situation de banalisation du jeu électoral a réduit le scrutin démocratique en une partie de cirque jouée pour distraire le peuple. C’est avec de telles méthodes que l’opportunisme a été érigé en « valeur » pour accéder à un poste, bénéficier des avantages indus, jouir de privilèges illimités pour son allégeance au clan politique du président. Le destin de la Mauritanie s’est joué à travers des pratiques peu orthodoxes qui ont cultivé la facilité, le faux et l’usage du faux, avili les principes du mérite par l’effort. Tout le monde a embarqué dans ce navire sans jamais se démarquer de cette ligne dangereuse.
L’opposition de l’époque s’intéressait peu à la trajectoire des fortunes qui inondaient les caisses de l’Etat. Les leaders des grandes formations étaient plus portés aux discours de campagnes que de fouiller dans les affaires de l’Etat. La seule grande opération offensive fut celle des déchets toxiques signalés dans certaines localités du pays. Pendant que des réseaux de drogues proliféraient et profitaient à tous les bords politiques. La bataille politique n’affectait pas le climat général.
La vie des mauritaniens continuait son cours dans l’indifférence totale où l’argent coulait à flot pendant et après la campagne. Aujourd’hui que la démocratie a atteint un seuil de maturation, la politique intervient bizarrement comme une arme destructrice qui, loin de corriger les maux qui gangrènent le pays pollue les rapports entre ses acteurs et fragilise l’édifice transformé en un champ de bataille nourrit chaque jour de scandales réels ou supposés, troublant la vie sociale des citoyens. En clair, la démocratie mauritanienne n’est pas sortie de la quadrature du cercle pour entamer un nouveau départ !
Cheikh Tidiane Dia
