04-08-2013 11:27 - Ils dénoncent le renversement de Morsi : Les Frères musulmans dans leurs petits souliers
Les formations islamistes arrivées au pouvoir après les révoltes de 2011 sont désormais très affaiblies. Le coup d'Etat en Egypte aura des répercussions graves sur le Monde arabe. La fermeture du jeu et perspective politiques ouvrira les portes à la violence, voire le terrorisme dans ces contrées, relève-t-on.
C'est ce qui ressort, en tout cas, de la conférence ayant regroupé au siège du MSP, les représentants de quelques partis politiques essentiellement islamistes et des enseignants universitaires de la même obédience.
Les partis islamistes arrivés au pouvoir après les révoltes de 2011 sont désormais très affaiblis. Le coup d'Etat en Egypte a remis en cause tout ce qui a été dit et chanté sur la démocratie. Désormais, la violence et la force resteront les seules alternatives pour défendre ces convictions et choix politiques».
Ce qui s'est passé en Egypte concerne tous les pays arabes, a affirmé Mokri, jeudi dernier, lors de l'ouverture de ladite conférence. Pour le président du MSP, «ce renversement explique que toutes les perspectives politiques dans les pays arabes seront fermées, d'où le danger qui guette l'unité et la sécurité des pays de la région». Le renversement du président égyptien «est un échec pour la démocratie et la légitimité constitutionnelle».
Dans ce contexte, le président du Mouvement de la société pour la paix estime que (MSP), a souligné que «cette situation est à même de nourrir l'extrémisme et de favoriser la violence qui avait jusque-là enregistré un recul depuis le début du processus démocratique dans les pays arabes», a-t-il ajouté.
Le renversement de Mohamed Morsi «est un coup dur pour la démocratie dans les pays arabes et constitue une menace sur la stabilité des pays de la région», ont souligné également d'autres responsables de partis politiques participant à cette conférence traitant de la crise en Egypte.
D'autre part, Djahid Younsi, le nouveau président du mouvement El-Islah a qualifié ce renversement d'une tache noire et honteuse sur le fronton de la Ouma arabe. «Les auteurs de ce coup d'Etat ont commis une haute trahison envers l'histoire et leur peuple», ajoute-t-il.
A travers sa position «farfelue» à propos de ce renversement, «la diplomatie algérienne a violé la Charte de l'union africaine qui rejette et condamne tous les coups d'Etat», dira-t-il. Il a aussi estimé que les événements survenus en Egypte «sont un échec pour la légitimité constitutionnelle».
L'enseignant universitaire, Djamel Labidi, a jugé, de son côté, que la crise en Egypte «a fait ressortir des opposants de deux camps différents, résultat d'une pensée idéologique héritée du colonialisme». Pour sa part, le président de Fajr Jadid, M.Tahar Ben Baïbèche a imputé l'échec des Frères musulmans en Egypte à «l'immaturité politique et le refus d'impliquer l'opposition au processus politique».
De son côté, le président du Rassemblement national républicain (RNR), M.Abdelkader Merbah a affirmé que les évènements survenus en Egypte «ont porté atteinte à la démocratie» évoquant l'existence de «forces occultes étrangères et internes à l'origine de ce coup d'Etat».
La chute d'Ennahda en Tunisie et des Frères musulmans en Egypte, laissera place à Al Qaîda et les salafistes, a-t-il aussi indiqué. Abondant dans ce sens, M.Salah Aouadh, enseignant universitaire a qualifié ces évènements de «tentative de réhabiliter l'ancien système avec l'aide de certaines forces régionales et internationales».
Au terme des travaux, les conférenciers ont convenu de former «une commission de suivi des derniers développements survenus en Egypte» présidée par M.Djamel Labidi et regroupant des représentants du MSP, du RNR, du mouvement El-Islah, du parti Front des jeunes, du parti de la Justice et du manifeste, du mouvement pour le changement et celui d'Ennahda.
Par Mohamed Boufatah
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