29-07-2013 02:31 - Tunisie, Egypte : deux révolutions en danger de mort

Tunisie, Egypte : deux révolutions en danger de mort

La Tunisie, suivie de l’Egypte, avaient été les deux premières révolutions de ce qu’on a pu appeler le « Printemps arabe », qui s’est ensuite étendu aux autres pays. Les deux pays vivent aujourd’hui des heures tragiques, et les processus politiques engagés en 2011 menacent de s’effondrer.

Dans les deux cas, ce sont les islamistes – Frères musulmans en Egypte, Ennahdha en Tunisie – qui ont remporté les premières élections organisées après la chute de dictateurs au pouvoir durant plus de deux décennies.

Dans les deux cas, ces pouvoirs à dominante islamiste ont été des échecs, à la fois politique et économique, incapables de mener à bien des transitions qui se voulaient démocratiques.

Des dizaines de morts au Caire

Au Caire, le président issu des Frères musulmans, Mohamed Morsi, a été renversé le 3 juillet par l’armée et un mouvement populaire dans la rue, provoquant des confrontations quotidiennes qui ont déjà fait au moins 200 morts.

Ce samedi matin, l’armée et des civils armés ont ouvert le feu sur des manifestants pro-Morsi, faisant plusieurs dizaines de morts -92 selon la police, 200 selon les pro-Morsi- et des centaines de blessés. Un bain de sang qui fait suite à la démonstration de force de l’armée, vendredi, dans la capitale égyptienne.

La Tunisie, suivie de l’Egypte, avaient été les deux premières révolutions de ce qu’on a pu appeler le « Printemps arabe », qui s’est ensuite étendu aux autres pays. Les deux pays vivent aujourd’hui des heures tragiques, et les processus politiques engagés en 2011 menacent de s’effondrer.

Dans les deux cas, ce sont les islamistes – Frères musulmans en Egypte, Ennahdha en Tunisie – qui ont remporté les premières élections organisées après la chute de dictateurs au pouvoir durant plus de deux décennies.Dans les deux cas, ces pouvoirs à dominante islamiste ont été des échecs, à la fois politique et économique, incapables de mener à bien des transitions qui se voulaient démocratiques.

Jim Roberts, correspondant du New York Times, a tweeté un lien vers des photos des violences du Caire dont certaines sont difficiles à voir, et qui risquent de radicaliser un peu plus la situation.

A Tunis, l’assassinat, jeudi, du député de gauche Mohamed Brahmi, deuxième meurtre politique en six mois, a été suivi d’une vague de protestations, faisant un mort dans le sud de la Tunisie. Une quarantaine d’élus d’opposition ont par ailleurs annoncé leur intention de boycotter l’Assemblée nationale chargée de rédiger une nouvelle constitution.

Samedi matin, jour des funérailles du leader assassiné, une bombe a explosé devant un commissariat dans la banlieue de Tunis, sans faire de victimes. Funérailles sous haute tension à Tunis. C’est dans ce climat tendu que se déroulent ce samedi les funérailles de Mohamed Brahmi.

L’émotion est forte à Tunis, qui a l’impression de revivre les mêmes scènes que lors des funérailles de Chokri Belaid, un autre dirigeant d’une formation de gauche assassiné en février dernier, semble-t-il par les mêmes hommes avec les mêmes armes selon la police.

Le site indépendant tunisien Nawwat.org, qui assure la couverture de l’événement, indique que le chef de l’armée tunisienne, Mohamed Salah Hamdi, était également présent au cimetière lors de l’arrivée de la dépouille mortelle de Mohamed Brahmi.

Maître Nacer Laouini, un avocat qui a pris la parole aux funérailles, a déclaré : « Le chef de l’armée est là, nous demandons à l’armée de rester comme elle a toujours été : à côté du peuple. » Des incidents ont éclaté après les funérailles, autour du siège de l’Assemblée nationale.

Pierre Haski



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Source : Rue89 (France)
Commentaires : 4
Lus : 1343

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (4)

  • situationoblige (H) 29/07/2013 13:20 X

    ces deux revolution tunisienne et egyptienne ne sont pas en danger, mais dans un cas serieux plus que le cancer presentement je ne vois pas de porte de sortie pour ses deux revolutions sauf une guerre civile, je suis desolé

  • Cheikh-TijaneBathily (H) 29/07/2013 12:58 X

    Ces égyptiens sont fous, ma parole! Faites comme nous! Nous nous sommes sagement rangés derrière les bidasses après leur coup et, depuis lors, nous applaudissons à tout rompre, en grinçant des dents ! Et nous n'avons eu aucune goutte de sang à déplorer! Voilà ce que c'est qu'un peuple sage! Nous sommes plus prompts à tuer pour une question de couleur que pour la démocratie! Vous êtes suicidaires ou quoi?

  • elfihiri (H) 29/07/2013 11:50 X

    ce n'est pas faire preuve de pessimisme d'affirmer que l'évolution des révolutions qui ont lieu récemment, dans notre monde arabe, ça et là, puissent entrainer, de par leur impréparation, des changements destructeurs, imprévisibles, à caractère inattendu certain, pour leur unité nationale.

  • Ibiliss (H) 29/07/2013 02:56 X

    A y réfléchir de près, ces deux révolutions étaient en danger depuis leur naissance! Naître en bonne santé ne suffit pas! Encore faut-il avoir des géniteurs à la hauteur de la tâche! Qu'on l'admette ou pas, il existe bel et bien des parents incompétents!