18-05-2013 10:13 - FONADH : Déclaration sur les anciens fonctionnaires et agents de l'état victimes des évènements de 1989

FONADH : Déclaration sur les anciens fonctionnaires et agents de l'état victimes des évènements de 1989

Depuis le 15 octobre 2009, date de la décision du Conseil des Ministres de procéder au recensement des anciens fonctionnaires et agents de l’Etat, victimes des évènements de 1989, en vue de règlement de ce dossier, la situation de ces victimes ne cesse de se détériorer.

En effet, après le recensement effectué en Mauritanie et dans les principales capitales du monde qui accueillent nos compatriotes, en janvier 2010, la Commission Nationale créée par décision du Conseil des Ministres précitée, a rendu son rapport final en septembre 2011 à la Ministre chargée de la fonction publique, membre du Comité inter ministériel.

Il a fallu attendre plus d’un an, le 15 octobre 2012, pour avoir une nouvelle décision du Conseil des Ministres, définissant les modalités pratiques de règlement.

Il importe de préciser que cette décision ne correspond pas malheureusement aux propositions, jugées très réalistes, de la Commission nationale. Malgré tout, les victimes ont commencé à percevoir une indemnité symbolique, en dépit de l’absence d’un certain nombre de victimes sur les listes détenues par la Commission. Paradoxalement, les fonctionnaires et agents qui ont été réintégrés avant la décision du gouvernement, n’ont pas bénéficié de cette indemnité sous un fallacieux prétexte.

En outre, la situation du personnel des établissements publics, en majorité non recensé, n’a même pas été examinée à ce jour, en dépit des promesses et de quelques actions ponctuelles et partielles.

La décision du Conseil des Ministres comporte surtout une disposition très en-deçà des attentes des victimes : il s’agit de la non prise en compte de la reconstitution de carrière. En particulier, pour les personnes ayant atteint l’âge de la retraite, il a été décidé de se référer à l’indice de 1989 des intéressés.

Il importe de rappeler que le traitement de cette question ne doit pas être juridique. Il s’agit pour l’Etat, de procéder à une réparation d’une violation grave de droits humains. Les victimes ne sont pas responsables de leur absence de leurs lieux de travail et même du pays, durant cette longue période. Ne pas en tenir compte, constituerait une double injustice.

Enfin, la situation de plusieurs victimes entre autres : les paysans, les éleveurs, n’a pas été abordée. Les fonctionnaires et agents de l’Etat constituent une infime minorité par rapport à toutes les victimes des regrettables événements de 1989.

Si la décision de réparation a été saluée avec force par les victimes, il est regrettable de constater que sa mise en œuvre souffre de blocages et difficultés multiples.

C’est pourquoi les responsables et militants du FONADH :

 expriment leur indignation face aux agissements contraires aux engagements des autorités mauritaniennes ;

 demandent la poursuite des opérations en faveur de l’ensemble des victimes des secteurs public et para public ;

 exigent la reconstitution des carrières, pour l’ensemble du personnel et notamment pour les personnes devant bénéficier des droits à la retraite,

 exigent le rétablissement de toutes les victimes de 1989 dans leurs droits.

Fait à Nouakchott, le 14 mai 2013

***********************

I. Forum des Organisations Nationales des Droits Humains (FONADH)
- 1. Association des Femmes Chefs de familles (AFCF),
- 2. Association Mauritanienne des Droits cde l’Homme (AMDH),
- 3. Association Mauritanienne pour la Promotion de la Langue et de la Culture SOONINKE (AMPLCS),
- 4. Association pour la Renaissance du Pulaar en RIM (ARPRIM),
- 5. Association pour le Renforcement de la Démocratie et de l’Education Citoyenne (ARDEC),
- 6. Comité de Solidarité avec les Victimes des Violations des Droits Humains en Mauritanie (CSVVDHM),
- 7. Groupes d’Etudes et de Recherches sur le Démocratie et le Développement Economique et Social (GERDDES),
- 8. Ligue Africaine des Droits de l’Homme (Section Mauritanie),
- 9. Ligue Mauritanienne des Droits de l’homme (LMDH),
- 10. Regroupement des Victimes des Evénements de 1989- 1991 (REVE),
- 11. Collectif des Veuves,
- 12. Mouvement des Veuves et des Rescapés Unis pour la Dignité Humaine (MVRUDH)
- 13. SOS – Esclaves.
- 14. Association pour la Promotion de la Langue Wolof en Mauritanie
- 15. Association pour le Développement Intègre de l’Enfant
- 16. Association d’Appui au Développement à la base des Communautés



