01-07-2013 14:25 - Egypte : le bilan des manifestations de dimanche passe à 16 morts [Vidéo] / 4 ministres démissionnent
C'est un ultimatum. Le mouvement Tamarrod, à l'origine de la contestation contre le président égyptien Mohamed Morsi, a appelé lundi le chef de l'Etat à quitter le pouvoir avant mardi 17h.
Sans cela, le groupe menace d'engager un mouvement de "désobéissance civile". "Nous donnons à Mohamed Morsi jusqu'à mardi 2 juillet à 17h pour quitter le pouvoir et permettre aux institutions étatiques de préparer une élection présidentielle anticipée", affirme un communiqué de Tamarrod publié sur son site internet.
Lundi, des manifestants égyptiens occupaient et pillaient le siège des Frères musulmans, attaqué dans la nuit après les heurts meurtriers entre partisans et opposants du président issu de la puissante confrérie, a constaté un journaliste de l'AFP.
Le bâtiment, dans le quartier du Moqattam situé dans l'est du Caire, a été envahi et mis à sac par des assaillants après avoir été en partie incendié durant la nuit de dimanche à lundi. Certains jetaient des objets par les fenêtres, tandis que d'autres emportaient des casques, des gilets pare-balles, des postes de télévision, des meubles et des documents.
Des témoins ont affirmé à l'AFP qu'aucun membre de la confrérie ne se trouvait à l'intérieur car ils avaient été conduits hors du bâtiment avant l'attaque. Aux abords de l'immeuble, des manifestants scandaient des slogans hostiles au président Morsi et aux Frères musulmans sur fond de musique patriotique.
Ce week-end, les manifestations organisées dans tout le pays pour réclamer le départ du président islamiste égyptien Mohamed Morsi, un an jour après son investiture, ont provoqué la mort d'au moins 16 personnes lors de heurts entre partisans et adversaires du chef de l'Etat.
Manifestations dans tout le pays
Les cortèges, d'un ampleur sans précédent depuis la révolte qui fit chuter Hosni Moubarak début 2011 ont défilé en scandant "dégage" et "le peuple veut la chute du régime". L'armée estime à "plusieurs millions" le nombre de manifestants anti-Morsi descendus dans la rue, a déclaré une source militaire.
Il s'agit "de la plus grande manifestation de l'histoire de l'Egypte", a ajouté cette source sous couvert de l'anonymat.
Au Caire, le QG de la confrérie islamiste, dont est issu M. Morsi, a été attaqué dans la soirée avec des cocktails Molotov et des tirs de chevrotine.
Sur la place Tahrir, site emblématique de la révolte contre Hosni Moubarak, la foule a afflué en brandissant des cartons rouges à l'adresse du président. Les manifestants se sont également massés sans incident aux abords du palais présidentiel, dans le quartier d'Héliopolis, et sur d'autres places de la capitale.
Des manifestations anti-Morsi ont aussi eu lieu à Alexandrie (nord), deuxième ville du pays, à Menouf et Mahallah, dans le delta du Nil, ainsi qu'à Port-Saïd et Suez, sur le canal du même nom, ou encore dans la ville natale de M. Morsi, Zagazig, au nord-est du Caire.
L'armée appelée à agir
La présidence a réagi en affirmant que "le dialogue était la seule façon de parvenir à une entente" et qu'elle était "ouverte pour lancer un véritable et sérieux dialogue national".
Mais la principale coalition de l'opposition égyptienne a appelé les manifestants à rester dans la rue jusqu'à la démission du régime "dictatorial" du président Morsi, accusé de gouverner au seul profit des islamistes et de laisser l'économie s'effondrer.
Un des principaux dirigeants de l'opposition, le nationaliste de gauche Hamdeen Sabbahi, a appelé l'armée à "agir" pour "faire respecter la volonté du peuple" si M. Morsi ne partait pas de lui-même. Les militaires se sont dit récemment prêts à intervenir si le climat dégénérait, après que des heurts eurent déjà fait huit morts, dont un Américain, dans les jours qui ont précédé les rassemblements de dimanche.
Redoutant de graves troubles, l'armée et la police se sont déployées à travers le pays pour renforcer la protection des installations vitales, notamment le canal de Suez.
Cette journée constituait le point d'orgue de la campagne Tamarrod (rébellion en arabe), le mouvement à l'origine des appels à manifester massivement pour réclamer le départ de M. Morsi le jour même de l'anniversaire de son investiture.
Tamarrod assure avoir recueilli plus de 22 millions de signatures pour une présidentielle anticipée, soit plus que le nombre d'électeurs de M. Morsi en juin 2012 (13,23 millions). Les adversaires de M. Morsi dénoncent une dérive autoritaire du pouvoir destinée à instaurer un régime dominé par les islamistes, ainsi que son incapacité à relancer l'économie.
Ses partisans en revanche soulignent qu'il puise sa légitimité dans la première élection présidentielle libre de l'histoire de l'Egypte. Ils accusent l'opposition laïque de faire le jeu des nostalgiques de l'ancien régime.
Edité par MyTF1News avec AFP
Egypte: quatre ministres démissionnent du gouvernement
Le Caire - Quatre ministres égyptiens ont présenté lundi leur démission, au lendemain de manifestations massives contre le président islamiste Mohamed Morsi, a indiqué à l'AFP un haut responsable gouvernemental.
Les ministres du Tourisme, de l'Environnement, des Communications, et des Affaires juridiques et parlementaires ont remis ensemble leurs lettres de démission au Premier ministre Hicham Qandil, selon la même source.
Le ministre du Tourisme, Hicham Zaazou, avait déjà voulu démissionner le mois dernier en raison de la nomination comme gouverneur de la région très touristique de Louxor d'Adel al-Khayyat, membre d'un parti islamiste lié à un groupe radical ayant revendiqué en 1997 une attaque qui avait coûté la vie à 58 touristes étrangers près de cette ville.
Le président Morsi avait nommé M. Khayat le 16 juin, en même temps que 16 autres nouveaux gouverneurs, dont sept de son mouvement des Frères musulmans.
M. Zaazou était revenu sur sa décision après le départ du gouverneur controversé.
Les démissions de lundi interviennent au lendemain de manifestations monstres appelant au départ du président Morsi, qui ont fait 16 morts selon le ministère de la Santé.
AFP via Romandie News (Suisse)
Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité
