02-03-2014 20:49 - Restructuration des carrefours de Nouakchott : Le pouvoir efface-t-il les symboles d’Ould Taya ?
Le Calame -
La restructuration des principaux carrefours de la capitale se poursuit activement. La derrière cible est le carrefour de Madrid, le plus grand du pays et le mieux placé pour tous ceux qui entrent à Nouakchott, en provenance de l’est et du Sud de notre pays.
Sa clôture vient d’être enlevée, des ouvrages d’eau et d’électricités déterrés. Le carrefour Ould Mah et celui de Nouadhibou ont connu le même sort bien avant. Tous avaient une architecture similaire : des livres juxtaposés, les uns sur les autres.
Même si certains peuvent justifier cette entreprise par le souci du gouvernement de moderniser les carrefours de la capitale, la restructuration engagée depuis l’arrivée au pouvoir du régime actuel ressemble fort, pour d’autres, à une croisade contre les symboles du régime d’Ould Taya.
En effet, les carrefours en questions symbolisent les livres, et tout le monde sait ce que ces outils ont représenté sous le magistère de Maouya Ould Sid’Ahmed Ould Taya : savoir pour tous, bibliothèques, alphabétisations, maisons du livre etc. Pour certains observateurs, le pouvoir actuel travaille à effacer un pan de l’histoire du pays.
On peut ne pas être d’accord, voir s’indigner de l’utilisation faite du livre, à l’époque, des errements qui s’en sont suivis, des pillages des ouvrages, mais force est de constater quand même qu’Ould Taya a laissé, en héritage, une importante infrastructure que le régime actuel utilise aujourd’hui. Les maisons du livre abritent les centres d’enrôlement dans tout le pays.
Autre curiosité, le recyclage à outrance, par le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz des symboles de la gabegie du régime de celui qui a été son mentor, alors qu’en s’emparant du pouvoir, il avait déclaré la guerre à la corruption et au détournement des deniers publics.
Si certains ont été embastillés, d’autres ont vite retourné leurs vestes ou boubous pour échapper. Et aujourd’hui, nombre de ceux ont été au cœur du système du 12/12 émargent dans les plus importantes institutions du pays. C’est l’un des paradoxes du régime du 6 août 2008.
Selon une source, le président de la CUN sortant Ahmed Ould hamza s’était engagé à restaurer ces ouvrages au lieu de les démolir, mais, il se serait heurté au niet du pouvoir.
