10-06-2016 13:15 - Les femmes mauritaniennes entre topographe et conductrice d’engins

Les femmes mauritaniennes entre topographe et conductrice d’engins

Rimweb - Dans le cadre de la promotion du secteur des transports publics, la Mauritanie a inscrit le transport dans le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP), une politique stratégique appuyé par le FED10.

Le secteur des transports public définit beaucoup d’insuffisances, un grand défi se pose dans l’amélioration et la bonne gestion des infrastructures et l’actualisation de la grande chaine des infrastructures. Conscient des manques qui existent dans le secteur des travaux public.

Le Bureau International du Travail dans sa politique de promotion du secteur des travaux public a mis en place un programme de renforcement de capacité des acteurs des travaux publics mais également un model de création d’emploi pour lutter contre le chômage et participer au développement économique du pays.

Le BIT a lancé Le projet « Chantier Ecole d’Entretien Routier» qui cible plus de 400 jeunes et offre un cycle de formation continue et d’autre part, qui sensibilise les publics jeunes sur les demandes du marché de l’emploi et les formations qui auront lieu dans le cadre du projet.

Au programme de ce projet chantier école, deux formations sont offertes en « conduite d’engin et topographie. Un cycle de formation qui dure 6 mois et une possibilité de stage pour améliorer les acquis des bénéficiaires. Ces formations et suivie palliant théorie et pratique regroupent des jeunes de moins de 29ans issus de milieux vulnérables précisément dans le Brakna et le Gorgol.

Sélectionnés sous critère d’avoir un cursus post bac ou secondaire ,plus de 50 jeunes bénéficient de formation professionnelle spécialisée dans la conduite d’engins et la topographie .ces formations ont pour objectif non seulement de promouvoir le professionnalisme des métiers du secteur public mais aussi favoriser l’insertion des jeunes , lutter contre le chômage et la déperdition scolaire et contribuer à la croissance économique de la Mauritanie.

A Nouakchott comme à Aleg les jeunes ont eu l’opportunité d’obtenir des formations professionnelles et d’aspirer aux issues qu’offre le secteur des travaux public. Même si certains restent optimistes du nombre incalculable d’ouvertures à l’emploi et à l’insertion d’autres redoutent de se retrouver sans travail après la formation.

Mais telle n’est pas l’objectif visé par le bureau international du travail qui met à leur disposition des formateurs spécialisés et qualifiés , des professionnels du secteur, qui organisent des partages d’expériences et une mutualisation des bonnes pratiques, en créant des plateformes de rencontre entre décideurs et bénéficiaires.

Le BIT dans sa politique de vulgarisation des métiers du secteur public et la promotion des jeunes vulnérables met l’accent sur la participation des femmes dans les formations.

Cette partie de la population mauritanienne a longtemps était considéré comme fragiles mais aussi dépendante. Aujourd’hui avec le programme Ecole Chantier d’Entretien Routien plusieurs jeunes filles bénéficient de la formation professionnelle en conduite d’engin et topographie.

Pour le directeur du BIT Federico Barroetta « impliquer les femmes dans les opportunités de formation et de travail fait parti des politiques de travail du Bureau mais aussi une aspiration même du gouvernement mauritanien dans le CSLP.

Une telle implication est source d’autonomie financière mais aussi une valorisation du « choix propre » pour les femmes ». Aminetou Wane 24 ans est la seule conductrice d’engin qui bénéficie de la formation, native de Aleg, elle a du quitter sa famille pour venir à Nouakchott.

Dans son témoignage elle raconte « je trouve du plaisir à faire cette formation qui normalement est plus apte pour un homme et je me retrouve la seule femme à conduire un engin. Au début je pensais ne jamais pouvoir y arriver mais au fil du temps j’ai appris à aimer cette formation et j’’ai hâte de finir pour commencer le travail sur le terrain ».

Au beau milieu de la ville d’ Aleg, sa mère à cœur ouvert témoigne « Aminata Wane est une brave fille quand elle m’a annoncé qu’elle a été sélectionné j’ai eu peur au début parce que conduire un engin de taille c’est un métier d’homme et surtout un métier très technique qui demande des conditions, et elle ma convaincu qu’elle saura le faire, je suis heureuse qu’elle y trouve son bonheur et j’espère qu’un jour elle aura le travail qu’elle mérite pour subvenir à ses besoin et celui de sa famille ».

Être mauritanienne et faire parti d’une communauté Halpular et de surcroit travailler comme un homme certains préjugés diront « elle a osé » mais Aminata comme tant d’autres femmes qui ont participé à ces formations sont armées de courage et de détermination.

Pour elles c’est une grande aventure, une grande histoire de rêves qui se réalisent. Elle comme, Eydima Mint Mohamed Abd 29 ans mariée et mère de famille suit une formation en topographie ,cette enseignante en langue arabe à Nouakchott préfère revenir à Aleg et suivre cette formation. Eydima vit avec sa mère, pour elle tant que son mari et sa maman approuvent le métier dont elle aspire à présent, elle n’a pas de souci.

Son idéal c’est de finir cette formation et de commencer le travail. Un travail qui demande des conditions et de longues heures sous le soleil, Eydima est prête à affronter les chemins caillouteux Pour réussir.

Sa maman Ghalva est trop fière d’elle. Des formations professionnelles en travaux publics mais aussi des métiers à risque peut être pour les femmes, ce n’est pas l’avis de Aichetou qui avait des rêves de devenir sage femme et qui se retrouve aujourd’hui à mesurer des distance et tracer des routes.

Avec son niveau post bac Aichetou est une grande rêveuse, déjà en formation elle voudrait devenir la plus grande topographe de la ville de Aleg , « même si je vais passer mes journées sous le soleil, j’adore ce métier , je me donne déjà à fond dans ma formation et je suis appuyé par mon mari et ma mère et mes frères et sœurs.

Le soutien de la famille est très important dans la communauté maure surtout qu’a l’époque nous femmes avions comme passion, un bon mari, une belle maison, des parures et se gaver pour être belle… »


Aujourd’hui telle n’est plus le cas et Aichetou est très courageuse vue qu’elle suit cette formation en étant enceinte de son premier enfant. Le BIT offre à ces jeunes de grandes opportunités de se construire des vies pleines d’espoirs et de réalisations. Toujours dans le cadre de la promotion de l’emploi, le BIT lance son projet la construction de la route ALEG- Goral.

Et pour mettre en exergue l’école chantier d’entretien routier dans ce programme plus de 60 jeunes issus des villages de Goral et de Taiba ,vont pouvoir travailler sur la construction de cette routes.

Il s’agit de mâcons polyvalents et des terrassiers, mais aussi des formateurs spécialisés en travaux publics qui vont partager leurs expertises avec ces jeunes en palliant la formation à l’emploi tout en gardant « l’esprit chantier école ». Selon le Hakem de Aleg c’est une grande convenance pour Aleg et sa jeunesse de bénéficier non seulement de formation mais aussi d’emploi durant le projet.

Houleye Kane



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Commentaires (1)

  • faanduniamoko (H) 10/06/2016 15:08 X

    Tant qu'elle seront moulées dans ces voiles et ces boubous, elles n'exerceront jamais les travaux honorables comme ceux que vs citez! Trop ringardes les femme mauritaniennes!Trop complexées!