17-05-2013 02:51 - Sénégal : Karim Wade contre-attaque

Sénégal : Karim Wade contre-attaque

La Cour de justice de la Cedeao examine le 17 mai une requête des avocats de Karim Wade, qui poursuivent leur offensive contre l'État sénégalais.

Tandis qu'à Dakar les magistrats de la Cour de répression de l'enrichissement illicite (Crei) instruisent la procédure visant Karim Wade, soupçonné d'avoir acquis frauduleusement plus de 1 milliard d'euros, à Abuja, leurs confrères de la Cour de justice de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) devront bientôt se prononcer sur une dimension annexe du dossier.

Après une première manche disputée début 2013, qui s'était traduite par un désaveu partiel de l'État du Sénégal - l'interdiction de sortie de territoire de Karim Wade et de cinq autres anciens ministres ayant été déclarée illégale ­-, les avocats du fils de l'ex-président entendent cette fois faire constater la « détention abusive » de leur client, incarcéré à Dakar depuis le 17 avril.

Selon eux, la loi sur l'enrichissement illicite contreviendrait « à tous les grands principes », en particulier la présomption d'innocence et les droits de la défense. Une analyse que les avocats de l'État sénégalais se préparent à contrecarrer dans leurs plaidoiries.

"Force obligatoire"

Bien qu'elle ne porte pas sur le fond du dossier, l'audience qui doit se tenir le 17 mai peut néanmoins placer la justice sénégalaise en délicate posture si la juridiction d'Abuja devait à nouveau donner gain de cause, ne fût-ce que partiellement, aux requérants. Aux termes du traité révisé de la Cedeao, ses arrêts ont en effet « force obligatoire à l'égard des États membres », lesquels sont susceptibles d'être soumis à des sanctions - pouvant aller jusqu'à « la suspension de la participation aux activités de la Communauté » - en cas de « non-respect de leurs obligations ». Membre éminent de la Cedeao et État de droit reconnu, le Sénégal pourrait difficilement passer outre un second désaveu sur le plan du respect des libertés publiques.

Par Mehdi Ba


Source : Jeune Afrique
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