Source : Fonadh
Commentaires : 5
Lus : 1760

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (5)

  • Garbarimba (H) 18/05/2013 17:35 X

    le nationaliste!
    Je pense que c'est une erreur de votre part de rattacher à des puissances étrangères des problèmes Mauritaniens créés par des dirigeants mauritaniens à une certaine époque, avec la bénédiction de nationalistes étroits.

    C'est au temps de O Taya qu'on justifiait ainsi tout conflit interne. Nous vivons une autre époque. Nous ne vivons plus sous un état d'urgence, Chacun est libre d'exprimer ses idées sans crainte. Là où nous sommes d'accord est qu'il y a des courants politiques entretenus par des extrémistes de tout bord qui ne se reconnaissant que dans des conflits.

    Cependant nous devons reconnaître que la question du passif humanitaire est une question nationale et pas une une question singulièrement négro-africaine même si ils sont les victimes. Les arabes doivent soutenir leurs frères négro-africains dans cette épreuve et éviter de la politiser, et écarter tout esprit chauvin. Les négro_africains doivent eux aussi adopter la même attitude.

  • Garbarimba (H) 18/05/2013 15:32 X

    Sammbasy !
    Tu as l'air irrité mais c'est un opinion libre! Quand à vouloir régler définitivement cette question de cette façon en posant dans le même paquet l'indemnisation des fonctionnaires et celle des victimes de spoliations foncières, sans une étude préalable spécialisée, l'administration quelque soit sa volonté risque de planter! En tous cas bonne chance Dendi!

  • lenationaliste (H) 18/05/2013 15:23 X

    C`est dommage pour la Mauritanie !!! Quelle naïveté, quand est ce que les autorités de ce pays comprendrons que les dossiers de 88- 89- 90- 91 etc. ne connaîtrons jamais un dénouement au fil du temps car, il s`agit d`un business hautement lucratif sur le plan national et international … un épuisement systématique de l`état orchestrer par une force étrangère ni plus ni moins.

  • sammbasy (H) 18/05/2013 14:36 X

    @Garbarimba.
    Mon oeil, des désintéressés, difficile d'en trouver ! Qui nous que votre ONG justement ne cherche pas à faire sa propre promotion !!! Cessez ce raisonnement, personne n'est dupe. Et surtout que ce n'est pas crédible "tous les autres ne peuvent pas... c'est moi seul qui peut, ou qui fait". Ce n'est même pas décent !

    Cette question de fonctionnaire est hautement politique et humanitaire, elle ne peut être laissée à des gens qui n'existent pas : des "apolitiques". S'ils existent, justement ça doit être des gens sans vision ! Justement, la solution à ce douloureux problème ne peut être réglée que par la politique : celle qui décidera de la vérité, du droit, et de justes réparations.

  • Garbarimba (H) 18/05/2013 13:44 X

    Je pense que FONADH aussi se trompe à un certain niveau. Car pour l’indemnisation de l’employé, on n’a pas besoin d’être spécialiste en Ressources humaines pour savoir que le calcul se fait par année, donc, en fonction de l’indice de salaire de chaque année de référence.

    Certains amateurs (au niveau des ministères de tutelles et associations de la société civile) doivent s’éloigner de cette question de droit qui doit être confiée à une commission Nationale indépendante spécialistes en la matière.

    Nous au niveau de l’ADS (Action Pour le Développement de Sebka), pensons qu’il faut commencer par dépolitiser la question des victimes et la confier à une commission apolitique de spécialistes en droit. Nous avons des universitaires apolitiques au niveau de l’enseignement universitaire qui peuvent bien nous servir dans ce domaine.

    Cette question a longtemps était bridée par des amateurs de la société civile et autres politiciens de tout bord animés plutôt par des soucis de promotions de leurs associations si ce n'est pas une instrumentalisation politique!