17-04-2013 15:04 - Association de lutte contre la dépendance (ALCD) : Campagne à Nouakchott contre les conflits conjugaux - [PhotoReportage]
L’Association de lutte contre la dépendance (ALCD) en collaboration avec l’ambassade des Etats-Unis a entamé hier, mardi 16 avril 2013, à partir de la nouvelle zone de Tarhil de Dar-Beida à Nouakchott, une compagne de sensibilisation des populations cibles sur la prévention des conflits et des violences conjugales qui sillonnera les 9 Moughataas de la Capitale.
Entamant sa nouvelle croisade contre le fléau des dissensions familiales qui affecteraient, selon des études, plus de 80% des foyers mauritaniens, Mme Toutou Mint Ahmed Jiddou, présidente de l’ALCD a d’abord remercié les femmes de Dar Beida qui selon elle, sont des pionnières en matière d’éveil par rapport à la problématique posée.
Elle les a exhortées à davantage d’efforts pour relayer les informations relatives aux nouvelles politiques d’émancipation sociale et de protection juridique que l’Etat mauritanien et ses partenaires, telle que l’ambassade des Etats-Unis, ont mis à leur disposition.
A défaut des canaux traditionnels de règlement des conflits familiaux, elle a indiqué que les centres ouverts par son association sont là pour les aider à surmonter leurs difficultés et les aider à retrouver la cohésion de leur foyer ou à défaut les appuyer pour avoir leurs droits.
Elle a indiqué que les ménages mauritaniens sont de plus en plus confrontés à la recrudescence des violences et des conflits conjugaux qui se terminent la plupart du temps par le divorce et l’abandon de l’homme de ses responsabilités religieuses et sociales envers la femme divorcée et ses enfants.
La rupture de la prise en charge de l’ex-épouse et de sa progéniture, constitue selon Toutou Mint Ahmed Jiddou la plus grande partie des cas qui sont exposés à l’ALCD. Selon elle, en 2012, l’Association qu’elle dirige a traité plus de 2000 cas dont 30% sont constitués par les refus des hommes d’honorer la prise en charge de la femme divorcée et de ses enfants.
Elle a aussi fustigé les mariages précoces et démontré ses conséquences néfastes sur l’avenir de la fille et sur sa santé, indiquant que pour prendre en charge les innombrables problèmes de conflits conjugaux qui lui sont exposés, l’ALCD dispose d’équipes pluridisciplinaires, dont des avocats, des médecins, des sociologues et des femmes formées dans l’accueil, l’écoute et l’accompagnement des victimes.
A son tour, Dr.Mohamed Ould Habib, consultant et expert agréé dans le domaine de la prise en charge psychosociale a insisté sur l’éducation et la formation des enfants, s’appesantissant dans son intervention sur le concept de violences.
Il a expliqué aux femmes présentes, une quarantaine de participantes, qu’il existe quatre types de violence : la violence physique, la violence morale, la violence sexuelle et la violence par négligence, la plus insidieuse dira-t-il. Les conséquences de toutes ces formes de violence sont selon lui incalculables, car elles peuvent aller du meurtre à l’handicap physique, voire mentale et psychotique.
Plusieurs jeunes filles, la plupart des écolières, mais aussi des garçons ont assisté à la manifestation animée par un groupe de jeunes rappeurs qui ont chanté des morceaux en rapport avec les thèmes de la violence conjugale, du Sida et de la déperdition des enfants sans soutien. Il faut souligner que la Campagne de sensibilisation des populations cibles sur la prévention des conflits et des violences conjugales animée par l’ALCD se poursuivra jusqu’au 21 avril courant.
Cheikh Aïdara
