10-06-2014 18:14 - Fatwa contre Aminetou Mint Moctar : où sont les oulémas ?

Fatwa contre Aminetou Mint Moctar : où sont les oulémas ?

Le Calame - Ailleurs, ça s’appelle un appel au meurtre et c’est passible de poursuites judiciaires. Ainsi, en France, « la menace, par quelque moyen que ce soit, de commettre un crime ou un délit contre les personnes, est punie de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende, lorsqu'elle est faite avec l'ordre de remplir une condition.

La peine est portée à cinq ans d'emprisonnement et à 75 000 euros d'amende, s'il s'agit d'une menace de mort.
» Trente millions d’ouguiyas, ça donne, clairement, à tourner sa langue sept fois dans sa bouche, avant de lancer un quelconque anathème…

Chez nous, c’est plus... voilé. Ça dépend avec qui vous êtes amis. Le nec plus ultra, c’est de prétendre l’être avec le prophète (PBL). Qui peut être plus savant que l’ami du Prophète (PBL), hein, je vous le demande, à part le prophète lui-même (PBL) ?

Donc – et ce donc est importantissime, il est la marque du raisonné – tout ami du prophète est un savant. Et ça l’autorise, donc, à émettre une fatwa. Ah, ce n’est pas rien une fatwa !

A la différence d’un avis ordinaire, bâti sur une réflexion sensée, à partir de faits et de textes discutés par une communauté de pauvres humains, la fatwa relie le vôtre, de fil en aiguille et cousu de fil blanc, au Sacro-saint du Sacré : la Parole de Dieu, Elle-même ; le Saint-Coran, au mieux ; sinon, celle du Prophète (PBL). Y a pas photo : vous dites fatwa, et votre appel au meurtre acquiert, les doigts dans le nez, droit de cité.

Yadhih Ould Dahi, grand intime du Prophète (PBL), s’il en est de nos jours, nous apprend, ainsi, que Mohammed (PBL) crevait les yeux des femmes. Une petite gâterie, comme ça, aup’tit déjeuner, sans doute, comme deux cerises sur un gâteau.Yaddhih cherche, donc, des yeux féminins coupables, autour de lui. Et il en trouve notre fatwateux de service !

Ceux d’Aminetou Mint El Moctar lui semblent particulièrement apostasiés. Hé oui, mes sœurs musulmanes, on n’est pas apostats, de nos jours, on est apostasiés. Voix passive. Nos Ahbab Errassoul auto-proclamés, s’en chargent. Foin, donc, d’« abandon, public et volontaire, d’une religion » !

Et le pauvre Ould Mkheïtir peut bien clamer qu’il n’en est rien, en ce qui le concerne, il n’en croupit pas moins au fond de sa cellule, de son épouse « divorcée» – voix passive, encore – par les bons de ces si bons amis du Prophète (PBL)… Il n’en est manifestement pas, lui. Donc, il n’est pas apte à émettre un jugement, il faut, donc, l’émettre à sa place. Et couic ! CQFD.

Aminetou croit savoir, elle, que le Prophète (PBL) ne crevait les yeux de personne et avait, même, tendance à défendre tout accusé. Naturellement, un peu comme on respire. Et d’autant plus que celui-ci était réputé ne pas jouir de tout son jugement.

Se trouvera-t-il, enfin, quelque doctes savants – vraiment savants, ceux-là – pour dire qu’en effet, oui et même au plus fort du conflit contre les polythéistes, Mohamed (PBL) ne cessa de promouvoir miséricorde, mesure et droit du faible ?

C’est ceux-là qui devraient animer, en Mauritanie, le débat des droits de l’Homme ; démonter, calmement, les erreurs, de part et d’autre, qui caricaturent le Prophète (PBL), dans un sens ou un autre ; proposer des chemins sûrs, pour vivre, au mieux, la révolution sociétale qui bouleverse notre pays, depuis soixante ans…

Cela fait trop longtemps qu’ils se taisent, laissant la Mauritanie sombrer, peu à peu, dans un chaos d’idées et de comportements excessifs. Leur silence pèse lourd, dans la balance de l’actuel débat… et pèsera, probablement, encore plus lourd, dans leur propre balance… Mais Dieu, certes, est Le Savant…

Tawfiq Mansour



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Commentaires (4)

  • Ahmed Ould Mohamed Mahmoud (H) 11/06/2014 17:59 X

    Quels Oulams? des f....... et opportunistes, rien de plus rien de moins!

  • hamzaa (H) 11/06/2014 09:42 X

    Je pense que les oulémas sont pris à contre-pieds dans cette affaire, et ne peuvent pas s’exprimer franchement publiquement, parce que ces salafistes et autres frères musulmans sont très impliqués dans le fait religieux en Mauritanie et ailleurs …. il s’installe donc une hypocrisie, qui fait que le salafiste ou le frère musulman est soutenu quand il prêche le vrai, mais personne n’ose le condamner quand il prêche le faux. C’est d’ailleurs là sa force, et la faiblesse de nos oulémas. Le conseil national des fatwas ne peut pas par exemple condamner un alem comme Dedew, si Dedew venait à prêcher le jihad. Et tant que cette marge de manœuvre n’est pas occupée par le conseil des fatwas, il faut craindre le pire, parce qu’un jour viendra où on condamnera à tout va, tout celui ou celle qui ne fait pas l’affaire de ces voyous du culte.

    Seul Boudah Ould El Bousseiri (yarehmou) osait dire la vérité de Dieu, aussi bien aux citoyens qu’aux dirigeants, mais celui-là (Rahmetou Allah aleihi) c’était l’exception.

    A mon avis, il n’y a pas grand-chose à attendre de nos oulémas, ou du moins, pas publiquement, ni officiellement, ni même franchement. Et puis qui dit qu’ils sont à l’abri de ces terroristes ?

  • Ibiliss (H) 11/06/2014 00:43 X

    « Où sont les Oulémas » ?
    Si toutefois nous en avons, ils doivent être dans quelque salon climatisé à se prélasser en attendant l’heure de la prière ! Ils adorent prier… pour leur âme

    S’il est une chose qu’on ne peut se permettre de mettre en doute chez nos oulémas et muftis, c’est qu’ils ont une ligne bien définie, un rayon d’action bien délimité : étant des hommes de foi, ils ne se préoccupent que de ce qui se passera dans l’au-delà. Tout comme le nombril domine une certaine partie du corps, ils sont largement au-dessus des affaires, terre à terre, d’ici-bas ! Voilà qui explique leur absence, donc leur silence !

    Le bon sens décrète: "Peu importe ta grandeur et peu importe sa petitesse, reconnais en toute femme le ventre qui t'a porté"! Encore faut-il jouir du bon sens!

  • pistiz (H) 10/06/2014 19:44 X

    Article incompréhensible.
    Il n'y a pas de fil conducteur de l'idée de l'article. En tant que rédacteur il faut dire l'essentiel.