03-07-2013 14:57 - Escalade de la violence en Egypte, Morsi défie l'armée
L'Egypte est-elle au bord de l'insurrection ? Le président égyptien Mohamed Morsi a exclu mardi soir un départ anticipé, se déclarant prêt à "donner sa vie" pour préserver sa "légitimité" et appelant l'armée à retirer l'ultimatum, qui expire mercredi, pour qu'il se plie "aux revendications du peuple".
Une position intransigeante qui ne calme pas les ardeurs sur le terrain de la contestation : Dans la nuit, 16 personnes ont péri dans une attaque contre un rassemblement d'islamistes pro-Morsi près de l'université du Caire, a annoncé le ministère de la Santé.
Sept autres personnes ont été tuées lors d'affrontements ailleurs dans la capitale. Des heurts ont également éclaté en périphérie du Caire et dans le nord du pays. Au total, 47 personnes, dont un Américain, ont trouvé la mort dans des violences en marge des manifestations qui secouent le pays depuis une semaine.
Déjà 47 morts dans les violences
S'adressant à la télévision sur un ton combatif, le président islamiste a martelé qu'il "continuerait à assumer la responsabilité du pays", présentant sa "légitimité" comme "la seule garantie contre l'effusion de sang" et répondant ainsi implicitement à ceux qui estiment que son départ permettrait de résoudre les tensions qui secouent le pays.Il a aussi mis en garde contre le "piège" d'une violence "sans fin", alors que les violences ont déjà fait 47 morts en une semaine de manifestations.
Peu avant sur son compte Twitter officiel, il avait appelé les forces armées à "retirer leur avertissement" et refusé tout "diktat", en référence à l'ultimatum militaire, assimilé par ses partisans à un coup de force pour le faire partir.
Pourtant Morsi est déjà très fragilisé : Depuis lundi, cinq ministres, dont celui des Affaires étrangères et le porte-parole du président ont présenté leur démission, isolant un peu plus M. Morsi que Washington et Paris ont appelé à "écouter" son peuple.
Ces déclarations ont été faites après avoir rencontré tout au long de la journée le ministre de la Défense et chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, qui fait figure d'homme fort face au président. En cas d'échec de son ultimatum, l'armée a indiqué qu'elle établirait elle-même une "feuille de route" pour résoudre la crise, mais a assuré qu'elle ne voulait pas préparer un "coup".
Selon le quotidien gouvernemental Al-Ahram, cette "feuille de route" prévoit notamment la nomination d'un conseil présidentiel et une suspension de la Constitution pour une période de transition -placée "sous la supervision de l'armée- pouvant durer jusqu'à un an.
Appel au martyre
Le mouvement Tamarrod (rébellion), à l'origine des manifestations anti-Morsi, a réagi en accusant le président de "menacer son peuple". L'opposition a salué l'ultimatum de l'armée, y voyant un appui de poids dans sa volonté de pousser vers la sortie M. Morsi, accusé de vouloir instaurer un régime autoritaire au profit du mouvement dont il est issu, les Frères musulmans. En vue d'une "transition politique", l'opposition a annoncé que Mohammed ElBaradei, ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), serait son unique "voix".
Mardi soir, les anti-Morsi occupaient en masse l'emblématique place Tahrir et les abords du palais présidentiel dans le quartier d'Héliopolis, scandant "dégage !" à l'encontre du président. Des renforts des forces de l'ordre ont été déployés dans la capitale, notamment autour de la place Tahrir.De nombreux commerces et bureaux sont restés fermés dans la mégalopole survolée par des hélicoptères de l'armée.
Alors que des dizaines de milliers de partisans du président étaient rassemblés dans le faubourg de Nasr City et devant l'université, un responsable des Frères musulmans a appelé à empêcher un coup d'Etat, au besoin par le "martyre", en rappelant le sang déjà versé pour obtenir la chute de l'ancien président Hosni Moubarak en 2011.
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Edité par MyTF1News avec AFP
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