08-05-2013 08:18 - Mauritanie : Des maîtres d’esclaves a l’agence Taghadoum (ANLSESILP)

Mauritanie : Des maîtres d’esclaves a l’agence Taghadoum (ANLSESILP)

Mon blaze c’est Yimbi Kumma, rappeur Soninké, de père Soninké et de mère Peul. J’ai grandi entre le Guidimakha et Nouakchott. Depuis 2004 je suis engagé dans le rap pour porter la parole de la jeunesse et de toutes les personnes sans voix. Je suis un homme engagé et porté sur la modernité avec les valeurs de justice et d’équité de notre société multi séculaire.

C’est la raison pour laquelle je me permets aujourd’hui de dire qu’il est temps de passer aux actes et non pas de rester sur des paroles en l’air. Ce message est dirigé en premier à la nouvelle génération pour dépasser leur complexe et vers toutes les personnes éprises de paix et de l’unité pour notre cher pays la Mauritanie.

Actuellement, au Guidimakha , les descendants des victimes de l’esclave ou de condition servile n’ont pas les mêmes droits que d’autres personnes se disant nobles.

Les mauritaniens antiesclavagistes et autres amis de notre pays doivent retenir que l’esclavage existe bel et bien chez les maures, mais aussi bien dans les autres communautés négro-africaines et en particulier dans la communauté Soninké . Dans cette communauté ; l’on est esclave de père en fils et même après la mort, les esclaves sont enterrés dans des cimetières séparés. Il n’est pas nécessaire de dire ici la complexité de la stratification de la société Soninké et de ses valeurs conservatrices depuis la nuit des temps.

Après la désignation Me Hamdi Ould Mahjoub à la tête de l’Agence Takhadoum de lutte contre les séquelles de l’esclavage ainsi que de son secrétaire général M.Sidi Maouloud Ould Brahim, le pouvoir vient de coopté M. Camara Moussa Seydi Boubou comme président du conseil d’administration de cette structure. Aucune action dans le domaine de la lutte contre l’esclavage ou de ses séquelles au Guidimakha ou ailleurs dans notre pays n’est à mettre à l’actif de M. Camara Moussa Seydi Boubou ou à un autre de cette caste de privilégiés par ascendance.

Il est à rappeler ici, l’actualité de la question de l’esclavage et/ou des personnes de condition servile dans la communauté Soninké, dont notamment la propriété des terres non résolues à Coumba N’Daw, à Diaguily … et aussi, du dictat des Soniké Tounka Lemu pour lesquelles le sieur et l’élite susnommés se sont illustrés par leur silence complaisant.

Leur implication dans les campagnes de dénigrement de cadres non assimilés aux nobles ou des castes, comme le cas le plus connu fut celui de la nomination de M. Timéra Boubou par l’ancien régime de Ould Taya. Il est utile de souligner que la création de l’Agence Takhadoum de lutte contre les « séquelles de l’esclavage » est le résultat du combat de plusieurs décennies de femmes et d’hommes épris de paix et de justice, dont le fer de lance a été et sont les Haratine.

Ceux qui devaient conduire la mise en œuvre du programme de cette structure, auraient été des personnes connues pour leur probité intellectuelle, morale et leur engagement pour cette cause, qui prend aujourd’hui une ampleur sans précédent dans la vie de nos populations laissées pour compte dans la périphérie des grandes villes comme Nouakchott, Nouadhibou, Rosso, Kaédi, Kiffa… et les villages.

D’autant que, des cadres de hauts niveaux, engagés dans la lutte contre l’esclavage et l’injustice se trouvent par milliers dans nos administrations publiques et parapubliques. Il apparait qu’en Mauritanie, que seuls les fils de grandes tentes ou de grandes cases sont promus par les différents régimes et ceux de l’indépendance de notre pays à ce jour.

La nouvelle génération décomplexée et assumant leur héritage pour l’inscrire dans la république, doit prendre en charge cette réalité pour l’éradiquer dans le pays et en particulier dans la communauté Soninké et de donner un coup fatal aux vieux réflexes de domination « d’élus » par l’on sait par quel démons.

Les descendants d’esclavagistes avec leur éducation de préséance ne peuvent apporter de solutions significatives à la question de l’esclavage et encore moins à ses séquelles, et ceux quel que soit leurs études académiques ou diplômes et/ou leurs expériences professionnelles dans tous les corps de métiers. Ils sont les garants de l’ordre ancien qui préserve et perpétue l’esclavage dans forme les plus abjects.

J’appelle les médias, les artistes, les associations et la population à nous soutenir pour une grande manifestation en 2014 à Nouakchott pour la Citoyenneté. Je demande à tous les mauritaniens de répondre à cet appel car nous sommes un pays qui doit rester unis et indivisible.

Enfin, je lance un appel solennel au président de la République mauritanien qui est le seul ayant la possibilité de régler ce problème de discrimination qui règne dans le pays. Le Guidimakha comme la Mauritanie n’appartient pas à une seule famille mais à l’ensemble de la population vivant sur son sol.

Papa Coulibaly dit Yimbi Kumma

Membre d’ARMEPES-France


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Commentaires (8)

  • thiapalo2013 (F) 09/05/2013 10:23 X

    je salut le courage de ce garçon qui dénonce à visage découvert des pratiques hélas bien vivantes chez les gens du Guidimaka. Il ne s'agit pas de continuer à nier la vérité ou de faire de cette pratique une panacée pour la société maure. Bien réelle est l'existence du mal.

    Je suis chagriné par le fait que des champions de l'esclavage puissent être nommés à la tête de structures destinées à combattre l'esclave. Mr Camara devrait d'abord néttoyer devant sa case. Car semble -t-il chez lui ds son bled les faits sont vivaces.

    Combien de conflits fonciers sont pendants au Guidimaka? Diaguily, Coumba Ndaw, Diogountoro etc. N'y avait il pas jusqu'à une date recentes des cimetières et des mosquées séparés?? Il ft accepter le mal et le soigner plutôt que de s'inscrire ds la logique de la négation. Pauvres sarakolés!!! le soleil regarde votre communautés mourir.

  • sahelien (H) 08/05/2013 15:24 X

    ce genre de denonciation est a encourager, mais avec un peu plus de faits et moins d'accusations gratuites. Et surtout eviter d'antagoniser des gens qui n'ont rien fait de mal. Par exemple, juste parque quelqu'un est d'un statut dit "noble" ne fait pas de lui/elle une esclavagiste. il s'agit d'une sitiation heritee, tout comme etre noir ou etre arabe. Une situation de naissance ne reflete pas les valeurs morales individuels qu'on arbore....

    et vous serez surpris que des fois les plus anti-esclavagistes sont parmi les nobles ou maures blancs.... et dans cette longue lutte, cela aide d'avoir des amis la ou cela compte (c-a-d dans la classe dirigeante)... . bonne chance

  • BELMAGVAR (H) 08/05/2013 13:23 X

    En effet l'esclavage existé bien chez toutes nos composantes ainsi que les castes.

    Mais oublions toute cette épisode de notre histoire,comme tout le monde et tournons nous vers autre chose de plus important construire notre pays par la force de notre unité.

    Le reste ne sert à rien: FLAM en sait quelque chose et heureusement elle se résaisit et fait marche arriére maintenant.

  • chicokaedien (H) 08/05/2013 13:00 X

    en fait comme vous le dites, vous-même votre surnom'yimbi kumma" qui veut dire en soninke soufleur de feu, ton article est truffé de mensonges, je suis d'accord avec toi, si tu dis dis que y des sequelles de l'esclavage, mais les pratiques physiques qui s'y rattachent n'existent pas.

    Tu ne verras ds aucune maison soninké où on fait travail sans paiement, pour les cimetières, il n'y a qu'un seul village où ça existe mais je vais taire le nom, et même cela a des raisons historiques.

    En effet les premiers captifs n'étant pas musulmans on les enterrait à part,et leurs descendants ont voulu à leur que leurs corps se reposent à côté de leurs ancêtres, c'est ce qui continue jusqu'à présent mais à tendance à disparaitre. à bon entendeur salut

  • conseil (H) 08/05/2013 11:58 X

    Il est a signalé que si les Mauritaniens imitaient les soninkés dans leurs organisations leurs structures leurs travaux cela aurait engendré une certaine rigueur sociale plus importante et surtout pour les populations les plus démunis qui se livrent actuellement à des actes étranges dans le continent .Sans oublier tout en espérant pour les compatriotes que ce Camara Seydou Boubou sera comme l' ancien directeur de la fonction publique qu’ il porte le nom et le prénom.

  • mohamed w.l (H) 08/05/2013 10:32 X

    mon ami khourouj
    Il s’agit plutôt d’une situation sociale, héritée d’une longue histoire. Il nous appartient, à nous, noirs d’aujourd’hui, d’en changer le cours. En arrêtant de nous détester, de pleurnicher sur la partie la moins glorieuse de notre passé, en nous disant que notre histoire ne se résume pas à l’esclavage et à la colonisation, que toutes les autres civilisations sont passées par ces stades.

  • khourouj (H) 08/05/2013 10:16 X

    Honte à vous kumma et non lejuste, on ne peut pas accuser toute une communauté sans preuves.

    Il faut d’abord s’entendre sur la définition du terme « esclavage ». Le dictionnaire Larousse en donne la définition suivante : « Fait pour un groupe social d'être soumis à un régime économique et politique qui le prive de toute liberté, le contraint à exercer les fonctions économiques les plus pénibles sans autre contrepartie que le logement et la nourriture ».

    Alors que Wilkipédia dit : « L'esclavage est la condition d'un individu privé de sa liberté, qui devient la propriété, exploitable et négociable comme un bien matériel, d'une autre personne ».

    En conséquence, si vous trouvez un esclave dans le milieu soninké répondant à la définition précise et juridique faits nous signe parce que la liberté et le respect de tout homme est obligatoire et cette cause doit nous souder et pas nous diviser en lançant des invectives et mensonges à l’encontre de toute une communauté. Les fautifs (esclavagistes) quel que soit leur origine doivent être punis mais s’en prendre à tous relève de l’extrémisme et donc de la division.

    S’en prendre aussi gratuitement à Camara Moussa relève de la mauvaise foi : as-tu trouvé chez lui un esclave ou un torturé et au nom de quoi n’a-t-il pas le droit d’accéder à un poste de la république parce qu’il a une origine sociale « avantageuse ». Les poste de la république ne peuvent être réservés et le dire, comme vous le faites, c’est faire preuve de sectarisme.

    Votre mensonge va plus loin en parlant de cimetières de l’apartheid : pouvez vous nous donner les adresses de ces fameux cimetières ?

    Que dans le passé, dans toutes les sociétés humaines, malheureusement, de l’esclavage et l’oppression aient existé, je ne disconviens pas, mais de grâce soyons véridiques en analysant la situation actuelle et en étant factuels. Personne ne peut être ténue des actes même d’un proche parent.

  • lejuste (H) 08/05/2013 09:24 X

    Au moins quelqu'un qui veut etre juste dans se jugements. Contrairement à notre "journaliste" Camara, ce jeune Soninké crie le feu partout où il le voit et loin de toute perfidie, ne se voile pas les yeux pour le crier chez le voisin et occulter les flammes qui dévorent sa case.